Les agents de recouvrement peuvent-ils procéder à une saisie-arrêt sur votre salaire au Canada ? (2026)

Si une agence de recouvrement vous appelle, vous envoie des lettres de mise en demeure ou menace de « prélever la somme sur votre salaire », il est naturel d’avoir peur. La bonne nouvelle : au Canada, un agent de recouvrement ordinaire ne peut pas simplement se présenter chez votre employeur et commencer à prélever de l’argent. Il doit d’abord respecter certaines procédures légales — et le montant qu’il peut prélever est strictement limité. Ce guide vous explique comment fonctionne concrètement la saisie sur salaire au Canada en 2026, quelles sont les protections prévues par votre province et les mesures pratiques à prendre pour y mettre fin ou l’éviter.

Nous allons être francs et clairs. Pas de tactiques alarmistes, pas de jargon. Juste les règles, vos options et la marche à suivre si un créancier ou l’administration fiscale s’apprête à saisir votre salaire.

Réponse rapide: Au Canada, la plupart des agents de recouvrement ne peuvent pas procéder à une saisie-arrêt sur votre salaire sans avoir au préalable intenté une action en justice et obtenu un jugement. Une fois l’ordonnance de saisie-arrêt rendue, le montant maximal que votre employeur est tenu de retenir est fixé par votre province (généralement entre 20 et 30 % du salaire net). L’Agence du revenu du Canada (ARC), les banques (droit de compensation) et certaines ordonnances de pension alimentaire constituent des exceptions majeures et ne nécessitent pas d’ordonnance judiciaire.

Qu’est-ce que la saisie sur salaire au Canada ?

La saisie sur salaire est une procédure judiciaire par laquelle un tribunal ordonne à votre employeur de prélever une partie de votre salaire et de la verser directement à un créancier (ou au tribunal) afin de rembourser une dette. Il s’agit d’une forme d’exécution d’un jugement — ce qui signifie que, dans la plupart des cas, elle ne peut intervenir qu’après qu’un créancier vous a poursuivi en justice et qu’un juge a officiellement statué que vous lui devez de l’argent.

Selon la Loi sur les salaires de l’Ontario, par exemple, un créancier ordinaire ne peut saisir que 20 % du salaire net (les 80 % restants étant protégés), et cette limite est assez courante dans l’ensemble des provinces canadiennes. Chaque province dispose de sa propre loi fixant le plafond et les montants exonérés. Les règles d’application de l’Ontario accordent également aux juges le pouvoir discrétionnaire d’augmenter ou de réduire le montant de l’exonération en fonction des difficultés financières.

La grande exception est l’Agence du revenu du Canada (ARC). En cas de dettes fiscales, l’ARC n’ a pas besoin d’une décision de justice. Elle peut émettre une « injonction de paiement » (RTP) directement à l’intention de votre employeur ou de votre banque en vertu de la loi sur l’impôt sur le revenu. L’agence le confirme sur sa propre page consacrée à la saisie-arrêt de vos revenus et de vos comptes. Les banques peuvent également exercer un « droit de compensation » sur les fonds déposés sur un compte ouvert auprès du même établissement que celui où vous avez contracté un prêt ou détenez une carte de crédit.

Les bonnes et les mauvaises nouvelles concernant la saisie-arrêt

Cela peut paraître étrange de parler des « aspects positifs » d’une saisie sur salaire, mais cela permet d’avoir une vision globale de la situation. Le fait de connaître les protections dont vous disposez réellement peut vous aider à surmonter en partie la peur que suscite cette situation.

La majeure partie de votre salaire est protégée

En Ontario, au Nouveau-Brunswick et dans plusieurs autres provinces, un créancier ordinaire ne peut saisir que 20 % de votre salaire net. Les 80 % restants vous appartiennent légalement.

Vous devez d’abord en être informé

Avant que la saisie-arrêt ne soit mise en œuvre, vous recevez une requête, puis un jugement par défaut, et enfin un avis de saisie-arrêt. Vous disposez généralement d’un délai de 20 à 30 jours pour répondre au cours de la procédure judiciaire.

Vous pouvez demander une mesure de redressement à un juge

Si la saisie-arrêt vous cause un préjudice excessif, vous pouvez demander au tribunal d’augmenter le montant de votre exemption. Les juges disposent d’un pouvoir discrétionnaire pour ajuster ce montant.

