Si vous remboursez à la fois un crédit automobile et un prêt étudiant, vous n’êtes pas seul(e) — et cela ne signifie pas que vous ne vous en sortez pas dans la vie d’adulte. De nombreux Canadiens assument discrètement ces deux charges. Entre les mensualités fixes du crédit automobile, les versements liés aux prêts étudiants fédéraux ou provinciaux et le coût de la vie courant, le calcul peut sembler insurmontable certains mois.
La bonne nouvelle : concilier un crédit automobile et un prêt étudiant est un problème gérable lorsque vous l’abordez comme un exercice de gestion budgétaire et de hiérarchisation des priorités, plutôt que comme une question morale. Ce guide de 2026 vous explique en détail en quoi ces deux types de dettes diffèrent réellement, comment déterminer laquelle rembourser en premier, et quelles sont les options réalistes dont disposent les Canadiens lorsque les mensualités deviennent trop lourdes à supporter.
Ce que signifie concilier un crédit automobile et un prêt étudiant
« Équilibrer » deux dettes signifie simplement les rembourser toutes les deux de manière régulière, tout en choisissant à quoi consacrer l’argent supplémentaire. Les crédits automobiles et les prêts étudiants se présentent de manière similaire sur un relevé bancaire, mais leur fonctionnement est en réalité très différent.
Un crédit automobile est un prêt garanti : le prêteur peut saisir le véhicule si vous cessez de payer. Il comporte généralement un taux d’intérêt fixe, une durée fixe (souvent de 60 à 84 mois au Canada) et offre très peu de souplesse une fois le contrat signé. Les prêts étudiants sont différents. Les prêts étudiants fédéraux canadiens et la plupart des prêts étudiants provinciaux proposent un remboursement en fonction des revenus, des reports de paiement et le Programme d’aide au remboursement, qui permet de réduire ou de suspendre les versements si vos revenus sont inférieurs à un seuil défini.
Cette différence est importante. Dans le cas d’un crédit automobile, le non-paiement de vos mensualités nuit rapidement à votre solvabilité et peut vous faire perdre votre véhicule. Avec un prêt étudiant canadien, vous disposez de recours juridiques pour renégocier les conditions avant que cela ne se produise. L’approche la plus judicieuse ne consiste donc pas à traiter ces deux types de dettes de la même manière, mais à tirer parti des règles propres à chacune d’entre elles.
Avantages du paiement simultané des deux montants
Permet de se constituer un solide historique de crédit
Effectuer régulièrement et dans les délais des paiements sur deux comptes à tempérament est l’un des meilleurs moyens de se constituer un dossier de crédit canadien solide, surtout si vous avez moins de 30 ans.
Permet de dégager des liquidités plus rapidement
Les crédits automobiles ont généralement des durées plus courtes que les prêts étudiants. En remboursant le vôtre plus tôt, vous libérez plusieurs centaines de dollars par mois que vous pouvez consacrer au remboursement de votre dette étudiante ou à votre épargne.
Favorise l’adoption de meilleures habitudes en matière de gestion budgétaire
Le fait d’avoir deux dettes pousse presque toujours les gens à suivre leurs dépenses, à réduire le gaspillage et à se constituer un fonds d’urgence — des habitudes qui portent leurs fruits bien après le remboursement de ces dettes.
Cela permet de garder des options ouvertes à long terme
En restant à jour dans le remboursement de ces deux dettes, vous préservez votre cote de crédit en vue de futurs achats importants, tels qu’un crédit immobilier ou un refinancement.
Inconvénients et risques à prendre en compte
Problèmes de trésorerie
Deux mensualités, auxquelles s’ajoutent le loyer, l’assurance et les courses, ne laissent que très peu de marge de manœuvre. Une seule dépense imprévue peut faire basculer le budget vers le recours à la carte de crédit.
Taux d’intérêt élevés sur les crédits automobiles
Les crédits automobiles, en particulier ceux destinés à l’achat de véhicules d’occasion ou aux emprunteurs à risque, peuvent être assortis de taux d’intérêt compris entre 8 et 15 %, voire plus, ce qui, sans que l’on s’en rende compte, revient plus cher que votre prêt étudiant ne le fera jamais.
Perte de flexibilité en cas de refinancement
Le refinancement de prêts étudiants fédéraux sous la forme d’un prêt privé ou d’une ligne de crédit implique généralement de ne plus pouvoir bénéficier des aides au remboursement et des reports de remboursement.
Risque de tomber dans le piège du « minimum uniquement »
En ne remboursant que les minimums sur ces deux prêts, vous parvenez à vous en sortir, mais cela prolonge la durée de votre endettement de plusieurs années et vous coûte des milliers d’euros d’intérêts.
À qui cette stratégie s’adresse-t-elle ?
- Vous disposez d’un revenu professionnel stable et êtes en mesure de couvrir sans difficulté à la fois les remboursements minimaux et vos dépenses essentielles.
- Le taux d’intérêt de votre prêt automobile est plus élevé que celui de votre prêt étudiant (ce qui est très courant au Canada).
