Si vous envisagez de recourir à une proposition de consommateur pour faire face à un endettement écrasant, une crainte surgit souvent très vite : et si vos créanciers refusaient ? C’est une question légitime, et importante. Au Canada, une proposition de consommateur peut être rejetée, car vos créanciers ont le droit de voter pour accepter ou non l’accord que votre syndic autorisé en insolvabilité leur soumet. Comprendre quand et pourquoi cela se produit permet d’apaiser considérablement vos craintes face à cette procédure.
La bonne nouvelle, c’est qu’un refus catégorique est bien moins fréquent que la plupart des gens ne le pensent, et même lorsqu’il se produit, il ne marque que rarement la fin du parcours. Ce guide vous explique comment fonctionne réellement le processus d’approbation, les véritables raisons pour lesquelles les demandes sont rejetées, à quoi ressemble un refus dans la pratique, ainsi que les mesures concrètes que vous pouvez prendre pour parvenir tout de même à vous libérer de vos dettes.
Qu’est-ce qu’une proposition de consommateur ?
Une proposition de consommateur est un accord juridiquement contraignant conclu entre vous et vos créanciers, géré par un syndic d’insolvabilité agréé (LIT). Au lieu de rembourser la totalité de vos dettes, vous proposez de rembourser une partie de vos dettes non garanties, généralement sur une période pouvant aller jusqu’à cinq ans, le reste étant annulé une fois la proposition menée à bien. Il s’agit d’une procédure officielle prévue par la Loi sur la faillite et l’insolvabilité fédérale, et c’est l’une des alternatives à la faillite les plus couramment utilisées au Canada.
Selon le Bureau fédéral du surintendant des faillites, seul un syndic d’insolvabilité agréé peut déposer une proposition de consommateur en votre nom. Une fois celle-ci déposée, les intérêts cessent de courir sur les dettes concernées, les appels de recouvrement doivent cesser et toute saisie sur salaire liée à ces dettes est suspendue. Vous effectuez un versement mensuel prévisible au syndic, qui se charge de le répartir entre vos créanciers. C’est cette structure, à savoir un versement fixe sans intérêts, qui rend cette proposition accessible à tant de personnes qui se sentent submergées par les paiements minimaux.
Une proposition de consommateur peut-elle être rejetée ?
Oui. Vos créanciers ont le droit légal de voter sur votre proposition, et ce vote peut vous être défavorable. Une fois que votre syndic a déposé la proposition, les créanciers disposent de 45 jours pour l’examiner et soit l’accepter, soit la rejeter, soit demander une réunion afin d’en discuter les modalités. L’acceptation est déterminée par la valeur en dollars et non par le nombre de créanciers : la proposition est approuvée si les créanciers représentant la majorité de la valeur des créances prouvées et qui votent effectivement se prononcent en faveur de celle-ci.
Cette distinction est importante. Un seul créancier important, détenant la majeure partie de votre dette, peut à lui seul faire pencher le vote, tandis que l’opposition de plusieurs petits créanciers ne changera peut-être pas le résultat. Dans la pratique, la plupart des créanciers préfèrent une proposition à l’alternative, car celle-ci leur permet généralement de récupérer davantage d’argent qu’une faillite. Comme l’explique le Bureau du surintendant des faillites, si aucun créancier ne demande la tenue d’une assemblée dans un délai de 45 jours, la proposition est réputée acceptée d’office. C’est pourquoi la grande majorité des propositions de consommateur au Canada sont approuvées, souvent sans qu’aucune assemblée n’ait lieu.
Pourquoi les créanciers rejettent-ils une proposition de consommateur ?
Lorsqu’une proposition est rejetée ou contestée, cela s’explique presque toujours par une raison précise à laquelle il est possible de remédier. Connaître ces raisons à l’avance aide votre syndic à élaborer une offre que les créanciers sont susceptibles d’accepter dès la première fois.
Parmi les facteurs les plus courants, on peut citer une offre que les créanciers jugent tout simplement trop faible par rapport à ce qu’ils pourraient récupérer en cas de faillite, des informations financières incomplètes ou incohérentes qui les amènent à douter des chiffres, ainsi qu’un historique avec un prêteur particulier qui les incite à la prudence. Certains créanciers ont également des politiques internes exigeant un pourcentage de remboursement minimum avant d’accepter de voter en faveur de l’accord. Il arrive parfois qu’un créancier important fasse une contre-offre, en acceptant de voter en faveur de la proposition uniquement si vous augmentez votre mensualité ou prolongez la durée du prêt.
