L’endettement peut souvent devenir insurmontable, ce qui conduit les particuliers à solliciter une aide par le biais d’une procédure de faillite ou d’une proposition de consommateur. Un aspect crucial de ces procédures consiste à comprendre le concept de « suspension des poursuites ». Cette disposition juridique agit comme un rempart protecteur contre les actions agressives des créanciers, offrant un soulagement immédiat et une tranquillité d’esprit à ceux qui sont confrontés à des difficultés financières. Dans cet article, nous allons examiner en détail ce que signifie le sursis aux poursuites, ses implications et ses limites au regard de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. En mieux comprenant cet élément important, les Canadiens pourront mieux s’y retrouver parmi les options de gestion de la dette et reprendre le contrôle de leur situation financière.
Points clés à retenir
- Un sursis aux poursuites suspend automatiquement les actions des créanciers dès le dépôt d’une demande de mise en faillite ou d’une proposition de consommateur.
- La durée de cette mesure varie : elle s’étend jusqu’à la levée de la procédure de faillite ou pendant toute la durée d’une proposition de consommateur.
- Certaines dettes, telles que les prêts garantis et les pensions alimentaires versées au conjoint, ne sont pas protégées par le sursis aux poursuites.
Qu’est-ce qu’un sursis à la procédure ?
### Qu’est-ce qu’un sursis à la procédure ?
Le sursis aux poursuites est une mesure judiciaire essentielle qui protège les particuliers contre les actions des créanciers lorsqu’ils déposent une demande de mise en faillite ou une proposition de consommateur en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Cette disposition suspend immédiatement diverses mesures liées à l’endettement, notamment les saisies sur salaire, les poursuites judiciaires et le gel des comptes bancaires, ainsi que les coupures de services publics et les expulsions pour loyer impayé. Il est important de noter qu’elle protège également les particuliers contre les demandes de paiement concernant la plupart des dettes non garanties, y compris celles dues à l’Agence du revenu du Canada (ARC).
Le sursis aux poursuites est automatique et prend effet immédiatement après le dépôt d’une demande de mise en faillite ou d’une proposition de consommateur. Une fois la demande déposée, il incombe au syndic agréé en insolvabilité (SAI) du débiteur d’aviser les créanciers de cesser toute démarche de recouvrement. Bien que la plupart des créanciers s’y conforment rapidement, il peut s’écouler quelques jours avant que chaque créancier ait pleinement pris connaissance du sursis. Si les débiteurs continuent de recevoir des appels de recouvrement, ils peuvent informer les créanciers de leur statut de faillite ou de proposition de consommateur et les inviter à s’adresser à leur syndic agréé pour toute communication ultérieure.
La durée du sursis diffère selon qu’il s’agit d’une faillite ou d’une proposition de consommateur. Dans le cas d’une faillite, le sursis reste en vigueur jusqu’à ce que la personne obtienne une libération, ce qui intervient généralement dans un délai de 9 à 21 mois pour les personnes qui déposent une demande pour la première fois. En revanche, une proposition de consommateur offre une protection pendant toute la durée de la proposition, qui peut s’étendre jusqu’à cinq ans. Toutefois, le sursis n’est pas immuable ; il peut être levé si la proposition de consommateur est rejetée, annulée ou si les créanciers obtiennent du tribunal qu’il soit levé.
Il est essentiel de comprendre que toutes les dettes ne sont pas couvertes par le sursis aux poursuites. Les créanciers garantis — tels que ceux détenant des prêts hypothécaires ou des crédits automobiles — conservent le droit d’engager des poursuites en cas de défaut de paiement. Par ailleurs, les obligations liées aux pensions alimentaires pour enfants ou pour conjoint, ainsi que les dettes résultant d’une fraude ou d’une fausse déclaration, ne sont pas effacées par la procédure de faillite.
Pour ceux qui recherchent des alternatives à la faillite, une proposition de consommateur offre des avantages similaires en suspendant les poursuites des créanciers tout en permettant des négociations visant à réduire le montant total de la dette à rembourser. Cette solution permet aux particuliers de conserver leurs biens tout en ne s’acquittant que d’une partie de leurs obligations financières. Dans l’ensemble, le sursis aux poursuites joue un rôle essentiel dans le cadre de la gestion de la dette, en offrant aux particuliers un moyen de reprendre le contrôle de leur situation financière en période difficile.
Conséquences et limites du sursis
Les implications et les limites du sursis à l’exécution sont essentielles pour comprendre l’étendue de la protection accordée aux personnes confrontées à un endettement écrasant. Bien que ce sursis soit destiné à offrir une protection immédiate contre les mesures agressives des créanciers — notamment les saisies sur salaire et les poursuites judiciaires —, il existe des nuances concernant son application et sa durée qu’il convient de prendre en compte. Par exemple, malgré le caractère automatique du sursis, des complications peuvent survenir, telles que des retards dans la mise en conformité des créanciers ou des problèmes de communication, entraînant la poursuite des mesures de recouvrement. De plus, si les particuliers peuvent bénéficier d’un répit concernant la plupart de leurs dettes non garanties, ils doivent également savoir que les obligations liées aux dettes garanties persistent. Par conséquent, les particuliers dont la situation financière comporte d’importantes dettes garanties devraient envisager des stratégies supplémentaires, telles que la négociation directe avec les prêteurs ou le recours à un accompagnement financier, afin de faire face à ces obligations persistantes. Il est impératif de bien comprendre à la fois les garanties et les limites du sursis pour assurer une gestion et une planification efficaces de la dette.