- Vous disposez au moins d’un petit fonds d’urgence, ou vous en constituez un parallèlement au remboursement de vos dettes.
- Vous ne comptez pas sur des cartes de crédit ni sur une ligne de crédit pour joindre les deux bouts chaque mois.
- Vous êtes en début de carrière et vous souhaitez préserver votre historique de crédit en vue d’un futur prêt immobilier.
Qui devrait envisager d’autres options ?
- Vous avez déjà des retards de paiement sur votre crédit automobile, votre prêt étudiant ou vos cartes de crédit.
- Le montant restant à rembourser sur votre voiture est supérieur à sa valeur actuelle et les mensualités représentent plus de 15 % de votre salaire net.
- Vos dettes non garanties (cartes de crédit, prêts sur salaire, lignes de crédit) s’accumulent plus vite que vous ne parvenez à les rembourser.
- Des agences de recouvrement vous appellent, ou votre salaire risque d’être saisi.
- Vous contractez de nouvelles dettes pour rembourser d’anciennes — ce qui indique qu’une solution structurée, telle que le conseil en crédit ou une proposition de consommateur, pourrait s’avérer plus efficace qu’une gestion budgétaire en autonomie.
Un exemple concret au Canada
Imaginez Maya, une jeune femme de 27 ans vivant à Hamilton, qui a contracté un crédit automobile de 22 000 dollars pour l’achat d’une voiture d’occasion, à un taux de 9,5 % sur 60 mois, ainsi qu’un prêt étudiant fédéral de 18 000 dollars au taux fédéral indexé sur le taux préférentiel. Elle gagne 4 200 dollars par mois après impôts.
Comme le taux de son crédit auto est plus élevé, Maya répartit ces 589 $ en affectant chaque mois 400 $ supplémentaires au remboursement du capital de son crédit auto et en plaçant 189 $ sur un compte d’épargne à taux élevé, qui lui servira de fonds d’urgence. Une fois la voiture remboursée avec environ 18 mois d’avance, la totalité des 861 dollars (remboursement du crédit automobile + montants supplémentaires) est réaffectée, répartie entre le remboursement de son prêt étudiant et son épargne à long terme. Le remboursement de son prêt étudiant est effectué sans retard pendant toute cette période, ce qui lui permet de conserver l’intégralité de ses aides fédérales.
Plan étape par étape pour rembourser vos deux dettes
Veuillez énumérer toutes les dettes en indiquant les montants réels
Notez le nom de chaque prêteur, le solde, le taux d’intérêt, le montant du remboursement minimum et la date de remboursement intégral. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada propose un outil gratuit de planification budgétaire qui effectue ces opérations automatiquement.
Établissez un budget mensuel réaliste
Suivez vos revenus, vos frais fixes, le montant minimum de vos remboursements de dettes et vos dépenses discrétionnaires pendant un mois entier. Identifiez deux ou trois catégories dans lesquelles vous pouvez, de manière réaliste, économiser entre 50 et 200 dollars — la plupart des Canadiens trouvent ces économies dans les abonnements, la livraison de repas et les achats impulsifs.
Réglez chaque mois le montant minimum à temps
Mettez en place des prélèvements automatiques tant pour votre crédit automobile que pour votre prêt étudiant. C’est le non-paiement des mensualités minimales qui transforme un solde gérable en un problème de crédit.
Choisissez la dette à rembourser en priorité
Dans la plupart des cas au Canada, le crédit automobile est assorti d’un taux d’intérêt plus élevé ; c’est pourquoi la méthode de l’« avalanche » s’avère la plus efficace. Si vous êtes davantage motivé par des résultats rapides, la méthode de la « boule de neige » (rembourser d’abord le solde le plus faible) convient tout à fait — les deux méthodes fonctionnent, mais les calculs montrent que la méthode de l’« avalanche » est légèrement plus avantageuse.
Veuillez affecter les versements supplémentaires exclusivement au remboursement du capital
Indiquez par écrit au prêteur que tout montant supplémentaire doit être affecté au capital, et non aux intérêts futurs ni aux prochaines mensualités. C’est le principal moyen de pression dont vous disposez dans le cadre d’un crédit automobile.
Vérifiez si le refinancement est réellement avantageux
Si votre solvabilité s’est améliorée depuis la souscription de votre crédit automobile, un refinancement peut vous permettre de réduire votre taux de 2 à 5 points. En ce qui concerne les prêts étudiants, ne procédez à un refinancement que si vous êtes certain de ne pas avoir besoin d’une aide publique au remboursement à l’avenir.
Constituez-vous un petit fonds d’urgence parallèlement à vos remboursements
Commencez par viser 1 000 dollars, puis un mois de dépenses. Sans réserve financière, une simple réparation automobile ou une facture médicale suffit à vous obliger à tout remettre sur votre carte de crédit.
Réévaluez la situation tous les six mois
Les revenus évoluent, les taux changent, la vie change. Vérifiez votre plan deux fois par an et ajustez à la hausse ou à la baisse votre objectif de remboursement supplémentaire.