Le dépôt d’une demande d’insolvabilité y met fin

Le jour où un syndic agréé dépose une proposition de consommateur ou une demande de mise en faillite, un sursis automatique met fin à la plupart des saisies-arrêts, y compris celles liées aux dettes fiscales auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC).

Votre employeur en sera informé

L’ordonnance de saisie-salaire est signifiée au service de la paie de votre employeur. Bien que, dans la plupart des provinces, les employeurs ne puissent légalement vous licencier en raison d’une seule saisie-salaire, cela peut s’avérer gênant.

Cela peut s’ajouter aux frais de recouvrement

Les frais de justice, les intérêts sur le montant du jugement et les frais d’exécution s’ajoutent généralement au montant que vous devez ; le solde total augmente donc souvent au cours de la procédure.

L’ARC applique des règles différentes

En ce qui concerne les dettes fiscales, l’ARC peut procéder à une saisie-arrêt sans décision de justice et n’est pas soumise aux mêmes plafonds provinciaux de 20 à 30 % qui s’appliquent aux créanciers ordinaires.

Les revenus des travailleurs indépendants sont fragiles

Si vous êtes entrepreneur ou travailleur indépendant, l’ARC peut émettre une injonction de paiement à l’encontre des entreprises qui vous emploient, ce qui peut gravement perturber votre activité.

Qui doit agir rapidement — et qui peut prendre le temps de souffler ?

Vous devez considérer cela comme urgent si :

  • Vous avez reçu une requête, une notification d’action en justice ou tout autre document judiciaire de la part d’un créancier ou d’une agence de recouvrement.
  • Vous avez reçu un avis de saisie-arrêt, un mandat de saisie-arrêt ou une « ordonnance de saisie-arrêt » adressée à votre employeur.
  • Vous avez une dette envers l’Agence des impôts du Canada (CRA) et celle-ci vous a envoyé une « demande de paiement » (RTP) ou une lettre d’avertissement vous informant qu’une telle demande allait vous être adressée.
  • Votre banque a gelé vos fonds ou votre salaire semble soudainement moins élevé : c’est souvent le premier signe pour de nombreux Canadiens.
  • Vous avez des arriérés de pension alimentaire (pour enfants ou pour conjoint) : les plafonds de saisie-arrêt sont plus élevés dans ce cas, pouvant souvent atteindre 50 %.
Vous aurez probablement plus de temps si :

  • La dette concerne uniquement une agence de recouvrement tierce qui n’a pas encore engagé de procédure judiciaire. Les négociations sont toujours en cours.
  • Vous recevez des appels et des courriers, mais aucun document judiciaire : les agents de recouvrement doivent d’abord intenter une action en justice pour procéder à une saisie-arrêt (à l’exception de la CRA mentionnée ci-dessus).
  • Dans la plupart des provinces, cette dette remonte à plus de deux ans et le créancier n’a pris aucune mesure — les délais de prescription provinciaux pourraient déjà être expirés. Veuillez vous renseigner auprès d’un avocat ou d’un syndic.
  • Vous faites déjà l’objet d’une proposition de consommateur ou d’une procédure de faillite : le sursis automatique vous protège.

Un exemple concret : une dette de 14 000 dollars sur une carte de crédit

Imaginons que Sarah vive en Ontario, qu’elle touche un salaire net de 3 200 $ par mois après impôts et cotisations au Régime de pensions du Canada (RPC), et qu’elle ait une dette Visa impayée de 14 000 $ qui fait l’objet d’une procédure de recouvrement depuis huit mois. L’émetteur de la carte de crédit la poursuit en justice, obtient un jugement par défaut car elle n’a pas répondu, puis obtient une ordonnance de saisie-arrêt.

Revenu mensuel net3 200 $
Plafond de saisie-arrêt en Ontario (20 %)640 $ par mois
Salaire net après déduction du loyer, des dépenses alimentaires, etc.2 560 $ par mois
Délai de remboursement de 14 000 $ (plus les intérêts et les frais de justice)environ 22 mois et plus
Autre solution : proposition de règlement à l’amiable prévoyant le remboursement d’environ 30 % de la detteenviron 70 $ par mois pendant 60 mois

La saisie-salaire coûte à Sarah 640 $ par mois depuis près de deux ans. Une proposition de consommateur — déposée avant le début de la saisie-arrêt — permettrait de régler légalement cette même dette pour un montant total d’environ 4 200 $, soit environ 70 $ par mois, tout en mettant immédiatement fin à toute saisie-arrêt. C’est ce calcul qui surprend la plupart des gens : l’option consistant à « ne rien faire » est généralement la plus coûteuse.

