Faillite non effacée au Canada : ce que cela signifie (2026)

Vous avez déposé une demande de mise en faillite pour prendre un nouveau départ, mais à un moment donné, la procédure s’est enlisée. Peut-être avez-vous manqué une séance de conseil. Peut-être avez-vous cessé d’effectuer vos versements sur vos revenus excédentaires. Peut-être ne savez-vous même pas exactement ce qui s’est passé, si ce n’est que, des années plus tard, les créanciers continuent de vous appeler et que votre dossier de crédit indique toujours « en faillite ». Si l’une de ces situations vous semble familière, vous êtes probablement un failli non libéré, et vous n’êtes pas seul.

Se retrouver dans une situation de faillite non libérée est frustrant, mais il est possible d’y remédier. Ce guide vous explique en détail ce que signifie réellement une faillite non libérée au Canada, comment elle affecte votre solvabilité et vos droits légaux, quelles obligations vous incombent encore, ainsi que les démarches concrètes à suivre pour obtenir une libération officielle — afin que vous puissiez enfin tourner la page et aller de l’avant.

Réponse rapide: La période de faillite non libérée correspond à la période qui suit le dépôt de votre demande de mise en faillite au Canada, mais qui précède la réception de votre certificat de libération. Tant que vous n’avez pas obtenu officiellement votre libération, vous restez légalement redevable de vos dettes, vos biens peuvent toujours faire l’objet d’une saisie par votre syndic autorisé en insolvabilité, et vous devez déclarer votre statut de failli lorsque vous empruntez 1 000 $ ou plus. La plupart des personnes qui font faillite pour la première fois sont admissibles à une libération automatique 9 à 21 mois après le dépôt de la demande, à condition qu’elles s’acquittent de leurs obligations.

Que signifie « faillite non effacée » au Canada ?

Au Canada, la faillite est une procédure judiciaire régie par la Loi fédérale sur la faillite et l’insolvabilité, gérée par un syndic d’insolvabilité agréé (SIA) et supervisée par le Bureau du surintendant des faillites (BSF). Lorsque vous déposez votre dossier, un « sursis aux poursuites » suspend immédiatement la plupart des mesures de recouvrement des créanciers : les saisies-arrêts cessent, les appels de recouvrement s’arrêtent et les procédures judiciaires sont suspendues.

Mais voici ce qui prend beaucoup de gens au dépourvu : le fait de se déclarer en faillite n’ efface pas vos dettes. Vous n’êtes libéré de l’obligation légale de rembourser ces dettes qu’une fois que le tribunal ou votre syndic vous a officiellement libéré de vos obligations. La période comprise entre le dépôt de la demande et la libération est ce qu’on appelle la « faillite non libérée ». Pendant cette période, vous restez techniquement redevable de ces sommes, vous avez toujours des obligations à remplir, et tout actif que vous acquérez (tel qu’un héritage ou un gain à la loterie) peut être réclamé par votre syndic au profit de vos créanciers.

Selon les directives officielles de l’OSB relatives à la libération, la plupart des personnes faisant faillite pour la première fois peuvent bénéficier d’une libération automatique 9 mois après le dépôt de la demande — ou 21 mois si elles disposent d’un excédent de revenus. Les personnes en faillite pour la deuxième fois doivent attendre 24 ou 36 mois. Si quelqu’un s’oppose à la libération (un créancier, votre syndic ou l’OSB), le dossier est renvoyé devant le tribunal et les délais s’allongent considérablement.

Les avantages dont vous pouvez bénéficier même si vous êtes encore en procédure de faillite

Suspension de la procédure

Les saisies sur salaire prennent fin, les mesures de recouvrement de l’administration fiscale (CRA) concernant les dettes éligibles sont suspendues, et les créanciers n’ont légalement pas le droit de vous contacter ni d’intenter une action en justice à votre encontre.

Une marge de manœuvre

Vos dépenses essentielles — courses, loyer, factures — sont protégées contre les créances de vos créanciers pendant toute la durée de la procédure.

Une voie claire à suivre

Si vous remplissez toutes vos obligations, cette procédure vous libère de la plupart de vos dettes non garanties, notamment celles liées aux cartes de crédit, aux prêts sur salaire et aux recouvrements.

Protection juridique

Votre LIT se charge de la communication avec les créanciers. Vous n’aurez plus à éviter les appels ni à ouvrir vous-même ces enveloppes qui font peur.

Les dures réalités de la situation des personnes dont la détention n’a pas pris fin

Vous restez légalement redevable de cette dette

Si vous n’obtenez jamais l’effacement de vos dettes, celles-ci reprendront de plus belle dès la levée du sursis. Les créanciers pourront reprendre leurs démarches de recouvrement des années plus tard.

Les emprunts sont limités

En vertu de l’article 199 de la loi sur la faillite et l’insolvabilité, le fait d’emprunter 1 000 dollars ou plus sans divulguer votre statut de failli constitue une infraction punissable par procédure sommaire, passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 dollars ou d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an.

