Pourquoi la hausse des coûts oblige les Canadiens à repenser leurs voyages de vacances
Si vous avez dû annuler vos vacances ou revoir à la baisse vos projets de voyage pour les fêtes parce que votre budget est tout simplement trop serré, vous n’êtes pas le seul. Selon un sondage de la CIBC sur l’accessibilité financière et les voyages pendant les fêtes, un nombre croissant de Canadiens reportent leurs voyages — non pas parce qu’ils ne souhaitent pas voyager, mais parce que les dépenses quotidiennes ont englouti chaque dollar disponible.
En réalité, la hausse des coûts ne se limite pas aux dépenses liées aux voyages. Il s’agit d’un problème budgétaire, d’un problème d’endettement et, pour de nombreuses familles, d’une source de stress importante. Lorsque les dépenses alimentaires, le loyer, le prix de l’essence et les taux d’intérêt augmentent tous en même temps, il faut faire des sacrifices — et pour la plupart des Canadiens, ce sont les vacances qui passent à la trappe en premier. Mais que se passe-t-il lorsque même renoncer aux voyages ne suffit plus pour joindre les deux bouts ? Cet article examine comment l’inflation met à rude épreuve les ménages canadiens, les signes avant-coureurs indiquant que la pression financière se transforme en véritable problème d’endettement, ainsi que les mesures concrètes que vous pouvez prendre avant que la situation ne dégénère.
Comment l’inflation pèse sur le budget des ménages canadiens
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les données de l’indice des prix à la consommation de Statistique Canada montrent que, même si l’inflation globale s’est quelque peu modérée par rapport à ses pics de 2022-2023, l’effet cumulatif de plusieurs années de hausses de prix fait que le coût de la vie est nettement plus élevé qu’il y a seulement quelques années. Les dépenses alimentaires, les frais de logement et les frais de transport ont tous fortement augmenté, et ces hausses ne s’inversent pas : elles s’accumulent.
Pour de nombreuses familles, cela signifie que le budget qui leur permettait autrefois de payer leurs factures tout en conservant un petit surplus pour l’épargne et les loisirs suffit désormais à peine à couvrir les dépenses essentielles. Une étude Ipsos de 2026 a révélé que, bien que les intentions de voyage commencent à remonter, de nombreux Canadiens se sentent toujours sous pression financière et se montrent bien plus prudents en matière de dépenses discrétionnaires que les années précédentes.
Le véritable danger ne réside pas dans l’annulation d’un voyage, mais dans ce qui se passe lorsque les gens tentent de maintenir leur niveau de vie à crédit. Lorsque la hausse des coûts vous oblige à recourir à vos cartes de crédit pour faire vos courses ou à financer vos vacances grâce à une ligne de crédit, c’est là que le stress à court terme se transforme en endettement à long terme. Selon Canadian Mortgage Professional, le stress lié aux prêts hypothécaires est déjà en train de bouleverser les budgets des ménages, laissant moins de marge de manœuvre pour tout le reste — y compris une marge de manœuvre pour faire face aux dépenses imprévues.
Avantages et inconvénients de la réduction des déplacements pour faire des économies
Qui devrait réduire ses dépenses — et qui a besoin d’une aide supplémentaire ?
- Vous parvenez à régler vos factures essentielles chaque mois, mais il ne vous reste que peu d’argent à mettre de côté
- Avez des dettes de carte de crédit, mais effectuez des remboursements supérieurs au minimum requis
- souhaitez constituer un fonds d’urgence avant de dépenser pour des extras
- Cherchez à rembourser vos dettes plus rapidement en utilisant la méthode de l’avalanche ou celle de la boule de neige
- Vous utilisez des cartes de crédit pour payer vos courses, votre essence ou d’autres dépenses de base chaque mois
- ne pouvez vous permettre que les remboursements minimums de vos dettes
- Recevez des appels d’agences de recouvrement ou avez des comptes en souffrance
- Avez déjà réduit vos dépenses non essentielles et que vous accumulez toujours des retards de paiement
- Vous vous sentez dépassé(e) et ne savez pas par quelle dette commencer
Ce que vous coûtent réellement vos dettes liées aux vacances
Pour comprendre pourquoi il est risqué de financer ses voyages à crédit, prenons l’exemple d’une famille canadienne qui a réglé des vacances modestes avec sa carte de crédit :
Ce voyage de 4 000 dollars finit par coûter plus de 5 380 dollars — et cela en supposant que vous n’ajoutiez aucun autre montant à votre carte au cours de ces trois années. Si les dettes liées au voyage viennent s’ajouter aux soldes existants, les chiffres s’aggravent considérablement. C’est pourquoi le regroupement de dettes peut valoir la peine d’être envisagé si vous devez jongler avec plusieurs soldes à taux d’intérêt élevé.
Mesures à prendre pour protéger vos finances face à la hausse constante des coûts
- Faites un bilan budgétaire honnête. Dressez la liste de chaque dollar qui entre et qui sort. Servez-vous de vos relevés bancaires des trois derniers mois — et non de votre mémoire. Beaucoup de gens sont surpris de découvrir des centaines de dollars correspondant à des abonnements oubliés, des frais de livraison et de petits prélèvements qui s’accumulent rapidement.
