Saisie-arrêt sur salaire en Ontario, au Canada : règles et limites pour 2026

Si un créancier a menacé de procéder à une saisie-arrêt sur votre salaire — ou si votre dernier bulletin de paie s’est avéré moins élevé que prévu —, vous n’êtes pas seul(e) et vous disposez encore de solutions. En Ontario, la saisie-arrêt sur salaire est un moyen légal et concret pour les créanciers de recouvrer une dette, mais c’est également l’un des aspects les plus réglementés du processus de recouvrement. Il existe des limites strictes quant au montant pouvant être saisi, des règles claires concernant les personnes habilitées à procéder à la saisie, ainsi que plusieurs moyens concrets de mettre fin à une saisie-arrêt ou d’en réduire le montant une fois qu’elle a commencé.

Ce guide de 2026 vous explique le fonctionnement de la saisie sur salaire en Ontario, les montants maximaux qu’un créancier peut prélever, les revenus entièrement protégés, ainsi que les mesures concrètes que vous pouvez prendre si vous faites déjà l’objet d’une saisie sur salaire. L’objectif est simple : vous aider à comprendre ce qu’il advient réellement de votre salaire et ce que vous pouvez faire pour y remédier.

Réponse rapide : En Ontario, les créanciers ordinaires peuvent saisir jusqu’à 20 % de votre salaire net à la suite d’un jugement rendu par un tribunal ; l’Agence du revenu du Canada peut prélever jusqu’à 50 % sans passer par la voie judiciaire ; et le Bureau des obligations familiales peut percevoir jusqu’à 50 % au titre d’une pension alimentaire pour enfants ou pour conjoint. Vous pouvez mettre fin à une saisie-arrêt en remboursant la dette, en négociant avec le créancier, en déposant une proposition de consommateur ou en déclarant faillite.

Qu’est-ce que la saisie sur salaire en Ontario ?

La saisie sur salaire est une procédure judiciaire par laquelle un créancier perçoit une partie de votre salaire directement auprès de votre employeur afin de rembourser une dette. En Ontario, les règles sont définies dans la loi provinciale intitulée « Wages Act » (loi sur les salaires), tandis que des règles fédérales distinctes s’appliquent aux dettes fiscales et aux pensions alimentaires. Pour la plupart des dettes de consommation — cartes de crédit, prêts personnels, lignes de crédit, prêts sur salaire ayant fait l’objet d’une procédure judiciaire —, un créancier doit d’abord vous poursuivre en justice, obtenir un jugement, puis demander au tribunal une ordonnance de saisie-arrêt avant que votre employeur ne puisse retenir une quelconque somme.

Une fois l’ordonnance de saisie-arrêt signifiée, votre employeur est légalement tenu de s’y conformer. Il doit prélever la part spécifiée de votre salaire net et la verser au tribunal, qui la transmet ensuite au créancier. Votre employeur ne peut pas vous licencier au motif que vous faites l’objet d’une saisie-arrêt — cette protection est prévue par la législation ontarienne sur les normes d’emploi — mais il ne peut pas non plus ignorer l’ordonnance, même si vous le lui demandez.

Il existe deux exceptions importantes. L’Agence du revenu du Canada peut adresser une « injonction de paiement » directement à votre employeur pour des impôts impayés sans jamais passer par la voie judiciaire, et le Bureau des obligations familiales (FRO) peut faire exécuter les ordonnances de pension alimentaire de la même manière. Il s’agit des deux outils de saisie-salaire les plus puissants au Canada, et leur mise en œuvre est rapide.

Les avantages d’une prise de conscience précoce de la saisie-arrêt

Vous avez encore le temps d’agir

La plupart des saisies-arrêts font suite à une action en justice. Si vous répondez dès réception d’une requête — au lieu de l’ignorer —, vous pouvez souvent négocier un échéancier de paiement ou un accord à l’amiable avant qu’un jugement ne soit rendu.

Les limites sont là pour vous protéger

La législation de l’Ontario plafonne la plupart des saisies-arrêts à 20 % du salaire net, ce qui laisse 80 % de votre salaire intact. Ce plafond a été mis en place pour que les débiteurs puissent continuer à payer leur loyer, faire leurs courses et continuer à travailler.

