Quels biens pouvez-vous conserver en cas de faillite en Ontario ? (2026)

Les biens que vous pouvez conserver en cas de faillite en Ontario

Déposer le bilan en Ontario peut être angoissant, surtout lorsque vous ne savez pas ce qu’il adviendra de votre logement, de votre voiture ou des biens dont votre famille dépend au quotidien. La bonne nouvelle, c’est que la faillite ne signifie pas nécessairement que vous perdrez tout. La législation ontarienne protège toute une série de biens essentiels afin que vous puissiez continuer à vivre, à travailler et à reconstruire votre vie.

Dans les lignes qui suivent, nous vous expliquerons précisément quels biens sont protégés en cas de faillite en Ontario, quels sont les plafonds d’exemption actuellement en vigueur et quelles solutions s’offrent à vous si vous souhaitez conserver certains de vos biens. Si vous vous sentez submergé par vos dettes et que vous ne savez pas vers qui vous tourner, ce guide vous apportera les éclaircissements dont vous avez besoin pour prendre une décision éclairée.

Réponse rapide
: Les exemptions en matière de faillite en Ontario protègent vos vêtements, votre mobilier (jusqu’à 17 091 $), vos outils de travail (jusqu’à 17 362 $), un véhicule (jusqu’à 8 578 $), la valeur nette de votre logement (jusqu’à 10 783 $), ainsi que la plupart de vos épargnes dans un REER. Vous ne perdez pas tout — et une proposition de consommateur vous permet de conserver tous vos biens tout en réduisant votre endettement.

Que sont les exemptions en matière de faillite ?

Les exemptions en matière de faillite sont des protections juridiques qui vous permettent de conserver certains biens lorsque vous déposez une demande de mise en faillite. Au Canada, la faillite est régie par la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI) fédérale, mais les exemptions spécifiques — ce que vous êtes autorisé à conserver et dans quelle mesure — sont définies par la législation provinciale. En Ontario, ces limites sont définies par la Loi sur l’exécution des jugements de l’Ontario.

L’objectif de ces exemptions est simple : même si la procédure de faillite vise à vous aider à régler vos dettes, la loi reconnaît que vous avez toujours besoin de l’essentiel pour vivre et gagner votre vie. C’est pourquoi certains biens, tels que les vêtements, les articles ménagers et les outils de travail, sont protégés à hauteur de certains montants en dollars.

Tout ce qui ne relève pas de ces exemptions — ou qui dépasse les plafonds fixés en dollars — est intégré à votre « masse de la faillite ». Votre syndic agréé en insolvabilité (LIT) peut vendre ces biens non exemptés, ou vous pouvez choisir de « racheter » la partie dépassant le plafond d’exemption si vous souhaitez les conserver.

Aperçu des exemptions en matière de faillite en Ontario

Voici les plafonds d’exemption actuellement fixés par la loi ontarienne sur l’exécution des jugements (Execution Act). Ces montants sont calculés sur la base de la valeur de revente de vos biens, en l’état :

Type d’actifSeuil d’exonération
Vêtements (pour vous et les personnes à votre charge)Sans limite
Mobilier et appareils électroménagersJusqu’à 17 091 $
Les outils du métierJusqu’à 17 362 $
Un véhicule à moteurJusqu’à 8 578 $
Valeur nette de la résidence principaleJusqu’à 10 783 $
REER, FERR et RPDBEntièrement exonérés
Aides à la santéSans limite

Les REER sont entièrement exonérés, à l’exception des cotisations versées au cours des 12 mois précédant la déclaration. Les CELI, les REEE et les placements non enregistrés ne sont pas protégés.

Ces montants d’exemption font l’objet d’une révision périodique et sont susceptibles d’évoluer ; il est donc important de vérifier les limites en vigueur auprès d’un syndic de faillite agréé avant de prendre toute décision.

