Stratégies de gestion de la dette au Canada (Guide 2026)

Si vous devez jongler entre plusieurs soldes de cartes de crédit, une ligne de crédit et peut-être un prêt personnel, les comptes peuvent rapidement devenir ingérables. Un plan de gestion de la dette (PGD) constitue l’une des solutions les plus sereines : un versement mensuel unique, des intérêts réduits ou supprimés, et une échéance claire, généralement comprise entre trois et cinq ans. Ce n’est pas une solution miracle et cela ne convient pas à tout le monde, mais bien utilisé, ce dispositif peut mettre fin aux appels de recouvrement et vous redonner un peu de marge de manœuvre dans votre budget.

Ce guide vous explique en termes simples ce qu’est réellement un plan de gestion de la dette (DMP), les stratégies qui permettent d’en tirer le meilleur parti, à qui il s’adresse et les différentes étapes à suivre. Tout ce qui est présenté ici s’adresse aux Canadiens confrontés à des dettes non garanties — cartes de crédit, prêts personnels, lignes de crédit et comptes en recouvrement — et non à des robots de référencement.

Réponse rapide. Un plan de gestion de la dette est un accord volontaire mis en place par l’intermédiaire d’un organisme de conseil en crédit à but non lucratif. Vous versez chaque mois une somme abordable à cet organisme, qui la redistribue à vos créanciers après avoir négocié une réduction ou une exonération des intérêts. La plupart des plans s’étendent sur une période de 3 à 5 ans et vous remboursez 100 % du capital. Pour que cela fonctionne, choisissez un organisme agréé, établissez un budget réaliste, fermez les comptes concernés et faites preuve de constance.

Qu’est-ce qu’un plan de gestion de dettes ?

Un plan de gestion de la dette est un accord informel que vous mettez en place par l’intermédiaire d’un conseiller en crédit. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada le décrit comme une proposition informelle que votre conseiller en crédit présente à vos créanciers en votre nom — une proposition qui regroupe vos dettes en un seul versement mensuel, souvent avec des intérêts réduits ou supprimés (Agence de la consommation en matière financière du Canada).

Contrairement à une proposition de consommateur ou à une faillite, un programme de gestion de la dette (PGD) ne constitue pas une procédure judiciaire au sens de la loi sur la faillite et l’insolvabilité. Il n’y a ni syndic, ni dépôt auprès du tribunal, ni inscription au registre public. Vous vous engagez à rembourser l’intégralité du capital que vous devez, mais l’organisme de conseil en crédit négocie avec chaque créancier afin de réduire ou d’annuler les intérêts et de mettre fin aux pénalités de retard. La plupart des plans sont conçus pour être remboursés en trois à cinq ans.

Le Bureau du surintendant des faillites classe les programmes de gestion de la dette (PGD) au même titre que les propositions de consommateur et la faillite dans son comparatif officiel des solutions de désendettement, en précisant que la participation de vos créanciers est volontaire dans les deux cas (Bureau du surintendant des faillites). Ce caractère volontaire est l’élément le plus important à comprendre : vos créanciers ne sont pas légalement tenus d’y participer, mais la plupart des grandes banques canadiennes et des émetteurs de cartes de crédit collaborent régulièrement avec des organismes de conseil en crédit agréés.

Mise à jour de 2026. Le taux directeur de la Banque du Canada s’établit à 2,25 % en 2026, après une série de baisses tout au long de l’année 2025, et reste stable depuis lors — mais les taux d’intérêt des cartes de crédit au Canada avoisinent toujours les 20 %, voire plus. C’est précisément cet écart qui fait tout l’intérêt d’un programme de gestion de la dette (PGD) : c’est le gel ou la réduction de ces intérêts qui permet de réaliser des économies, même si le capital reste inchangé. Par ailleurs, une modification législative fédérale en cours d’adoption (publiée fin 2025 mais non encore en vigueur) porterait le plafond d’endettement applicable aux propositions de consommateur de 250 000 $ à 325 000 $ et l’indexerait sur l’inflation — une information utile à connaître si un programme de gestion de la dette ne permet pas de couvrir entièrement votre situation.

Les véritables avantages d’un DMP

Un seul versement abordable

Au lieu de devoir suivre cinq ou six dates d’échéance, vous effectuez un seul versement mensuel à l’agence, qui se charge ensuite de le répartir entre vos créanciers. Moins de stress, moins de retards de paiement.