Les administrateurs judiciaires expérimentés connaissent les critères auxquels les grands créanciers et les agences de recouvrement canadiens ont tendance à se référer, et ils élaborent leurs propositions en fonction de ces attentes. C’est en grande partie pour cette raison que le fait de travailler avec le bon administrateur judiciaire améliore considérablement vos chances d’obtenir une acceptation sans réserve.
Avantages et inconvénients d’une proposition de consommateur
Avant de vous inquiéter d’un éventuel refus, il est utile de mettre en balance les avantages d’une proposition et ses inconvénients, afin de pouvoir déterminer si elle constitue réellement l’outil adapté à votre situation.
À qui s’adresse une proposition de consommateur ?
Une proposition de consommateur ne convient pas à tout le monde, mais pour certaines personnes, elle peut changer le cours d’une vie. Elle s’adresse généralement aux Canadiens qui se trouvent dans les situations suivantes :
- Vous avez entre environ 10 000 et 250 000 dollars de dettes non garanties, sans compter votre prêt immobilier.
- Vous disposez d’un revenu stable, mais vous ne pouvez pas, de manière réaliste, rembourser ce que vous devez dans un délai raisonnable.
- Vous souhaitez éviter la faillite et conserver certains biens, tels que votre logement ou votre véhicule.
- Vous en avez assez que les intérêts élevés engloutissent vos remboursements et vous souhaitez disposer d’un montant mensuel raisonnable.
En revanche, une proposition n’est peut-être pas la solution la plus adaptée dans les cas suivants :
- Vos dettes sont suffisamment modestes pour qu’un prêt de regroupement de dettes ou un plan de gestion budgétaire permette de les rembourser en un an ou deux.
- Vous ne disposez pas de revenus réguliers vous permettant d’effectuer des versements mensuels réguliers.
- La majeure partie de votre dette est garantie, car les dettes garanties ne peuvent pas être prises en compte.
- Vous pourriez tirer davantage profit d’un accompagnement gratuit en matière de crédit et d’un plan de gestion de la dette.
Une demande en mariage vue sous l’angle des chiffres
Les chiffres permettent de rendre cela beaucoup moins abstrait. Imaginez qu’une personne ait une dette non garantie de 40 000 $ répartie entre des cartes de crédit et une ligne de crédit. Son syndic pourrait élaborer une proposition similaire à l’exemple ci-dessous. Ces chiffres sont donnés à titre indicatif uniquement, car chaque proposition est établie en fonction de vos revenus, de vos actifs et de vos créanciers spécifiques.
Dans ce scénario, la personne rembourse 18 000 $ sans intérêts, et 22 000 $ sont effacés une fois la procédure terminée. Étant donné que les créanciers récupéreraient probablement encore moins en cas de faillite, ils ont tendance à accepter ce type d’offre. S’ils estimaient que le montant de 18 000 $ était trop faible, ils pourraient faire une contre-proposition et demander, par exemple, 22 000 $ sur la même durée, et votre syndic examinerait si cela est envisageable pour vous avant de donner son accord.
Que faire si votre proposition est rejetée ?
Un refus est un revers, pas une impasse. Voici l’enchaînement logique des événements et ce que vous pouvez faire ensuite.
- Découvrez exactement pourquoi. Votre syndic vous indiquera les motifs d’opposition des créanciers, qu’il s’agisse du montant proposé, des conditions ou d’informations manquantes. C’est là la clé pour remédier à la situation.
- Modifiez la proposition. Dans la plupart des cas, vous pouvez adapter les conditions, souvent en augmentant le montant mensuel ou le montant total proposé, puis soumettre à nouveau une proposition modifiée pour un nouveau vote.
- Négociez avec le créancier récalcitrant. Si un créancier important détient la majorité des voix, votre administrateur peut travailler directement avec lui afin de parvenir à un accord qu’il sera en mesure d’approuver.