Étape par étape : comment mettre fin à une saisie sur salaire ou l’éviter

Si vous avez reçu une assignation — ou si vous pensez qu’une action en justice est imminente —, voici la marche à suivre qui vous offre le plus de possibilités.

  1. Veuillez ouvrir chaque lettre et répondre à la procédure judiciaire. La principale raison pour laquelle les Canadiens se retrouvent soumis à une saisie-arrêt est qu’ils ignorent la requête. Dès lors que le tribunal rend un jugement par défaut à votre encontre, vos options se réduisent considérablement. Vous disposez généralement de 20 à 30 jours pour déposer une défense.
  2. Vérifiez bien que cette dette est bel et bien la vôtre. Demandez une confirmation écrite. Les agences de recouvrement rachètent souvent d’anciennes créances pour une fraction de leur valeur, et il arrive parfois que les documents justificatifs ne tiennent pas la route. Si le délai de prescription est dépassé dans votre province, la créance pourrait ne plus être exécutoire.
  3. Essayez de négocier un règlement forfaitaire. De nombreux créanciers accepteront de ne récupérer que 30 à 60 centimes par dollar afin de clore le dossier plutôt que de dépenser davantage en frais de justice. Des services professionnels de négociation de dettes peuvent s’en charger pour vous, mais vous pouvez également le faire vous-même par écrit.
  4. Mettez en place un plan de paiement avec l’Agence des impôts avant qu’elle ne procède à une saisie-arrêt. Si la dette est d’ordre fiscal, contactez l’ARC avant l’envoi de l’avis de paiement. L’administration est souvent disposée à mettre en place des modalités de paiement mensuel adaptées à votre situation en matière de dette fiscale, ce qui permet d’éviter complètement les mesures de recouvrement coercitives.
  5. Envisagez de suivre un programme de gestion de la dette dans le cadre d’un accompagnement en matière de crédit. Un conseiller en crédit à but non lucratif peut regrouper vos dettes non garanties en un seul versement mensuel, avec des intérêts réduits ou supprimés. Consultez notre présentation générale du conseil en crédit au Canada pour savoir à quoi vous attendre.
  6. Envisagez le regroupement de dettes si votre solvabilité le permet encore. Un prêt de regroupement de dettes ou un transfert de solde permet de regrouper plusieurs dettes en un seul versement à taux d’intérêt réduit. Découvrez les avantages concrets du regroupement de dettes afin de déterminer s’il convient à votre situation.
  7. Ne déposez une proposition de consommateur ou ne vous déclarez en faillite qu’en dernier recours. Ces deux procédures mettent légalement fin à la saisie-arrêt sur salaire dès leur dépôt, grâce au sursis automatique aux poursuites. Un syndic agréé en insolvabilité (SAI) est le seul professionnel au Canada habilité à gérer l’une ou l’autre de ces procédures. Comparez ces deux options dans notre guide comparatif entre la faillite et la proposition de consommateur au Canada.

Une autre règle qui prend souvent les gens au dépourvu : certaines prestations fédérales — notamment la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti, la Prestation canadienne pour enfants et le crédit pour la TPS/TVH — sont généralement protégées contre la saisie par les créanciers en vertu de leur propre législation. Elles peuvent tout de même faire l’objet d’une saisie par l’ARC en cas de dettes fiscales, mais une société émettrice de cartes Visa ne peut pas y avoir accès.

En résumé

En résumé : la saisie sur salaire au Canada est bien réelle, mais elle est également lente, soumise à des plafonds et peut presque toujours être évitée si vous réagissez dès les premiers signes avant-coureurs. La plupart des créanciers ordinaires doivent vous poursuivre en justice, obtenir un jugement, puis demander au tribunal une ordonnance de saisie-salaire — et le montant maximal qu’ils peuvent prélever est fixé par la loi provinciale sur les salaires (généralement 20 à 30 % du salaire net). La solution la moins coûteuse n’est presque jamais celle qui consiste à rester silencieux. Ouvrez les lettres, examinez les chiffres et choisissez une véritable solution avant que votre prochain salaire n’en fasse les frais.