Réduction ou exonération des intérêts

C’est là que réside la force financière d’un plan de gestion de la dette (DMP). Les intérêts étant suspendus ou considérablement réduits, chaque dollar que vous remboursez vient effectivement réduire le capital, ce qui permet parfois de raccourcir de plusieurs années la durée de votre remboursement.

Les appels de recouvrement cessent généralement

Bien qu’un plan de gestion de la dette (DMP) n’oblige pas légalement les créanciers à cesser de vous appeler, dans la pratique, la plupart des créanciers participants suspendent leurs démarches de recouvrement dès que les paiements commencent à être effectués.

Aucune information accessible au public

Étant donné qu’un DMP ne constitue pas une procédure d’insolvabilité au sens juridique du terme, il n’apparaît pas dans les bases de données publiques relatives aux faillites. Votre dossier de crédit indiquera néanmoins que ces comptes ont été réglés dans le cadre d’un accord avec un tiers.

Accompagnement financier continu

Des organismes à but non lucratif réputés proposent une aide à la gestion budgétaire, un accompagnement financier et des suivis réguliers. Vous ne vous contentez pas de rembourser vos dettes : vous acquérez les habitudes qui vous permettront d’éviter de vous en retrouver à nouveau.

Les compromis à connaître

Vous remboursez 100 % du capital

Contrairement à une proposition de consommateur, un plan de gestion de la dette (DMP) ne réduit pas le montant de votre dette. Les économies réalisées proviennent entièrement d’une réduction des intérêts, et non d’une réduction du capital.

Les comptes de crédit sont clôturés

Les cartes et les lignes de crédit inscrites au programme sont clôturées ou gelées. Vous ne pouvez pas les utiliser pendant la durée du programme, ce qui peut s’avérer difficile si vous êtes habitué au crédit renouvelable.

Les créanciers ne sont pas tenus de donner leur accord

La participation est facultative. La plupart des banques coopèrent, mais un créancier récalcitrant — souvent une société de crédit ou un prêteur de moindre envergure — peut rester en dehors du plan et continuer à percevoir des intérêts.

Cela continue d’avoir une incidence sur votre solvabilité

Les créances inscrites dans un programme de gestion de la dette (DMP) sont généralement déclarées comme réglées ou assorties d’une note R7 pendant toute la durée du programme et pendant environ deux ans après celui-ci.

Des frais administratifs mensuels s’appliquent

Les organismes à but non lucratif perçoivent des frais modiques — souvent selon un barème dégressif dont le plafond se situe entre 75 et 125 dollars par mois — pour gérer ce dispositif.

À qui s’adresse un programme de gestion de la dette (DMP) ?

  • Vous avez entre 5 000 et 50 000 dollars de dettes non garanties, réparties entre cartes de crédit, prêts personnels et lignes de crédit.
  • Vous disposez d’un revenu stable et êtes réellement en mesure d’assumer une mensualité qui vous permettra de rembourser l’intégralité du solde en cinq ans ou moins.
  • Vos dettes sont principalement contractées auprès de grandes banques canadiennes ou d’émetteurs de cartes de crédit qui collaborent régulièrement avec des conseillers en crédit.
  • Vous souhaitez éviter qu’une procédure de mise en redressement judiciaire ne figure dans votre dossier.
  • Vous vous engagez à clôturer vos comptes de crédit et à ne pas en ouvrir de nouveaux pendant la durée du programme.

À qui ce film ne s’adresse probablement pas

  • Le montant de votre dette non garantie est supérieur à votre revenu annuel, ou vous n’êtes tout simplement pas en mesure de rembourser l’intégralité du capital en cinq ans.
  • La majeure partie de votre dette est contractée auprès de prêteurs sur salaire, de sociétés de crédit ou d’autres créanciers qui ne participent généralement pas aux programmes de gestion de la dette (DMP).
  • Vous avez une dette fiscale importante envers l’Agence du revenu du Canada (les plans de gestion de la dette ne couvrent généralement pas les dettes envers l’Agence du revenu du Canada).
  • Vous faites déjà l’objet d’une saisie sur salaire ou d’un jugement — vous pourriez avoir besoin du sursis judiciaire que seules une proposition aux créanciers ou une faillite permettent d’obtenir.
  • Vos revenus sont irréguliers : un retard de paiement peut compromettre le plan et entraîner le rétablissement des taux d’intérêt initiaux.

