Les conséquences d’une faillite sur votre conjoint au Canada (Guide)

Si vous envisagez de déclarer faillite au Canada, l’une de vos premières préoccupations est sans doute de savoir quelles seront les conséquences pour la personne assise à vos côtés sur le canapé. Votre conjoint va-t-il perdre sa solvabilité ? Ses économies ? La maison ? C’est une question légitime, et la réponse honnête est la suivante : la faillite est une procédure juridique personnelle, et non familiale — mais elle peut bel et bien avoir des répercussions sur l’ensemble du foyer, en particulier lorsque les dettes, les comptes ou les biens sont communs.

Ce guide vous explique en détail comment une faillite personnelle au Canada affecte votre conjoint ou votre concubin, ce qui est protégé par la loi et ce qui ne l’est pas, ainsi que la manière dont quelques mesures concrètes peuvent faire toute la différence. Toutes les informations présentées ici sont conformes à la loi fédérale intitulée « Loi sur la faillite et l’insolvabilité » et aux directives actuelles du Bureau du surintendant des faillites.

Réponse rapide: Au Canada, le fait de déclarer faillite personnelle n’entraîne pas la faillite de votre conjoint et n’a pas d’incidence directe sur sa cote de crédit. Toutefois, si vous partagez une dette commune, un prêt cosigné ou un bien détenu en copropriété, votre conjoint reste responsable de ces éléments — et ses revenus sont pris en compte lorsque votre syndic calcule le montant que vous devez payer. Planifier à l’avance avec un syndic autorisé en insolvabilité est le moyen le plus sûr de le protéger.

Ce que la faillite implique réellement (et ce qu’elle n’implique pas) pour un conjoint

Au Canada, la faillite est une procédure fédérale gérée exclusivement par un syndic agréé en insolvabilité (SAI). Lorsque vous déposez votre dossier, vos dettes non garanties — cartes de crédit, lignes de crédit, prêts sur salaire, la plupart des dettes fiscales, créances en recouvrement — sont confiées au syndic, qui œuvre en vue de votre libération définitive. Votre conjoint n’est pas concerné par cette procédure, à moins qu’il ne choisisse de déposer une demande en même temps que vous dans le cadre d’une faillite distincte (à gestion conjointe).

Cette distinction est importante. Selon le guide officiel sur la faillite publié par le Bureau du surintendant des faillites, vos dettes vous appartiennent en propre — mais lorsqu’une dette est conjointe ou cosignée, le créancier peut tout de même se faire rembourser par l’autre partie. Ainsi, votre faillite ne se répercute pas comme par magie sur le dossier de crédit de votre conjoint, et elle ne bloque pas son compte bancaire. En revanche, elle peut le laisser seul responsable de toute dette que vous avez contractée ensemble.

Le droit provincial de la famille joue également un rôle. La loi fédérale sur la faillite régit le traitement des dettes, mais le régime matrimonial — le logement, le véhicule familial, l’épargne commune — relève de la compétence de votre province. C’est pourquoi un couple vivant en Ontario peut vivre une situation différente de celle d’un couple vivant en Alberta ou au Québec.

Les avantages pour votre foyer

Cela mettra fin aux appels de recouvrement pour vous deux. Dès que votre syndic a déposé la demande, le sursis automatique met fin aux saisies sur salaire et aux appels des créanciers concernant vos dettes — ce qui signifie généralement que le téléphone cesse également de sonner chez vous.
Cela permet de dégager des liquidités pour le ménage. La suppression des paiements minimums sur les cartes de crédit et les prêts à taux d’intérêt élevé permet souvent aux familles de retrouver une certaine marge de manœuvre dès le premier mois.
Le crédit individuel du conjoint reste inchangé. Si votre conjoint dispose de ses propres cartes de crédit et comptes à son nom uniquement, ceux-ci ne sont pas concernés par votre déclaration.
Effacer le point de terminaison. Une première procédure de faillite, sans obligation de verser l’excédent de revenus, peut aboutir à une libération de la dette au bout de 9 mois, ce qui permet de rétablir relativement rapidement la stabilité pour toute la famille.

Les inconvénients que votre conjoint pourrait ressentir

Les dettes communes leur incombent à 100 %. Si vous avez tous les deux signé un contrat de prêt, votre remise de dette n’exonère pas votre conjoint de sa responsabilité quant au solde total.
Leurs revenus sont pris en compte dans le calcul de l’excédent. Le critère de revenu excédentaire de l’OSB compare les revenus de votre foyer aux seuils nationaux, ce qui peut entraîner une augmentation de votre mensualité et prolonger la durée de la procédure de faillite de 9 à 21 mois.
Les biens communs peuvent être menacés. Votre part dans un bien détenu en copropriété peut être transférée au fiduciaire. Les conjoints rachètent souvent cette part afin de préserver l’intégrité du bien.
Il est plus difficile de se porter garant pour un crédit futur. Même si la cote de crédit de votre conjoint n’est pas directement affectée, les prêteurs qui examinent la situation du foyer pourraient se montrer plus stricts quant à l’acceptation des demandes conjointes pendant la durée de votre procédure de faillite.