Faillite et propositions : mettez-y un terme

Le dépôt d’une proposition de consommateur ou d’une demande de mise en faillite entraîne un sursis automatique aux poursuites qui suspend légalement la plupart des saisies sur salaire — généralement en quelques jours, et non en quelques mois.

Certains revenus ne sont pas pris en compte

Les prestations sociales, le revenu de sécurité de base (GIS), la pension de vieillesse (OAS), la pension d’invalidité du Régime de pensions du Canada (CPP) et la plupart des revenus de retraite ne peuvent pas faire l’objet d’une saisie-arrêt par des créanciers ordinaires. Connaître les revenus protégés vous permet d’avoir une vision plus claire de votre situation réelle en matière de risques.

Inconvénients et coûts réels de la saisie sur salaire

Votre employeur l’apprend

L’ordonnance de saisie-arrêt est transmise directement à votre service de paie. Même s’ils ne peuvent pas vous licencier, la situation est vraiment gênante — et cela peut avoir des répercussions sur vos futures références, vos promotions ou la confiance qui vous est accordée au travail.

Cela peut durer des années

Une saisie-arrêt se poursuit jusqu’à ce que la totalité de la dette — majorée des intérêts, des frais de justice et des honoraires du huissier — soit acquittée. Pour une dette de 15 000 dollars, à raison de 20 % d’un salaire de 3 000 dollars, cela représente au minimum 25 mois de saisie-arrêt.

L’administration fiscale et le FRO prélèvent bien plus

L’administration fiscale (CRA) peut prélever jusqu’à 50 % des revenus professionnels (et 100 % des revenus provenant d’une activité indépendante ou d’un contrat), tandis que l’Office de recouvrement des pensions alimentaires (FRO) peut prélever 50 % pour les arriérés de pension alimentaire. Ces deux créanciers se montrent bien plus intransigeants que les créanciers ordinaires.

Votre compte bancaire est également menacé

En Ontario, un jugement permet également à un créancier de procéder à une saisie-arrêt sur vos comptes bancaires — ce qui se traduit souvent par le virement de la totalité de votre solde le jour même de votre paie, avant même que vous n’ayez pu payer votre loyer ou vos factures.

Qui devrait agir dès maintenant ?

Agissez immédiatement si :

  • Vous avez reçu une requête, une lettre de mise en demeure ou une notification judiciaire de la part d’un créancier ou d’une agence de recouvrement
  • Vous avez une dette fiscale impayée auprès de l’ARC à laquelle vous ne répondez plus
  • Vous avez des arriérés de pension alimentaire pour enfants ou pour conjoint dont le paiement est assuré par le FRO
  • Vous faites l’objet d’un jugement que vous n’avez pas encore payé ni réglé
  • Si vous avez remarqué que votre salaire a diminué sans raison apparente, contactez immédiatement votre service de paie.
  • Vous n’arrivez pas à honorer les paiements minimaux liés à plusieurs dettes non garanties et vous souhaitez mettre fin à la saisie-arrêt avant qu’elle ne commence

Qui n’a peut-être pas encore à s’inquiéter

Une saisie-arrêt est peu probable (pour l’instant) si :

  • Vous n’avez que quelques semaines de retard sur une seule dette et vous restez en contact régulier avec le créancier
  • Si vous vivez exclusivement grâce à l’aide sociale, à l’OAS, au GIS ou à la pension d’invalidité du CPP, ces revenus sont protégés contre les créanciers ordinaires
  • Vous ne faites l’objet d’aucun jugement et n’avez reçu aucune notification judiciaire
  • Avoir des dettes déjà prescrites en vertu du délai de prescription de deux ans en vigueur en Ontario (bien que les dettes plus anciennes envers l’Agence du revenu du Canada (ARC) et au titre des pensions alimentaires ne soient pas soumises à prescription)
  • Avez déjà déposé une proposition de consommateur ou une déclaration de faillite qui est actuellement en règle