Un exemple concret : les 28 000 dollars de dettes de carte de crédit de Sarah

Total de la dette non garantie28 000 $
Taux d’intérêt moyen (3 cartes)21,9 %
Montants minimaux des mensualités actuels840 $
Durée de remboursement avec versements minimauxPlus de 30 ans
Mensualité du DMP525 $
Taux d’intérêt négocié0 %
Frais administratifs du DMP (barème dégressif)50 $/mois
Délai nécessaire pour se libérer de ses dettes dans le cadre d’un plan de gestion de la dette (DMP)environ 54 mois
Estimation du montant total des intérêts économisésplus de 22 000 $

L’exemple de Sarah est révélateur — chaque plan est différent — mais le principe reste le même. Les économies proviennent des intérêts, et non du capital. C’est en faisant passer le taux d’intérêt de 21,9 % à 0 % que l’on transforme un parcours de 30 ans à paiements minimaux en un sprint de quatre ans et demi.

Étape par étape : comment configurer et exploiter votre DMP

La procédure ci-dessous reflète le déroulement réel du processus. Le fait de sauter ou de précipiter une étape est la cause la plus fréquente d’échec des DMP.

  1. Faites le point sur l’ensemble de vos dettes

    Avant d’appeler qui que ce soit, dressez la liste de toutes vos dettes non garanties : vos créanciers, le solde dû, le taux d’intérêt et le montant du remboursement minimum. Additionnez votre salaire mensuel net et vos dépenses réelles (loyer, courses, transports, assurances, charges). L’Office des affaires de la consommation propose un outil gratuit de planification budgétaire que vous pouvez utiliser comme point de départ.

  2. Prenez rendez-vous pour une consultation gratuite avec un conseiller en crédit agréé

    Recherchez un organisme à but non lucratif, réglementé par la province, dont les conseillers sont certifiés (Accredited Financial Counsellor Canada ou équivalent). Le premier rendez-vous est gratuit et confidentiel. Ils passeront en revue toutes les options — pas seulement un plan de gestion de la dette — et vous diront en toute honnêteté si c’est la solution qui vous convient. Notre guide sur le conseil en crédit au Canada vous explique en détail à quoi vous attendre.

  3. Établissez un budget mensuel réaliste

    Votre conseiller vous aidera à établir un budget qui couvre vos dépenses essentielles tout en vous laissant une somme suffisante pour le remboursement prévu par le plan de désendettement (DMP). Si le budget est trop serré, le plan échouera ; s’il est trop laxiste, vous resterez endetté plus longtemps que nécessaire. Soyez d’une honnêteté sans concession concernant les dépenses alimentaires, les frais de transport et les dépenses ponctuelles qui prennent la plupart des gens au dépourvu.

  4. Confiez à l’agence le soin de négocier avec vos créanciers

    Une fois que vous aurez accepté de poursuivre la procédure, le conseiller contactera chaque créancier pour lui soumettre une proposition : un paiement groupé, un taux d’intérêt réduit ou nul, et l’annulation des frais de retard. Chaque créancier se prononce individuellement. La plupart des grandes banques acceptent ; si un créancier plus modeste refuse, votre conseiller vous aidera à traiter ce compte séparément.

  5. Fermer les comptes inscrits et lancer les paiements

    Les cartes de crédit et les lignes de crédit incluses dans le programme sont clôturées ou gelées. Vous effectuez un seul versement mensuel (généralement par prélèvement automatique) à l’organisme, qui se charge ensuite de répartir les fonds. Fixez la date de paiement de manière à ce qu’elle tombe juste après le versement de votre salaire, afin que cela ne pose jamais de problème de trésorerie.

  6. Prévoyez une petite réserve d’urgence en plus de ce plan

    C’est là que de nombreux plans de gestion budgétaire (DMP) échouent discrètement. Si vous n’avez même pas mis de côté quelques centaines de dollars, une simple réparation automobile ou une facture chez le vétérinaire vous oblige à recourir à nouveau au crédit. Fixez-vous comme objectif d’économiser entre 500 et 1 000 dollars au cours des six premiers mois, puis visez à atteindre l’équivalent d’un mois de dépenses.

  7. Restez en contact — et renégociez si votre situation évolue

    Une perte d’emploi, l’arrivée d’un bébé, une facture médicale… La vie vous réserve toujours des surprises au cours d’un plan s’étalant sur quatre ou cinq ans. Contactez votre conseiller dès que possible, et non après avoir manqué un paiement. Les organismes sérieux peuvent adapter le plan ou proposer une autre solution avant que la situation ne dégénère.