Avantages et inconvénients de la faillite en Ontario

Soulagement immédiat de la plupart des dettes non garanties. Dès le dépôt de votre demande, les appels de recouvrement, les saisies sur salaire et la plupart des actions en justice à votre encontre cessent immédiatement grâce à un sursis automatique aux poursuites.
Vous conservez vos biens essentiels: les exemptions prévues par l’Ontario protègent vos vêtements, vos biens ménagers, un véhicule, vos outils de travail et la majeure partie de votre épargne-retraite — tout ce dont vous avez besoin pour continuer à vivre.
Un nouveau départ en seulement 9 mois Une première faillite sans revenu excédentaire peut faire l’objet d’une libération en seulement 9 mois, ce qui vous permet de repartir sur de nouvelles bases financières.
Les seuils de revenu excédentaire sont raisonnables. Vous conservez votre salaire et ne payez un supplément que si le revenu de votre foyer dépasse un seuil fixé par l’État.
Les biens non exemptés peuvent faire l’objet d’une cession. Si vous possédez des biens dont la valeur dépasse les plafonds d’exemption — comme un deuxième véhicule ou une valeur nette immobilière importante —, ceux-ci pourront être vendus ou vous devrez payer la différence.
L’impact sur votre dossier de crédit dure entre 6 et 7 ans. Une première faillite figure sur votre dossier de crédit pendant 6 ans après la levée de la faillite (7 ans chez Equifax), ce qui peut affecter votre capacité à obtenir un crédit.
Les CELI et les REEE ne sont pas protégés. Contrairement aux REER, votre compte d’épargne libre d’impôt et vos régimes enregistrés d’épargne-études peuvent faire l’objet d’une saisie par le syndic.
Les remboursements d’impôts sont versés au syndic. Tout remboursement d’impôt correspondant à l’année pour laquelle vous déposez votre déclaration — ainsi que les remboursements en suspens des années précédentes — est généralement intégré à la succession.

Qui devrait envisager la faillite — et qui ne devrait pas ?

La faillite peut être une solution adaptée si :

  • Vous avez principalement des dettes non garanties (cartes de crédit, prêts personnels, prêts sur salaire) que vous ne pouvez véritablement pas rembourser
  • Ne possédez que peu ou pas d’actifs dépassant les seuils d’exemption de l’Ontario
  • Vous faites face à des procédures de recouvrement en cours, à des poursuites judiciaires ou à des saisies sur salaire qui rendent votre vie quotidienne ingérable
  • Vous disposez d’un revenu modeste et souhaitez trouver le moyen le plus rapide possible de prendre un nouveau départ
  • J’ai déjà essayé de mettre en place un budget et de suivre une consultation en matière de crédit, mais sans succès
Vous pourriez envisager d’autres solutions si :

  • Être propriétaire d’un logement dont la valeur nette est nettement supérieure à l’exonération de 10 783 dollars
  • Vous disposez d’actifs tels qu’un CELI, un REEE ou des biens immobiliers de grande valeur que vous souhaitez protéger
  • Percevez un revenu élevé susceptible de donner lieu à d’importants versements au titre de l’excédent de revenu
  • Vous souhaitez préserver au mieux votre cote de crédit ?
  • Vous avez les moyens de rembourser une partie de votre dette dans le cadre d’un plan de désendettement structuré

Exemple financier : comment fonctionnent les exemptions en matière de faillite en Ontario

Imaginons que vous soyez une personne seule résidant en Ontario et que vous ayez 45 000 $ de dettes liées à des cartes de crédit et à des prêts personnels. Voici comment les exemptions pourraient s’appliquer :

Vos actifsValeur
Mobilier de maison12 000 $
Voiture (Honda Civic 2018)7 500 $
REER (aucune cotisation au cours des 12 derniers mois)15 000 $
CELI3 500 $
Logement (en location, sans apport personnel)0 $
Valeur totale des actifs38 000 $
Analyse des exonérationsStatut
Mobilier (12 000 $ — dans la limite de 17 091 $)Protégé
Voiture (7 500 $ — inférieure au plafond de 8 578 $)Protégé
REER (15 000 $ — aucune cotisation récente)Protégé
CEI ($3 500 — non exonéré)Racheté
Résultat : 45 000 $ de dettes effacées — seulement 3 500 $ retirés du CELI

Dans cet exemple, vous conserveriez la quasi-totalité de vos biens et vous vous débarrasseriez de 45 000 $ de dettes non garanties. La seule perte serait le CELI de 3 500 $. C’est là toute la force du système d’exonération de l’Ontario.

Étape par étape : la procédure de faillite en Ontario

  1. Prenez rendez-vous pour une consultation gratuite avec un syndic de faillite agréé. Il s’agit du seul professionnel légalement habilité à engager une procédure de faillite au Canada. Il examinera votre situation financière, vous expliquera les options qui s’offrent à vous et vous aidera à déterminer si la faillite est la solution qui vous convient. Ce premier entretien est gratuit.
  2. Réalisez une évaluation financière. Votre conseiller en insolvabilité examinera l’ensemble de vos actifs, de vos dettes, de vos revenus et de vos dépenses. Il déterminera quels actifs sont exemptés en vertu de la législation ontarienne et vous expliquera ce qu’il adviendra du reste.
  3. Déposez le dossier de faillite. Votre syndic prépare et dépose les documents officiels auprès du Bureau du surintendant des faillites. Dès l’enregistrement du dossier, un sursis automatique prend effet, mettant fin aux recouvrements, aux saisies-arrêts et à la plupart des procédures judiciaires.
  4. Assistez à deux séances de conseil en matière de crédit. Ces séances obligatoires vous aident à acquérir des compétences en matière de gestion budgétaire et à comprendre comment gérer votre argent à l’avenir. Elles se déroulent généralement dans les locaux de votre administrateur ou en ligne.
  5. Veuillez transmettre les rapports mensuels sur les revenus. Chaque mois, pendant la durée de votre procédure de faillite, vous devrez déclarer vos revenus et vos dépenses à votre syndic. Si vos revenus dépassent le seuil de revenu excédentaire fixé par l’État, vous devrez peut-être effectuer des versements supplémentaires.
  6. Veuillez signer votre acte de sortie. En cas de première faillite sans revenu excédentaire, la libération intervient au bout de 9 mois. En présence d’un revenu excédentaire, ce délai est porté à 21 mois. Une fois la libération obtenue, vos dettes éligibles sont effacées et vous pouvez commencer à rétablir votre solvabilité.