- Faites la distinction sans concession entre les besoins et les envies. Le logement, les charges, les courses, les frais de transport pour se rendre au travail et le remboursement minimum de vos dettes constituent des besoins. Tout le reste — y compris les voyages — relève des envies. Si vos besoins dépassent vos revenus, c’est un signal d’alarme indiquant que de simples ajustements budgétaires ne suffiront pas à résoudre le problème.
- Cessez d’alourdir votre endettement à taux d’intérêt élevé. Si vous êtes tenté de régler un voyage ou tout autre achat important avec une carte de crédit que vous ne pourrez pas rembourser intégralement le mois prochain, abstenez-vous de le faire. Les intérêts ne feront qu’aggraver votre situation financière, et non l’améliorer.
- Constituez-vous ne serait-ce qu’une petite réserve d’urgence. Même une somme de 500 à 1 000 dollars mise de côté peut éviter qu’une réparation automobile ou des frais médicaux ne se transforment en crise liée à votre carte de crédit. Commencez modestement : même 25 dollars par semaine représentent 1 300 dollars en un an.
- Consultez un professionnel si votre endettement ne cesse d’augmenter. Si vous avez réduit toutes vos dépenses autant que possible et que votre endettement continue de grimper, il est temps d’étudier les solutions qui s’offrent à vous. Un conseiller en crédit peut analyser gratuitement votre situation dans son ensemble et vous expliquer si un programme de gestion de la dette, un accompagnement financier ou une solution plus formelle, telle qu’une proposition de consommateur, est adaptée à votre situation.
- Renseignez-vous sur les solutions d’allègement de la dette avant que la situation ne devienne urgente. Les Canadiens qui se renseignent tôt sur les options de gestion de la dette — avant d’avoir accumulé plusieurs impayés — ont généralement plus de choix et obtiennent de meilleurs résultats. Attendre d’être en recouvrement limite vos possibilités d’action.
Vous vous inquiétez au sujet de vos dettes ? Découvrez les solutions qui s’offrent à vous.
Comment la hausse des coûts au Canada influe-t-elle sur le niveau d’endettement des ménages ?
La hausse des coûts des produits alimentaires, du logement et des transports a contraint de nombreuses familles canadiennes à recourir davantage aux cartes de crédit et aux lignes de crédit simplement pour couvrir leurs dépenses quotidiennes. Les données de Statistique Canada montrent que l’inflation cumulée a rendu les produits de première nécessité nettement plus chers qu’il y a quelques années, et lorsque les revenus ne suivent pas le rythme, cet écart est comblé par l’endettement. C’est pourquoi le niveau d’endettement des ménages au Canada reste l’un des plus élevés des pays développés.
Dois-je m’endetter pour partir en vacances ?
En général, non. Régler vos vacances avec une carte de crédit à un taux d’intérêt de 20 % peut alourdir le coût total du voyage de 30 à 40 % d’ici à ce que vous ayez remboursé votre dette. Si vous ne pouvez pas régler votre voyage en espèces ou rembourser la totalité du solde le mois suivant, il est généralement plus judicieux de reporter votre départ. Le plaisir temporaire que vous en tirerez compense rarement les mois, voire les années, de paiements d’intérêts supplémentaires et de stress financier.
Quels sont les signes avant-coureurs indiquant que mon endettement devient ingérable ?
Parmi les principaux signes avant-coureurs, on peut citer le fait de ne pouvoir effectuer que les paiements minimums sur vos cartes de crédit, d’utiliser un produit de crédit pour en rembourser un autre, d’emprunter pour subvenir à vos besoins essentiels comme les courses ou l’essence, de recevoir des appels de recouvrement, de ressentir de l’anxiété ou de souffrir d’insomnie à cause de vos problèmes d’argent, et de voir le montant total de votre dette augmenter chaque mois malgré vos remboursements. Si l’une de ces situations s’applique à vous, il est préférable de consulter un conseiller en crédit le plus tôt possible.
Quelles sont les ressources gratuites mises à la disposition des Canadiens confrontés à des problèmes d’endettement ?
Plusieurs options gratuites existent. Des organismes de conseil en crédit à but non lucratif, présents partout au Canada, proposent des consultations gratuites au cours desquelles un conseiller examine vos revenus, vos dépenses et vos dettes afin de vous recommander une voie à suivre. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) met à disposition des ressources et des outils éducatifs gratuits sur son site web. Votre province peut également proposer des programmes spécifiques — par exemple, certaines provinces financent des ateliers de sensibilisation financière. Un syndic autorisé en insolvabilité peut également vous proposer une première évaluation gratuite si vous envisagez de déposer une proposition de consommateur ou de déclarer faillite.
Vaut-il mieux réduire toutes vos dépenses non essentielles ou envisager un regroupement de dettes ?
Cela dépend de votre situation. Si votre endettement reste gérable et que vous avez simplement besoin de dégager un peu de trésorerie, réduire vos dépenses non essentielles (y compris les voyages) peut suffire à vous permettre de vous en sortir. Mais si vous avez plusieurs dettes à taux d’intérêt élevé et que vous rencontrez des difficultés même après avoir réduit vos dépenses superflues, le regroupement de dettes peut réduire votre taux d’intérêt global et simplifier vos remboursements en un seul versement mensuel. Un conseiller en crédit peut vous aider à déterminer quelle approche — ou quelle combinaison — est la plus adaptée à votre situation financière particulière.