Les actifs restent exposés à des risques

Les gains exceptionnels, les héritages, les remboursements d’impôts et les biens non exemptés peuvent être saisis par votre syndic jusqu’à la clôture de la procédure de faillite.

La notation de crédit reste affaiblie

Une note R9 (la pire note de crédit) figure sur vos rapports Equifax et TransUnion pendant au moins six ans après la levée de la procédure de redressement judiciaire — voire plus longtemps si celle-ci n’est jamais levée.

Limites relatives aux missions et aux autorisations d’exercice

Certaines professions réglementées (finance, droit, immobilier) ainsi que certains postes au sein de l’administration interdisent aux personnes ayant fait faillite et n’ayant pas obtenu la levée de leur interdiction d’exercer d’occuper certaines fonctions.

Poids émotionnel

Vivre dans une situation juridique incertaine pendant des années a de lourdes conséquences. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu’ils n’ont jamais été libérés de leurs dettes jusqu’à ce que leurs créanciers refassent surface.

Qui se retrouve généralement sans être libéré ?

  • Les personnes qui n’ont pas assisté à l’une ou aux deux séances de conseil financier obligatoires avec leur LIT
  • Les déclarants qui ont cessé de verser les sommes excédentaires lorsque leurs revenus ont augmenté au cours de la procédure de faillite
  • Toute personne qui n’a pas transmis ses relevés mensuels de revenus et de dépenses à son syndic
  • Les personnes en faillite qui ont contracté de nouvelles dettes ou dissimulé des actifs au cours de la procédure
  • Les personnes dont la mainlevée a été contestée par un créancier ou l’OSB et qui ne se sont jamais présentées à nouveau devant le tribunal
  • Les personnes qui ont perdu le contact avec leur tuteur après avoir déménagé ou changé de numéro de téléphone

Qui doit agir rapidement pour éviter cette situation ?

  • Toute personne actuellement en procédure de faillite qui n’a pas assisté à une séance d’accompagnement ou qui n’a pas effectué un paiement
  • Les déclarants dont les revenus ont récemment évolué et qui ne savent pas exactement comment cela affecte leur revenu excédentaire
  • Les personnes qui approchent de la date de libération automatique prévue au bout de 9 ou 21 mois et qui n’ont pas eu de nouvelles de leur syndic
  • Les personnes en faillite pour la deuxième fois (les règles sont plus strictes et le tribunal intervient presque toujours)
  • Toute personne dont le cabinet LIT a fermé ses portes, a fusionné ou a cessé de répondre

Un exemple concret de coût

Pour vous donner une idée concrète, voici une comparaison entre une première faillite type au Canada et le fait de rester en situation de faillite pendant des années. Imaginez Sarah, une résidente de l’Ontario qui a déposé le bilan avec 38 000 dollars de dettes non garanties.

Montant total de la dette non garantie au moment du dépôt de bilan
38 000 $
Versements mensuels au titre de la faillite (9 mois)
200 $
Coût total en cas de sortie dans les délais
1 800 $ + frais de syndic
Dette légalement effacée
38 000 $
Si elle manque à ses obligations et que sa situation n’est pas régularisée
La totalité de la somme de 38 000 dollars reste due
Atteinte à la solvabilité si la dette n’est jamais remboursée
R9 pour une durée indéterminée

Cette même procédure de faillite, qui permet d’effacer une dette de près de 38 000 dollars en échange de versements d’environ 1 800 dollars, peut se transformer en un problème qui s’étend sur une décennie si la libération de la dette n’intervient jamais. Pour une comparaison plus complète entre la faillite et les autres solutions possibles, consultez notre guide sur la faillite et la proposition de consommateur au Canada.

Comment obtenir votre libération : étape par étape

  1. Veuillez contacter votre syndic de faillite agréé

    Commencez par vous adresser au cabinet qui a déposé votre dossier de faillite. S’il a fermé ses portes ou si vous ne parvenez pas à le localiser, consultez les registres des faillites et des insolvabilités de l’OSB ou appelez l’OSB au 1-877-376-9902 pour savoir qui est désormais en charge de votre dossier.

  2. Obtenir la liste complète des cotisations impayées

    Demandez à votre LIT un récapitulatif écrit de toutes les obligations encore en suspens : séances d’accompagnement manquées, déclarations d’impôts non déposées, versements de revenus excédentaires ou rapports de revenus/dépenses manquants.

  3. Suivez les deux séances de conseil financier

    Ces démarches sont obligatoires en vertu de la loi BIA et portent sur l’établissement d’un budget, le rétablissement de votre solvabilité et l’identification des causes de votre insolvabilité. Elles peuvent généralement être effectuées à distance.

  4. Mettez-vous à jour concernant les excédents de recettes et les paiements

    Si vos revenus ont dépassé le seuil fixé par l’OSB pendant la procédure de faillite, vous devez en reverser une partie à la masse. Votre syndic calculera le montant exact ; il est parfois possible de mettre en place un plan de remboursement.