Et chez vous, alors ?

C’est la question qui préoccupe le plus les propriétaires. En vertu de la Loi sur l’exécution des jugements de l’Ontario, votre résidence principale est à l’abri de toute saisie si la valeur nette de votre logement ne dépasse pas 10 783 $. La valeur nette correspond à la différence entre la valeur marchande actuelle de votre logement et le solde restant dû de votre prêt immobilier.

Si la valeur nette de votre logement est supérieure à ce montant, cela ne signifie pas nécessairement que vous perdrez votre logement. Vous pourriez avoir la possibilité de « racheter » la valeur nette non exemptée — ce qui revient essentiellement à verser la différence à votre masse de la faillite au fil du temps. Par ailleurs, une proposition de consommateur vous permet de protéger entièrement votre logement tout en réduisant vos dettes non garanties. Si vous êtes propriétaire et que vous envisagez de déclarer faillite, c’est l’un des points les plus importants à aborder avec votre syndic.

Si vous avez des arriérés de paiement sur votre prêt immobilier, votre prêteur peut tout de même engager une procédure de saisie, même en cas de faillite. La faillite ne concerne que les dettes non garanties ; elle n’efface pas votre obligation de remboursement de votre prêt immobilier.

Et votre voiture, alors ?

L’Ontario vous autorise à conserver un véhicule à moteur dont la valeur ne dépasse pas 8 578 $, sur la base de sa valeur de revente actuelle. Si votre voiture vaut moins que ce montant — ce qui est le cas de nombreux véhicules d’occasion —, vous pouvez la conserver sans autre formalité.

Si la valeur de votre véhicule est supérieure à ce montant, vous devrez verser à votre syndic la somme excédant le montant de l’exonération, ou céder le véhicule. Pour les véhicules en leasing ou financés, le calcul est différent : le solde du prêt est déduit de la valeur du véhicule afin de déterminer la valeur nette. Si vous êtes à jour dans vos paiements, vous pouvez généralement poursuivre votre contrat de leasing ou votre prêt.

REER, retraites et placements

En Ontario, la plupart des épargnes-retraite enregistrées sont protégées en cas de faillite. Cela inclut les REER, les FERR, les régimes de participation différée aux bénéfices (RPDB) et les pensions d’entreprise. Seule exception : les cotisations versées à un REER au cours des 12 mois précédant le dépôt de la demande de mise en faillite ne sont pas protégées. Cette règle vise à empêcher les personnes de transférer des fonds vers un REER juste avant le dépôt de la demande afin de les soustraire à leurs créanciers.

Cependant, toutes les épargnes ne sont pas traitées de la même manière. Les CELI, les REEE et les comptes d’investissement non enregistrés ne sont pas exemptés et peuvent faire l’objet d’une saisie par votre syndic. Si vous disposez d’une épargne importante sur ces comptes, une proposition de consommateur ou une autre solution d’allègement de la dette pourrait constituer une meilleure option pour protéger ces fonds.

Alternatives à la faillite

La faillite n’est pas la seule voie vers l’allègement de la dette — et pour de nombreux Ontariens, ce n’est peut-être pas la meilleure solution. Si vos actifs dépassent les seuils d’exemption, une proposition de consommateur constitue souvent le choix le plus judicieux. Dans le cadre d’une proposition de consommateur, vous négociez le remboursement d’une partie de votre dette totale (souvent bien inférieure au montant total) et vous conservez l’ensemble de vos biens : votre logement, votre voiture, votre CELI, tout.

Parmi les autres options qui méritent d’être envisagées, citons les plans de gestion de la dette, les prêts de regroupement de dettes et les négociations informelles avec les créanciers. Le choix qui vous convient dépend du montant total de votre endettement, de vos revenus et des actifs que vous devez protéger. Un syndic de faillite agréé peut vous présenter toutes les options qui s’offrent à vous lors d’une consultation gratuite ; la loi l’oblige en effet à vous expliquer toutes les alternatives avant que vous ne déposiez une demande.