Qui devrait envisager de déposer une demande ?

  • Vous avez plus de 1 000 dollars de dettes non garanties que vous ne pouvez véritablement pas rembourser dans un délai raisonnable.
  • Vos dettes sont pour la plupart à votre nom uniquement : cartes de crédit, prêts sur salaire, lignes de crédit personnelles, dette fiscale auprès de l’ARC.
  • Une saisie sur salaire, une action en recouvrement ou une saisie de comptes bancaires est déjà en cours ou sur le point de se produire.
  • Vous et votre conjoint avez déjà eu une discussion franche et avez envisagé des solutions moins radicales, telles qu’une proposition de consommateur ou un regroupement de dettes.
  • La situation financière personnelle de votre conjoint est suffisamment stable pour faire face à une baisse temporaire du budget du ménage.

Qui devrait probablement attendre ou opter pour une autre solution ?

  • La plupart de vos dettes sont des dettes conjointes : une faillite ne protégera pas votre conjoint(e) contre ces dettes.
  • Vous disposez d’un capital immobilier commun important que vous ne souhaitez pas mettre en péril en cas de vente forcée ou de rachat.
  • Votre conjoint est le principal soutien financier du foyer et perçoit un revenu élevé : le versement d’un excédent de revenus pourrait rendre la procédure de faillite presque aussi coûteuse qu’un plan de redressement, sans pour autant préserver votre dossier de crédit.
  • Vous avez déjà fait l’objet d’une procédure de faillite. Une deuxième procédure prolonge la durée de la libération de 24 à 36 mois et reste inscrite à votre dossier de crédit pendant une durée pouvant aller jusqu’à 14 ans.
  • La majeure partie de vos dettes correspond à des pensions alimentaires versées à un ex-conjoint ou à vos enfants ; celles-ci ne sont pas effacées par la faillite en vertu de la loi sur la faillite (BIA).

Un exemple concret chiffré

Voici Sarah et Mark, qui vivent à Hamilton, en Ontario. Sarah a une dette de carte de crédit de 42 000 dollars à son nom uniquement. Mark a lui-même un solde modeste sur sa carte de crédit et un dossier de crédit irréprochable. Ils possèdent en commun une voiture d’une valeur de 8 000 dollars (sans prêt) et sont locataires de leur logement.

Dette non garantie de Sarah (à titre individuel)42 000 $
Dettes communes0 $
Le salaire net mensuel de Sarah3 200 $
Le salaire net mensuel de Mark4 400 $
Revenu total du foyer7 600 $
Seuil d’excédent OSB pour 2026 (foyer de 2 personnes)environ 3 322 $
Paiement excédentaire estimé (part de Sarah, mensuel)environ 640 $
Durée de la procédure de faillite (première procédure, avec excédent)21 mois
Impact sur la cote de crédit de MarkAucun
Part de Mark dans l’achat de la voiture (4 000 $)Inchangée
Résultat du covoiturage de Sarah (4 000 $)Mark peut racheter sa part auprès du syndic

La faillite de Sarah lui permet d’effacer sa dette de 42 000 $. La solvabilité de Mark reste intacte. Ils conservent la voiture en versant au syndic la valeur de la part de Sarah. L’impact principal sur le budget du ménage réside dans le paiement excédentaire de 21 mois, qui reste toutefois moins coûteux que de continuer à rembourser 42 000 $ à un taux d’intérêt de 22 %.