Un exemple concret : 20 % de 4 000 $

Les chiffres permettent de se rendre compte de la réalité. Imaginez une salariée de l’Ontario, Priya, qui gagne 4 000 $ nets par mois après impôts. Une société émettrice de cartes de crédit l’a poursuivie en justice pour une dette impayée de 12 500 $, a obtenu un jugement par défaut et a obtenu une ordonnance de saisie-salaire. Voici à quoi ressemble sa fiche de paie pendant la période de saisie-salaire :

Salaire mensuel net (après impôts, CPP et assurance chômage)4 000 $
Saisie-arrêt maximale autorisée (20 %)800 $ par mois
Salaire net restant3 200 $
Dette initiale12 500 $
Frais de justice et intérêts estimés2 500 $
Montant total à rembourser par voie de saisie-salaire15 000 $
Durée de remboursement à raison de 800 $ par moisEnviron 19 mois

Si Priya avait également fait l’objet d’une saisie-arrêt distincte de l’ARC, sa situation aurait été très différente : l’ARC peut prélever 50 % en plus (ou à la place) de la limite commerciale de 20 %, car la Loi sur les salaires de l’Ontario ne s’applique pas à l’ARC. C’est cette combinaison qui explique pourquoi les personnes ayant à la fois des dettes de consommation et des dettes fiscales doivent souvent envisager une solution formelle, telle qu’un programme structuré d’allègement de la dette, plutôt que d’essayer de contester chaque saisie-arrêt une par une.

Étape par étape : comment mettre fin à une saisie sur salaire

  1. Vérifiez que la saisie-arrêt est bien réelle et légale.

    Demandez à votre service de paie une copie de l’ordonnance de saisie-arrêt. Vérifiez le nom du créancier, le montant de la décision judiciaire, le numéro de dossier du tribunal, ainsi que l’origine de l’ordonnance (tribunal, CRA ou FRO). Ces informations vous permettront de déterminer quelles règles s’appliquent.

  2. Vérifiez si le jugement en question est valide.

    Si vous n’avez jamais reçu la notification initiale de la procédure judiciaire, ou si la dette est prescrite (pour les dettes de consommation courantes, cela correspond généralement à un délai de plus de deux ans à compter de la dernière activité en Ontario), vous pourriez être en mesure de déposer une requête visant à faire annuler le jugement par défaut.

  3. Essayez de négocier directement avec le créancier.

    De nombreux créanciers accepteront un règlement forfaitaire correspondant à 50 à 70 % du solde pour lever la saisie-arrêt, surtout si la dette a déjà été radiée en interne. Veillez à obtenir tout accord par écrit avant d’effectuer tout paiement.

  4. En cas de difficultés, demandez une mesure de clémence au tribunal.

    En vertu de l’article 4 de la Loi sur les salaires de l’Ontario, un juge peut augmenter la partie exonérée de votre salaire si le fait de la limiter à 20 % vous causerait de réelles difficultés financières. Vous devrez déposer une requête accompagnée de pièces justificatives relatives à votre situation financière.

  5. Consultez un syndic de faillite agréé au sujet d’une proposition de consommateur.

    Une proposition de consommateur entraîne un sursis automatique aux poursuites, ce qui met immédiatement fin à la plupart des saisies sur salaire (y compris celles de l’Agence du revenu du Canada). Elle vous permet également de rembourser une partie de votre dette sur une période pouvant aller jusqu’à 60 mois. Les premières consultations sont généralement gratuites.

  6. Ne déposez le bilan qu’en dernier recours.

    La faillite met également fin à la plupart des saisies-arrêts grâce à ce même sursis automatique. C’est une mesure plus radicale qu’un plan de redressement, mais pour les personnes sans patrimoine et criblées de dettes, cela peut constituer le moyen le plus rapide de prendre un nouveau départ.