Vous êtes inquiet à l’idée de recevoir un avis de saisie-arrêt ou de faire l’objet d’une action en justice ? Un appel gratuit et sans engagement vous permettra de déterminer quelle solution correspond réellement à votre situation financière.

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Foire aux questions

Un agent de recouvrement peut-il procéder à une saisie-arrêt sur mon salaire au Canada sans passer par le tribunal ?

Pour la plupart des dettes courantes — cartes de crédit, prêts personnels, lignes de crédit, prêts sur salaire —, non. L’agence de recouvrement ou le créancier initial doit d’abord intenter une action en justice, obtenir un jugement, puis demander au tribunal une ordonnance de saisie-arrêt. Les principales exceptions concernent l’Agence du revenu du Canada (qui peut émettre une « exigence de paiement » sans décision de justice), les banques exerçant leur droit de compensation sur des comptes détenus auprès de la même institution, les arriérés de pensions alimentaires recouvrés par les organismes provinciaux, ainsi que les prêts étudiants accordés dans le cadre du Programme canadien de prêts aux étudiants après un certain délai de retard de paiement.

Quelle part de mon salaire peut-elle faire l’objet d’une saisie-arrêt au Canada ?

Cela dépend de votre province. En Ontario et au Nouveau-Brunswick, les créanciers ordinaires ne peuvent prélever que 20 % du salaire net. Au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et dans quelques autres provinces, le plafond est d’environ 30 % du salaire brut ou net, avec parfois des montants minimaux exonérés en fonction du nombre de personnes à charge. L’Alberta protège les premiers 800 $ par mois (un montant plus élevé en cas de personnes à charge), et la Saskatchewan protège environ les premiers 1 500 $ par mois. Le Québec applique un barème dégressif lié à une exemption minimale en fonction de la situation familiale. Les ordonnances de pension alimentaire autorisent généralement jusqu’à 50 %, et l’ARC n’est pas soumise aux mêmes plafonds provinciaux.

Mon employeur peut-il me licencier en raison d’une saisie sur salaire ?

Dans la plupart des provinces canadiennes, un employeur n’a pas le droit de vous licencier au seul motif que vous faites l’objet d’une seule saisie sur salaire. La législation sur les normes d’emploi de plusieurs provinces interdit expressément ce type de représailles. Les saisies-arrêts multiples et simultanées ne bénéficient pas nécessairement de la même protection dans toutes les provinces, et les fonctionnaires fédéraux sont soumis à des règles distinctes. Si vous craignez pour votre emploi, consultez un syndic autorisé en insolvabilité ou un avocat spécialisé en droit du travail au sujet de votre province avant que la saisie-arrêt ne prenne effet.

Une proposition de consommateur ou une faillite permet-elle réellement de mettre fin à une saisie sur salaire ?

Oui. En vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, dès le dépôt d’une proposition de consommateur ou d’une cession de biens en cas de faillite, un « sursis automatique » prend effet. Ce sursis oblige légalement les créanciers — y compris l’ARC — à suspendre toute mesure de recouvrement, y compris les saisies-arrêts sur salaire. Votre syndic autorisé en insolvabilité en informera votre employeur et le créancier, et la saisie-arrêt devra cesser. Il s’agit de l’un des outils les plus puissants du droit canadien en matière d’endettement, mais il comporte des conséquences à long terme; c’est donc généralement pas la première option à envisager.

Quels types de revenus sont protégés contre la saisie-arrêt au Canada ?

Plusieurs prestations fédérales sont généralement à l’abri de la saisie-arrêt par les créanciers ordinaires : la Sécurité de la vieillesse (SV), le Supplément de revenu garanti (SRG), la Prestation canadienne pour enfants (PCE), le crédit pour la TPS/TVH, les prestations d’assurance-emploi (à l’exception des trop-perçus d’assurance-emploi), la plupart des prestations provinciales d’aide sociale et d’invalidité, ainsi que de nombreuses prestations versées aux anciens combattants. Le Régime de pensions du Canada (RPC) est également généralement protégé contre la saisie-arrêt par les créanciers provinciaux, bien qu’il puisse faire l’objet d’une saisie par l’Agence du revenu du Canada (ARC) en cas de dettes fiscales. Vérifiez toujours auprès d’un syndic autorisé en insolvabilité ou des services d’aide juridique de votre province, car les règles varient selon la province et le type de dette faisant l’objet du recouvrement.

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