Étape par étape : comment protéger votre conjoint avant de déposer votre demande

  1. Ayez cette conversation franche dès le début. Les dépôts de dossier inopinés nuisent davantage à la confiance que la faillite elle-même. Asseyez-vous ensemble et passez en revue vos chiffres avant de prendre rendez-vous pour une consultation.
  2. Demandez vos deux rapports de solvabilité. Commandez des rapports gratuits auprès d’Equifax et de TransUnion. Identifiez tous les comptes conjoints, tous les prêts cosignés et toutes les cartes de crédit dont vous êtes utilisateur autorisé.
  3. Prenez rendez-vous pour une consultation gratuite avec un syndic de faillite agréé. Au Canada, seuls les conseillers en insolvabilité agréés (LIT) peuvent déposer une demande de mise en faillite ou présenter une proposition. Ils examineront gratuitement votre situation et détermineront si la faillite constitue effectivement la solution la plus appropriée.
  4. Dans la mesure du possible, remboursez ou refinancez vos dettes communes. Si votre conjoint peut intégrer un petit solde commun à une dette à son nom uniquement avant que vous ne déposiez votre dossier, vous éliminez ainsi pour lui le risque de recouvrement après la faillite. Veillez toutefois à ne pas épuiser ses économies en procédant ainsi.
  5. Indiquez à qui appartient quoi. Veuillez apporter les reçus, les actes d’enregistrement et les relevés indiquant les biens dont vous êtes propriétaire à titre individuel. Cela permettra d’éviter que votre syndic n’inclue par inadvertance les biens de votre conjoint.
  6. Préparez ensemble le calcul des revenus excédentaires. Votre conseiller LIT aura besoin des chiffres relatifs aux revenus de votre foyer. Savoir à l’avance si vous allez donner lieu à des paiements excédentaires vous aide à établir votre budget et à déterminer si une autre solution de désendettement serait plus judicieuse.
  7. Suivez les deux séances obligatoires de conseil en matière d’endettement. L’OSB exige deux séances de conseil financier pour obtenir la mainlevée. De nombreux couples y participent ensemble, ce qui permet de faire de cette période de reconstruction un projet commun.
  8. Rétablir ensemble votre solvabilité après la levée de la procédure de redressement judiciaire. Une fois que vous aurez été radié du registre des faillites, une petite carte de crédit garantie et des paiements effectués dans les délais vous permettront de rétablir votre cote de crédit en l’espace d’un à deux ans. Ne vous tournez vers des services de rétablissement de crédit que si votre dossier comporte des erreurs ; le rétablissement de votre cote ne nécessite pas de recourir à des services payants.
En résumé : au Canada, c’est vous qui déposez le dossier de faillite, et non votre conjoint. Son crédit, ses comptes personnels et les biens dont il est propriétaire à titre exclusif sont protégés par la loi. Les points sensibles concernent les dettes communes, les biens communs et les revenus excédentaires — autant d’éléments gérables grâce à une bonne planification. La démarche la plus utile consiste à solliciter une consultation gratuite auprès d’un syndic autorisé en insolvabilité avant de prendre toute décision, idéalement en présence de votre conjoint.

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Foire aux questions

Ma faillite apparaîtra-t-elle sur le dossier de crédit de mon conjoint ?

Non. Votre faillite n’est inscrite que dans votre propre dossier de crédit, avec une note R9 qui reste généralement en vigueur pendant six à sept ans lors d’une première déclaration. Le dossier de crédit de votre conjoint est distinct. Sa cote ne sera affectée que si vous partagez une dette commune et que des paiements ne sont pas effectués après votre déclaration de faillite — le prêteur peut alors se retourner contre votre conjoint, et tout défaut de paiement de sa part apparaîtra dans son dossier. Les comptes communs peuvent également avoir un effet notable, bien qu’indirect, car les prêteurs examinent l’endettement global du ménage lors des demandes de crédit conjointes.

Mon conjoint peut-il conserver son compte bancaire si je dépose une demande de divorce ?

Oui, les comptes détenus exclusivement au nom de votre conjoint ne sont pas concernés par votre procédure de faillite. Même les comptes joints ne posent généralement pas de problème, mais nous vous recommandons d’ouvrir un nouveau compte au nom de votre conjoint avant le dépôt de la demande, afin qu’il n’y ait aucun doute quant à l’appartenance des fonds. Veillez à toujours signaler tous vos comptes conjoints à votre syndic agréé en matière d’insolvabilité afin qu’il puisse vous conseiller correctement — le fait de dissimuler des comptes peut retarder ou compromettre votre libération en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Que deviendra notre maison si nous en sommes copropriétaires ?

Si vous disposez d’une valeur nette immobilière dans un logement détenu en copropriété, votre part — généralement 50 % de la valeur nette — revient au syndic. Votre conjoint conserve sa part. Dans la pratique, la plupart des couples versent au syndic la valeur de votre part (rachat) ou procèdent à un refinancement pour libérer cette valeur nette. Si le logement ne présente que peu ou pas de capital propre après déduction de l’hypothèque et des frais de vente, le syndic n’y porte souvent aucun intérêt. Le droit provincial de la famille, notamment en Ontario, accorde également au conjoint non en faillite des droits solides lui permettant de rester dans le logement conjugal ; une vente forcée est donc beaucoup plus rare que ce que l’on pourrait craindre.

Dois-je continuer à verser une pension alimentaire pour mes enfants ou pour mon conjoint si je fais faillite ?

Oui. Les pensions alimentaires ordonnées par un tribunal en faveur d’un ex-conjoint ou de vos enfants ne sont expressément pas effacées par la faillite. L’Agence du revenu du Canada et votre ex-conjoint peuvent continuer à les percevoir, et tout arriéré existant au moment du dépôt de la demande de faillite subsiste après votre libération. Le guide de l’ARC sur la faillite confirme que les obligations alimentaires sont considérées comme des dettes prioritaires qui vous suivent même après la faillite. Si la pension alimentaire constitue votre principale dette, la faillite n’est peut-être pas la solution la plus appropriée — consultez d’abord votre syndic ou un avocat spécialisé en droit de la famille.

Ne vaudrait-il pas mieux faire une déclaration commune pour simplifier les choses ?

Pas nécessairement. Une administration conjointe…

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