Si vous ne savez pas encore quelle option correspond le mieux à votre situation, un bref entretien avec un conseiller en crédit d’une association à but non lucratif ou un syndic de faillite agréé peut vous épargner des semaines de stress. Pour mieux comprendre les changements de mode de vie qui accompagnent souvent une saisie-arrêt — comme une perte soudaine de revenus —, consultez notre guide sur la gestion de l’endettement après une perte d’emploi au Canada. En ce qui concerne plus particulièrement les problèmes d’impôts impayés, notre aperçu des stratégies d’aide en matière de dettes fiscales présente les options spécifiques à l’ARC. Et si vous avez simplement besoin de quelqu’un pour vous aider à établir un budget réaliste compte tenu d’une saisie-arrêt déjà en cours, le conseil en crédit au Canada constitue une première étape solide.

En résumé : la saisie sur salaire en Ontario est une mesure grave, mais elle est également soumise à des limites juridiques claires et peut être suspendue grâce à plusieurs moyens bien établis. Plus vous agissez tôt — idéalement avant qu’un jugement ne soit rendu —, plus vous disposez d’options. Ignorer les documents judiciaires est la décision la plus coûteuse que vous puissiez prendre.

Êtes-vous prêt à savoir si vous remplissez les conditions requises pour bénéficier d’une solution d’allègement de dette susceptible de mettre fin à une saisie-arrêt ?

Obtenir une consultation gratuite

Foire aux questions

Combien de temps faut-il pour mettre fin à une saisie sur salaire en Ontario ?

Si vous déposez une proposition de consommateur ou une déclaration de faillite, le sursis automatique prend effet immédiatement, mais il peut s’écouler quelques jours ouvrables avant que le service de paie de votre employeur ne reçoive la notification et ne cesse les retenues à la source. Les accords négociés avec le créancier initial prennent généralement entre une et quatre semaines pour être pleinement mis en œuvre. Les saisies-arrêts de l’ARC peuvent être levées plus rapidement, car c’est l’ARC elle-même qui traite la levée dès qu’un accord formel est en place.

Mon employeur peut-il me licencier parce que je fais l’objet d’une saisie-arrêt en Ontario ?

Non. La loi ontarienne sur les normes d’emploi (Employment Standards Act) et la réglementation fédérale du travail interdisent tout licenciement fondé uniquement sur une saisie-arrêt sur salaire. Cela dit, des saisies-arrêts répétées émanant de plusieurs créanciers peuvent entraîner des complications administratives au niveau de la paie, et dans certains lieux de travail — en particulier ceux impliquant la gestion d’espèces, de finances ou d’habilitations de sécurité —, une saisie-arrêt peut avoir une incidence sur les promotions ou les affectations. La protection juridique s’applique au licenciement, mais pas à toutes les conséquences sur le lieu de travail.

L’administration fiscale n’a-t-elle vraiment pas besoin d’une décision de justice pour procéder à une saisie-arrêt sur mon salaire ?

C’est exact. L’Agence du revenu du Canada agit en vertu de la législation fiscale fédérale qui lui permet d’émettre une « injonction de paiement » directement à l’intention de votre employeur ou de votre banque. Il n’y a ni audience devant un tribunal, ni jugement, ni délai de préavis autre que celui que l’ARC choisit d’accorder. L’ARC peut prélever jusqu’à 50 % de vos revenus d’emploi et 100 % de vos paiements au titre d’un contrat ou d’une activité indépendante. Il s’agit de l’un des pouvoirs de recouvrement les plus étendus prévus par la législation canadienne, et c’est l’une des principales raisons pour lesquelles la dette fiscale est traitée différemment de la dette de carte de crédit.

Un créancier peut-il également procéder à une saisie-arrêt sur mon compte bancaire ?

Oui. Dès lors qu’un créancier dispose d’un jugement, il peut demander une ordonnance de saisie-arrêt distincte visant votre compte bancaire. Cette mesure est souvent utilisée en complément d’une saisie-arrêt sur salaire, notamment pour saisir les versements avant que vous n’ayez eu le temps de les dépenser pour subvenir à vos besoins essentiels. Il est courant et judicieux de placer votre salaire sur un compte dans une coopérative de crédit ou dans une banque différente de celle à laquelle vous devez de l’argent, bien que

Découvrez les avantages d'un allègement de la dette professionnel

Retour en haut