Demandez de l’aide si les calculs ne fonctionnent plus
Si les montants minimaux ne correspondent plus à vos revenus, adressez-vous à un conseiller en crédit d’une association à but non lucratif ou à un syndic de faillite agréé avant de prendre du retard dans vos paiements. Ces deux consultations sont gratuites, et le Bureau du surintendant des faillites supervise le processus.
En résumé
Prêt à savoir si vous remplissez les conditions requises ?
Foire aux questions
Au Canada, devrais-je rembourser en premier mon crédit auto ou mon prêt étudiant ?
Dans la plupart des cas, remboursez d’abord le crédit automobile. Les crédits automobiles canadiens sont généralement assortis de taux d’intérêt plus élevés que les prêts étudiants fédéraux canadiens, et ils sont garantis par votre véhicule ; les conséquences d’un retard de paiement sont donc plus rapides et plus sévères. Les prêts étudiants fédéraux, en revanche, proposent le « Plan d’aide au remboursement » ainsi que d’autres mesures de soutien en cas de baisse de vos revenus. Veillez à toujours payer le montant minimum de votre prêt étudiant dans les délais, mais affectez tout montant supplémentaire à la dette dont le taux d’intérêt est le plus élevé — ce qui est presque toujours le prêt automobile.
Puis-je regrouper un crédit automobile et des prêts étudiants ?
Techniquement, oui, mais c’est rarement une bonne idée. Regrouper les prêts étudiants fédéraux canadiens dans un prêt de consolidation ou une ligne de crédit revient à renoncer à l’accès au programme d’aide au remboursement, à l’allègement des intérêts et aux programmes d’annulation de dette pour certaines professions. Un prêt de regroupement de dettes peut s’avérer judicieux pour les cartes de crédit, les prêts sur salaire et autres dettes non garanties à taux d’intérêt élevé — mais pour les prêts étudiants, les outils existants proposés par le gouvernement sont généralement plus avantageux que tout ce qu’un prêteur privé pourrait offrir.
Le fait de verser des mensualités supplémentaires sur mon crédit automobile me permettra-t-il réellement de faire des économies ?
Oui, à condition que ces versements supplémentaires soient affectés au capital et non à la mensualité du mois suivant. Pour un crédit automobile de 22 000 $ à 9,5 % sur 60 mois, un versement supplémentaire de 200 $ par mois peut réduire la durée du crédit de plus d’un an et vous faire économiser plus de 1 500 $ d’intérêts. Vérifiez par écrit auprès de votre prêteur que les remboursements anticipés ne donnent lieu à aucune pénalité et qu’ils sont bien affectés au capital. De nombreux prêteurs automobiles canadiens l’autorisent ; certains facturent une légère pénalité de remboursement anticipé, veillez donc toujours à lire le contrat de prêt au préalable.
Que devient mon prêt étudiant si je perds mon emploi ?
Si vous bénéficiez d’un prêt étudiant fédéral canadien, vous pouvez demander à bénéficier du programme d’aide au remboursement dès que vous vous rendez compte que vous allez avoir des difficultés financières. Les demandeurs dont la demande est acceptée ne paient rien ou versent un montant calculé en fonction de leurs revenus familiaux, et le gouvernement fédéral prend en charge les intérêts que vous ne pouvez pas payer. Les prêts étudiants provinciaux disposent généralement d’un programme similaire. L’essentiel est d’en faire la demande avant de manquer des échéances : ces aides existent précisément pour éviter qu’une perte d’emploi ne ruine votre solvabilité.
Quand devrais-je faire appel à un professionnel pour m’aider à gérer mes dettes plutôt que de m’en occuper seul ?
Demandez de l’aide lorsque le total des remboursements minimums de votre crédit automobile, de votre prêt étudiant et de vos dettes non garanties dépasse environ 40 % de votre salaire net, lorsque vous recourez au crédit pour payer vos courses ou votre loyer, lorsque les agences de recouvrement vous appellent ou lorsque votre salaire fait l’objet d’une saisie-arrêt. Un conseiller en crédit à but non lucratif peut négocier un plan de gestion de la dette avec vos créanciers non garantis, et un syndic de faillite agréé peut vous expliquer si une proposition de consommateur ou une faillite correspond à votre situation. Ces deux options prennent en charge les cartes de crédit et les lignes de crédit, mais n’incluent généralement pas les prêts étudiants fédéraux, sauf si vous avez terminé vos études depuis plus de sept ans. Il existe des options gratuites : vous n’avez pas besoin de payer une « société de désendettement » pour un premier entretien. Un bon point de départ consiste à consulter rapidement notre article sur le conseil en crédit au Canada ou notre aperçu des meilleures façons de rembourser ses dettes; vous pourrez ainsi comparer les options officielles, telles qu’une proposition de consommateur par rapport à la faillite ou à un prêt de consolidation de dettes. Si la perte de votre emploi est à l’origine de vos difficultés, notre guide sur la gestion de la dette après une perte d’emploi présente les solutions les plus sûres.

