Apprendre qu’un créancier souhaite prélever de l’argent directement sur votre salaire est une situation angoissante. En Ontario, la saisie-salaire est un moyen légal permettant à une personne à qui vous devez de l’argent de recouvrer une dette directement sur votre salaire, avant même que celui-ci ne soit versé sur votre compte bancaire. Si vous avez reçu un avis — ou si vous craignez d’en recevoir un —, la meilleure chose à faire est de comprendre exactement comment le processus fonctionne, quel montant peut réellement être prélevé et de quelles options vous disposez pour y mettre fin.
Ce guide explique la saisie-arrêt telle qu’elle s’applique en Ontario : en vertu de la Loi sur les salaires et de la Loi sur l’exécution des jugements de la province, avec les limites et exemptions réelles en vigueur ici en 2026. Il s’adresse aux personnes qui se sentent submergées par la pression du recouvrement, et non aux avocats ; vous saurez ainsi ce qu’une saisie-arrêt permet et ne permet pas de faire — ainsi que les mesures concrètes qui peuvent y mettre fin.
Qu’est-ce qu’une saisie sur salaire ?
La saisie sur salaire est une procédure judiciaire qui permet à un créancier de recouvrer une dette directement sur votre salaire. Au lieu d’attendre que vous payiez, le créancier obtient une décision de justice qui oblige votre employeur à prélever une partie de votre salaire et à la lui verser jusqu’à ce que la dette soit entièrement remboursée. Votre employeur devient alors l’intermédiaire — légalement tenu de se conformer à cette ordonnance dès sa réception.
En Ontario, cette procédure est régie par le droit provincial, principalement par la Loi sur les salaires, qui définit la part de votre salaire protégée, et par la Loi sur l’exécution des jugements, qui précise les modalités d’exécution d’un jugement par voie de saisie-arrêt. Ces règles visent à trouver un équilibre entre deux éléments : le droit d’un créancier de recouvrer une dette légitime et votre droit de conserver un revenu suffisant pour couvrir vos besoins de base.
Fonctionnement de la saisie-arrêt sur salaire en Ontario
Pour une dette ordinaire — solde de carte de crédit, prêt personnel, facture de services publics impayée —, un créancier ne peut pas simplement appeler votre employeur. Il doit d’abord intenter une action en justice à votre encontre et obtenir un jugement confirmant que vous lui devez de l’argent. Ce n’est qu’alors qu’il peut déposer un avis de saisie-arrêt qui est signifié à votre employeur, lequel doit alors commencer à prélever le pourcentage fixé sur votre salaire.
Il existe des exceptions importantes à la règle « passer d’abord par le tribunal ». L’Agence du revenu du Canada peut ordonner une saisie-arrêt pour des impôts impayés sans décision de justice, et les pensions alimentaires sont exécutées par le Bureau des responsabilités familiales de l’Ontario. Comme les règles varient selon l’organisme chargé du recouvrement, le fait de savoir de quel type de créancier il s’agit vous en apprend beaucoup sur les options qui s’offrent à vous. Si une agence de recouvrement vous contacte, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada définit précisément ce que les agents de recouvrement sont autorisés à faire et ce qu’ils ne sont pas autorisés à faire.
Quel montant peut faire l’objet d’une saisie-arrêt ?
Le montant pouvant faire l’objet d’une saisie-arrêt dépend du type de dette. En vertu de la Loi sur les salaires, 80 % de votre salaire sont généralement exemptés de saisie-arrêt, ce qui signifie que les créanciers ordinaires ne peuvent généralement pas saisir plus de 20 %. Les obligations en matière de pension alimentaire et d’impôts sont soumises à des plafonds différents, plus élevés. L’exemple ci-dessous présente les plafonds habituels en Ontario.
Il s’agit là de points de départ, et non de règles fixes. Un tribunal peut augmenter ou réduire l’exemption de 20 % si vous parvenez à démontrer que le montant forfaitaire vous cause un préjudice réel, ou si un créancier fait valoir que vous avez les moyens de payer davantage. Cette flexibilité est l’une des raisons pour lesquelles il vaut mieux réagir à une saisie-arrêt plutôt que de l’ignorer.
Vos droits et les risques réels
Vous pouvez contester le montant
Vous avez le droit de demander au tribunal la tenue d’une audience et de solliciter une réduction si la saisie-arrêt vous empêche de couvrir vos dépenses de base.
Le revenu de base est protégé
Une grande partie de votre salaire, ainsi que la plupart des prestations sociales et certains revenus de retraite, sont à l’abri de la saisie par les créanciers ordinaires.
Ignorer la situation ne fait qu’empirer les choses
Si vous ne répondez pas à la procédure judiciaire, le créancier obtient un jugement par défaut et la saisie-arrêt se poursuit au taux maximal autorisé.
Les créanciers peuvent se multiplier
La présence de plusieurs jugements peut entraîner des saisies-arrêts cumulées, ce qui réduit encore davantage votre salaire net et accroît le stress au travail.
Qui est exposé — et qui est protégé
Vous risquez de faire l’objet d’une saisie sur salaire si :
- Vous avez des soldes de carte de crédit, des prêts ou des factures impayés pour lesquels un créancier a intenté une action en justice ou menacé de le faire.
- Vous devez des arriérés d’impôts à l’Agence du revenu du Canada.
- Vous avez des arriérés de pension alimentaire pour enfants ou de pension alimentaire pour conjoint ordonnés par un tribunal.
- Vous percevez un salaire mensuel ou horaire sur lequel votre employeur peut effectuer une retenue.