  5. Déposer les déclarations d’impôts en retard

    Il est nécessaire de déposer la déclaration de revenus de l’année de la faillite ainsi que toutes les déclarations antérieures manquantes. En règle générale, c’est votre syndic qui se charge des déclarations de revenus antérieures et postérieures au dépôt de bilan pour l’année de la faillite.

  6. Vous devrez vous présenter au tribunal si votre demande de mainlevée fait l’objet d’une opposition

    Si un créancier, votre syndic ou l’OSB s’oppose à la libération, une audience est fixée devant le tribunal des faillites. Le tribunal peut accorder une libération définitive, une libération conditionnelle (assortie de versements supplémentaires), ou bien suspendre ou refuser la libération.

  7. Recevez votre certificat de mainlevée

    Une fois les formalités accomplies et en l’absence de toute opposition, votre LIT délivre le certificat de mainlevée. Conservez-en plusieurs exemplaires : vous en aurez besoin pour demander un crédit, louer un logement ou corriger des erreurs figurant dans votre dossier de crédit.

  8. Mettez à jour vos dossiers auprès des agences de crédit et commencez à rétablir votre solvabilité

    Vérifiez qu’Equifax et TransUnion ont bien enregistré la date de radiation dans leurs fichiers. Commencez ensuite à rétablir votre solvabilité : une carte de crédit garantie, dont le solde est intégralement réglé chaque mois, constitue le point de départ le plus fiable. Pour bénéficier d’une aide structurée, consultez notre guide sur les services de rétablissement de solvabilité au Canada.

Conclusion : Une faillite non libérée n’est pas définitive, mais l’ignorer vous coûtera cher. Si vous avez déposé une demande de faillite au Canada et que vous n’avez jamais reçu votre certificat de libération, vous êtes toujours légalement en faillite, vos dettes subsistent et votre solvabilité ne peut pas se rétablir pleinement. Contactez votre syndic (ou l’OSB si votre syndic n’est plus en fonction), remplissez vos obligations en suspens et menez la procédure à son terme officiel. Le nouveau départ pour lequel vous avez déposé votre demande est toujours à votre portée ; il vous suffit simplement de faire un dernier effort.

Vous ne savez pas où vous en êtes ni si la faillite reste la bonne solution ? Une consultation gratuite et sans engagement peut vous aider à y voir plus clair sur les options qui s’offrent à vous, notamment les propositions de consommateur, le conseil en crédit et le regroupement de dettes.

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Foire aux questions

Combien de temps peut-on rester en situation de faillite non levée au Canada ?

Il n’existe pas de délai légal absolu : vous pouvez rester sous le régime de la faillite indéfiniment si vos obligations ne sont pas remplies. Cependant, les conséquences pratiques s’aggravent d’année en année : les créanciers peuvent relancer les procédures de recouvrement si la faillite est annulée, de nouveaux biens peuvent être saisis et votre cote de crédit ne peut pas s’améliorer. La plupart des personnes qui font faillite pour la première fois peuvent bénéficier d’une libération automatique au bout de 9 ou 21 mois ; si vous avez dépassé ce délai, il est donc probable qu’il vous reste des obligations à remplir.

Une personne en situation de faillite non libérée peut-elle obtenir un crédit ou un prêt au Canada ?

Techniquement oui, mais à des conditions strictes. En vertu de l’article 199 de la loi sur la faillite et l’insolvabilité, une personne en faillite dont la faillite n’a pas été levée doit signaler son statut de failli à tout prêteur avant d’emprunter 1 000 $ ou plus. Le non-respect de cette obligation constitue une infraction sommaire passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 dollars et d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an. La plupart des prêteurs traditionnels rejetteront d’emblée votre demande, bien que les cartes de crédit garanties et certains prêteurs spécialisés dans la reconstruction de votre solvabilité puissent être disposés à vous aider.

Que se passe-t-il si ma sortie fait l’objet d’une opposition ?

Si votre LIT, un créancier ou l’OSB s’oppose à votre libération, le dossier est transmis au tribunal des faillites. Le juge examine les motifs invoqués (par exemple, des revenus non déclarés, la non-divulgation d’actifs ou des dettes liées aux jeux d’argent) et peut accorder une libération définitive, une libération conditionnelle assortie de versements supplémentaires, une libération avec sursis ou, dans de rares cas, refuser purement et simplement la libération. La plupart des dossiers contestés aboutissent à une libération conditionnelle dès lors que le débiteur s’engage à respecter un plan de remboursement.

Puis-je déposer une proposition de consommateur alors que je suis en situation de faillite non libérée ?

Pas directement — l’article 49, paragraphe 1, de la loi sur la faillite (BIA) n’autorise qu’une « personne insolvable » à déposer une proposition, et une personne se trouvant déjà en situation de faillite, d’un point de vue technique,

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