  8. Terminez votre procédure, obtenez votre lettre de mainlevée et reconstruisez votre solvabilité de manière réfléchie

    Une fois le dernier paiement effectué, demandez une confirmation écrite à l’agence et vérifiez vos rapports de solvabilité auprès d’Equifax et de TransUnion. Ensuite, reconstruisez progressivement votre solvabilité : une seule carte de crédit garantie, remboursée intégralement chaque mois, un fonds d’urgence et un budget bien pensé vous permettront de réparer la plupart des dégâts en deux à trois ans.

En résumé

En résumé. Un plan de gestion de la dette ne réduira pas le montant de votre dette, mais il peut mettre fin à l’accumulation des intérêts et vous permettre de n’effectuer qu’un seul versement mensuel gérable, tout en bénéficiant d’un véritable accompagnement humain. Cette solution convient particulièrement aux Canadiens disposant d’un revenu stable, dont la dette est principalement liée à des cartes de crédit émises par des banques, et qui ont la discipline nécessaire pour clôturer leurs comptes et tenir bon pendant trois à cinq ans. Si votre endettement est trop important pour être remboursé dans ce délai, une proposition de consommateur ou un prêt de regroupement de dettes pourrait mieux vous convenir — et une consultation gratuite est le moyen le plus rapide de le savoir.

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Foire aux questions

Combien de temps dure un plan de gestion de la dette ?

La plupart des programmes de gestion de la dette (DMP) sont conçus pour s’achever dans un délai de trois à cinq ans (36 à 60 mois), en fonction du montant total de la dette prise en charge et de la mensualité que vous êtes en mesure de payer. Contrairement à une proposition de consommateur, il n’existe pas de durée maximale légale, mais les agences réputées s’efforcent de ne pas dépasser 60 mois, car les programmes plus longs présentent des taux d’abandon plus élevés. Votre conseiller calculera la durée du programme dès le début afin que vous connaissiez la date exacte de fin avant de signer quoi que ce soit.

Un plan de gestion de la dette (DMP) risque-t-il de nuire à ma cote de crédit ?

Oui, mais généralement moins qu’une proposition de consommateur ou une faillite. Les comptes inclus dans un programme de gestion de la dette (PGD) sont généralement signalés avec la mention R7 (règlement par le biais d’un programme de gestion de la dette) et restent inscrits sur votre dossier de crédit pendant environ deux ans après la fin du programme. La plupart des personnes voient leur score baisser dans un premier temps, puis remonter progressivement à mesure que les anciens défauts de paiement s’estompent et que les paiements effectués dans les délais dans le cadre du programme de gestion de la dette constituent un historique de paiement positif. Les répercussions négatives liées à des paiements manqués ou à un recouvrement sont généralement plus graves que celles d’un programme de gestion de la dette.

Puis-je conserver une carte de crédit en cas d’urgence pendant un plan de gestion de la dette (DMP) ?

Cela dépend parfois de l’organisme et de vos créanciers. Certains organismes exigent que tous les comptes inscrits soient clôturés et peuvent vous demander de vous débarrasser des cartes qui ne font pas partie du programme. D’autres vous permettent de conserver une carte à faible plafond pour les véritables urgences, à condition que vous n’ayez pas de solde impayé sur celle-ci. La meilleure solution consiste à constituer un petit fonds d’urgence en espèces parallèlement au programme, afin de ne plus avoir besoin du crédit du tout.

Que se passe-t-il si un créancier refuse de participer à mon plan de gestion de la dette ?

La participation est facultative ; tout créancier peut donc refuser d’y prendre part. La plupart des grandes banques canadiennes et des émetteurs de cartes de crédit coopèrent, mais les petites sociétés de crédit, les prêteurs sur salaire ou certains prêteurs privés peuvent refuser. Si tel est le cas, votre conseiller vous aidera généralement à mettre en place un plan de remboursement distinct avec ce créancier, en dehors du programme de gestion de la dette. Si le refus d’un créancier venait à compromettre l’équilibre financier de votre plan global, le conseiller pourrait vous proposer à la place une proposition de consommateur, qui, une fois acceptée, lie légalement tous les créanciers chirographaires.

Combien coûte un plan de gestion de la dette ?

Les organismes de conseil en crédit à but non lucratif facturent des frais administratifs modestes, généralement calculés selon un barème dégressif

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