Vous êtes largement protégé contre la saisie-arrêt si :
- Votre seul revenu provient d’une aide sociale, telle que le programme Ontario Works ou le POSPH.
- Vos revenus proviennent de certaines pensions ou prestations exonérées.
- Aucun créancier n’a obtenu de jugement à votre encontre (pour des dettes ordinaires).
- Vous avez déposé une proposition de consommateur ou déclaré faillite, ce qui entraîne un sursis judiciaire.
Comment mettre fin à une saisie-arrêt sur salaire ou y faire face
Une saisie-arrêt est une situation stressante, mais elle marque rarement la fin du chemin. En agissant rapidement, vous disposez d’un plus grand nombre d’options, qui peuvent aller d’un simple accord de remboursement à un regroupement de dettes, en passant par une procédure officielle de déclaration d’insolvabilité. Voici l’ordre dans lequel la plupart des Ontariens devraient aborder cette situation.
- Vérifiez la dette et le jugement. Assurez-vous que la dette vous incombe bel et bien, que le montant est exact et qu’il existe un jugement valide rendu par un tribunal. Des erreurs et des dettes périmées peuvent en effet se produire.
- Réagissez avant le jugement si vous en avez encore la possibilité. Si vous venez de recevoir une assignation en justice, déposez votre réponse dans les délais impartis. C’est un jugement par défaut qui ouvre la voie à la saisie-arrêt.
- Discutez avec le créancier. De nombreux créanciers accepteront un accord de paiement à l’amiable plutôt que la saisie-arrêt, surtout si cela implique des versements réguliers sans frais de justice.
- Demandez au tribunal de modifier le montant. Si une saisie-arrêt est déjà en vigueur et qu’elle vous cause des difficultés financières, vous pouvez demander une audience afin de réduire le pourcentage prélevé.
- Bénéficiez de conseils gratuits. Une séance de conseil en crédit dispensée par un organisme à but non lucratif ou l’étude d’un plan de gestion de la dette peuvent vous aider à élaborer une stratégie de remboursement réaliste.
- Envisagez de déposer une proposition de consommateur. Le dépôt d’une proposition de consommateur par l’intermédiaire d’un syndic de faillite agréé entraîne un sursis judiciaire qui met immédiatement fin à la plupart des saisies-arrêts. Le Bureau du surintendant des faillites, au niveau fédéral, explique le fonctionnement des propositions.
Vous craignez une saisie sur salaire ou vous en faites déjà l’objet ? Découvrez les mesures d’aide auxquelles vous pouvez prétendre.
Quelle part de mon salaire peut-elle faire l’objet d’une saisie-arrêt en Ontario ?
Pour la plupart des dettes courantes, telles que les cartes de crédit et les prêts, un créancier peut saisir jusqu’à 20 % de votre salaire brut, car la Loi sur les salaires de l’Ontario exempte 80 % de votre salaire. Les pensions alimentaires pour enfants et pour conjoint peuvent atteindre jusqu’à 50 % de votre salaire net, et l’Agence du revenu du Canada peut prélever jusqu’à 50 % de vos revenus d’emploi pour régler une dette fiscale. Un tribunal peut ajuster ce pourcentage forfaitaire à la hausse ou à la baisse en fonction de votre situation.
Un créancier peut-il procéder à une saisie-arrêt sur votre salaire sans passer par le tribunal ?
Pour les dettes ordinaires, non. Un créancier doit d’abord intenter une action en justice contre vous et obtenir un jugement avant de pouvoir signifier un avis de saisie-arrêt à votre employeur. Les principales exceptions concernent l’Agence du revenu du Canada, qui peut procéder à une saisie-arrêt pour des impôts impayés sans décision de justice, et les pensions alimentaires ordonnées par un tribunal, dont l’exécution est assurée par le Bureau des obligations familiales de l’Ontario.
Quels revenus sont exemptés de saisie-arrêt en Ontario ?
Les prestations d’aide sociale telles que le programme Ontario Works et le Programme de soutien aux personnes handicapées de l’Ontario (ODSP) ne peuvent pas faire l’objet d’une saisie-arrêt par des créanciers ordinaires, et certaines pensions et prestations sont également protégées. De plus, la Loi sur les salaires protège 80 % de vos revenus d’emploi contre la saisie-arrêt ordinaire. Si vous estimez que des sommes exonérées ont été prélevées, vous pouvez soulever cette question devant le tribunal.
Mon employeur sera-t-il informé de la saisie-arrêt ?
Oui. Une ordonnance de saisie-arrêt est signifiée à votre employeur, qui est légalement tenu de retenir la part fixée de votre salaire et de la verser au créancier ou au tribunal. Votre employeur ne peut légalement vous licencier au seul motif qu’une dette fait l’objet d’une saisie-arrêt, bien que des saisies-arrêts répétées ou multiples puissent créer des tensions sur le lieu de travail, ce qui constitue une raison supplémentaire de régler cette dette.
Une proposition de consommateur met-elle fin à la saisie-arrêt sur salaire ?
Dans la plupart des cas, oui. Le dépôt d’une proposition de consommateur auprès d’un syndic autorisé en insolvabilité entraîne un sursis judiciaire qui met fin presque immédiatement à la plupart des saisies-arrêts effectuées par les créanciers chirographaires, y compris celles relatives aux créances de
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Après 20 ans à structurer des facilités de crédit corporatives de plusieurs millions de dollars et à piloter des redressements d’entreprise dans le secteur des services bancaires d’investissement, Marcus dirige maintenant Canadian Debt Relief, où il applique ces mêmes cadres d’optimisation du bilan à l’endettement des ménages canadiens.