Conclusion
Une faillite en Ontario ne signifie pas que vous perdrez tout. Le système d’exemptions de la province protège vos vêtements, vos biens ménagers, un véhicule, vos outils de travail et la majeure partie de votre épargne-retraite. Si vos biens ne dépassent pas les limites fixées, la faillite peut effacer vos dettes non garanties et vous offrir un véritable nouveau départ — souvent en seulement 9 mois. Si vous disposez d’actifs importants à protéger, une proposition de consommateur pourrait constituer la meilleure solution. Dans tous les cas, la première étape consiste à bénéficier d’une consultation gratuite et confidentielle avec un syndic de faillite agréé.

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Vais-je perdre mes meubles et mes appareils électroménagers si je fais faillite en Ontario ?

Dans la plupart des cas, non. Les exemptions en matière de faillite en Ontario protègent votre mobilier et vos appareils électroménagers jusqu’à une valeur totale de 17 091 $, calculée sur la base de leur valeur de revente actuelle (et non du prix que vous les avez payés). La valeur des meubles et appareils électroménagers d’occasion de la plupart des gens est bien inférieure à cette limite ; vous pourriez donc tout conserver. Ce n’est que si vous possédez des biens d’une valeur particulièrement élevée, qui feraient dépasser le montant total de la limite, qu’un syndic pourrait envisager de les vendre ou vous demander de payer la différence.

Qu’advient-il de mon remboursement d’impôt en cas de faillite ?

Lorsque vous déposez une demande de mise en faillite, tout remboursement d’impôt dû pour l’année au cours de laquelle vous déposez votre demande — ainsi que tout remboursement en suspens des années précédentes — est généralement versé à votre syndic agréé et est intégré à la masse de la faillite. Toutefois, vous continuez à percevoir votre Prestation canadienne pour enfants (PCE) et vos crédits pour la TPS/TVH, car ceux-ci ne sont pas considérés comme des remboursements d’impôt. Votre syndic déposera deux déclarations de revenus pour l’année au cours de laquelle vous vous déclarez en faillite : l’une pour la période antérieure à la faillite et l’autre pour la période postérieure à la faillite.

Puis-je conserver mon REER si je dépose le bilan en Ontario ?

Oui, dans l’ensemble. Les REER, les FERR et les régimes de participation différée aux bénéfices sont protégés par la législation fédérale en matière de faillite, à une exception près : les cotisations versées au cours des 12 mois précédant votre faillite ne sont pas exemptées. Cela signifie que si vous avez versé 5 000 $ dans votre REER huit mois avant le dépôt de votre dossier de faillite, ces 5 000 $ pourraient être réclamés par le syndic. Les cotisations versées plus d’un an avant le dépôt du dossier sont entièrement protégées. Il convient de noter que les CELI et les REEE ne bénéficient pas de cette protection et peuvent faire l’objet d’une saisie.

Combien de temps une faillite reste-t-elle inscrite dans mon dossier de crédit en Ontario ?

Une première faillite figure sur votre dossier de crédit pendant 6 ans à compter de la date de libération chez TransUnion, et 7 ans chez Equifax. Une deuxième faillite reste inscrite pendant 14 ans. Pendant cette période, votre score de crédit sera fortement affecté, ce qui rendra plus difficile (mais pas impossible) l’obtention d’un nouveau crédit. De nombreuses personnes commencent à rétablir leur solvabilité peu après la libération en utilisant une carte de crédit garantie et en effectuant des paiements réguliers et ponctuels. Dans les deux à trois ans suivant la libération, bon nombre d’entre elles peuvent obtenir un prêt immobilier ou un crédit automobile.

Une proposition de consommateur est-elle préférable à la faillite si je souhaite conserver mes biens ?

Dans de nombreux cas, oui. Le principal avantage d’une proposition de consommateur par rapport à la faillite est que vous conservez tous vos biens : la valeur nette de votre logement, vos véhicules, vos CELI, vos REEE et tout le reste. Vous négociez un accord pour rembourser une partie de votre dette non garantie (souvent entre 30 et 50 % de ce que vous devez), généralement sur une période pouvant aller jusqu’à cinq ans, sans intérêts. Une proposition de consommateur a également un impact plus court sur votre dossier de crédit : elle est supprimée trois ans après son achèvement, ou six ans après son dépôt, selon la première de ces deux échéances. En contrepartie, vous payez davantage que ce que vous auriez pu payer en cas de faillite, mais vous conservez ce que vous avez construit.

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