- Envisagez une autre solution pour régler vos dettes. Si une proposition modifiée ne s’avère toujours pas viable, votre syndic pourra vous présenter d’autres solutions, telles que d’autres options d’allègement de la dette ou, dans les cas graves, la faillite.
- Allez de l’avant avec un plan bien défini. Quelle que soit la voie que vous choisirez, vous repartirez avec un plan précis pour vous sortir de l’endettement, plutôt que dans l’incertitude qui était la vôtre au départ.
De nombreuses personnes qui craignaient un refus voient finalement leur proposition acceptée après quelques légères modifications. Vous pouvez découvrir de véritables témoignages de réussite concernant des propositions de consommateur, rédigés par des Canadiens qui ont suivi exactement ce type de procédure et qui s’en sont sortis sans aucune dette. Pour avoir une vue d’ensemble des solutions disponibles, notre présentation des programmes gouvernementaux et des programmes officiels d’allègement de la dette compare côte à côte les principales voies possibles. Les données du secteur, issues de cabinets tels que Hoyes Michalos, montrent systématiquement que la grande majorité des propositions bien préparées sont acceptées.
Prêt à savoir si vous remplissez les conditions requises ?
À quelle fréquence les propositions de consommateur sont-elles rejetées au Canada ?
Les refus catégoriques sont rares. La grande majorité des propositions de consommateur sont acceptées, et bon nombre d’entre elles sont considérées comme acceptées d’office lorsqu’aucun créancier ne demande de réunion dans le délai de 45 jours. Lorsque des préoccupations surgissent, elles sont généralement résolues par un léger ajustement de l’offre plutôt que par un refus catégorique, en particulier lorsqu’un syndic de faillite agréé a structuré la proposition de manière à refléter ce que les créanciers s’attendent généralement à récupérer.
Que devient ma dette si ma proposition est rejetée ?
Rien n’est effacé, et vous vous retrouvez dans la situation qui était la vôtre avant le dépôt de la demande, toujours redevable de l’intégralité de vos dettes. Toutefois, le rejet en lui-même n’entraîne pas de nouvelles pénalités. Vous pouvez immédiatement vous adresser à votre syndic pour modifier la proposition et la soumettre à nouveau, négocier avec le créancier qui s’y oppose, ou opter pour une autre solution de règlement de dettes. La protection contre les poursuites de recouvrement liée au dépôt de la demande prend fin ; il est donc important d’agir rapidement pour passer à l’étape suivante.
Puis-je présenter une deuxième proposition de règlement à l’amiable après le rejet de la première ?
Oui. Vous pouvez déposer une proposition modifiée, comportant des conditions révisées, afin de la soumettre à un nouveau vote des créanciers ; il s’agit là de la démarche la plus courante. Il n’existe aucune limite automatique vous empêchant de réessayer avec une offre plus acceptable. Votre syndic tiendra compte des commentaires issus du premier vote, tels qu’une demande d’augmentation du montant mensuel, afin d’élaborer une offre qui aura plus de chances d’être approuvée la deuxième fois.
Qui décide si ma proposition de règlement à l’amiable est acceptée ?
Ce sont vos créanciers qui décident, en votant en fonction de la valeur en dollars de leurs créances. La proposition est adoptée si les créanciers représentant la majorité de la valeur des créances ayant effectivement voté l’approuvent. Cela signifie qu’un seul créancier important peut, dans les faits, déterminer l’issue du vote, tandis que plusieurs petits créanciers opposés à la proposition n’y parviendront peut-être pas. Si aucun créancier ne demande la tenue d’une assemblée dans les 45 jours suivant le dépôt de la proposition, celle-ci est automatiquement considérée comme acceptée.
La faillite est-elle ma seule option si une proposition échoue ?
Non. La faillite n’est qu’une solution parmi d’autres, et constitue généralement un dernier recours. Si une proposition modifiée ne peut être approuvée, vous pouvez tout de même être éligible à d’autres solutions, telles qu’un prêt de consolidation de dettes, un plan de gestion de dettes dans le cadre d’un accompagnement en matière de crédit, ou d’autres programmes d’allègement, en fonction de vos revenus et du type de dette. Un syndic de faillite agréé peut passer en revue toutes les options avec vous et vous expliquer les avantages et les inconvénients de chacune avant que vous ne preniez une décision.

