Résumé : Découvrez les véritables avantages et inconvénients du dépôt de bilan au Canada : allègement, risques, délais et alternatives plus sûres. Exemples concrets, liens vers des experts et FAQ.
Table des matières
- Pourquoi les Canadiens envisagent-ils aujourd’hui de se déclarer en faillite ?
- Ce qu’est la faillite — et ce qu’elle n’est pas
- Comprendre les avantages : les principaux bénéfices du dépôt de bilan
- Comprendre les inconvénients : les risques et les compromis à prendre en compte
- Quand la faillite est une solution judicieuse (et quand elle ne l’est pas)
- Comment se déroule la procédure de faillite : étape par étape
- Patrimoine, exemptions et exemples concrets
- Les alternatives à la faillite que vous devriez envisager en priorité
- Rétablir sa solvabilité et sa stabilité financière après une faillite
- Mythes courants : les faits et la réalité
- Points clés à retenir
Prendre la décision de se déclarer en faillite n’est jamais facile. Pour de nombreux Canadiens, il s’agit d’une solution de dernier recours lorsque les dettes deviennent ingérables. Comprendre les avantages et les inconvénients — ce que la faillite offre réellement, ce qu’elle coûte et à qui elle convient — peut vous aider à faire un choix éclairé et en toute confiance. Ce guide explique le fonctionnement de la faillite en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI) du Canada, les protections immédiates qu’elle offre, ses répercussions à long terme sur votre crédit et vos biens, ainsi que les alternatives pratiques que vous devriez envisager en priorité.
Pourquoi les Canadiens envisagent-ils aujourd’hui de se déclarer en faillite ?
Face à la hausse du coût de la vie et aux pressions liées à l’endettement, de plus en plus de ménages se demandent si la faillite peut leur permettre de prendre un nouveau départ. Au Canada, la faillite est une procédure réglementée au niveau fédéral en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, et supervisée par des syndics d’insolvabilité agréés (SIA). Selon les directives du gouvernement du Canada, il est obligatoire de faire appel à un TI pour déposer et gérer votre dossier, afin de garantir les protections juridiques et le respect de la loi.
La faillite peut constituer une solution efficace lorsque vos dettes non garanties — telles que les cartes de crédit, les lignes de crédit et les prêts sur salaire — dépassent largement votre capacité de remboursement, et que les mesures prises par les créanciers (recouvrement, poursuites judiciaires, saisie sur salaire) s’intensifient. Elle offre une protection immédiate et un délai précis pour obtenir la remise des dettes éligibles.
Ce qu’est la faillite — et ce qu’elle n’est pas
La faillite est une procédure judiciaire destinée à aider les particuliers qui ne sont pas en mesure d’honorer leurs obligations financières. Une fois la procédure engagée, elle entraîne un sursis automatique aux poursuites, ce qui met fin à la plupart des mesures de recouvrement et des actions en justice à votre encontre. Découvrez en détail le fonctionnement de cette protection dans notre guide consacré au sursis aux poursuites.
Il est important de comprendre que la procédure de faillite est structurée et non chaotique. Vous devrez fournir des informations financières, suivre des séances obligatoires de conseil financier et, le cas échéant, verser une partie de vos revenus excédentaires pendant que votre syndic gère votre dossier. L’objectif : obtenir une libération qui vous décharge légalement de l’obligation de rembourser les dettes non garanties éligibles.
Comprendre les avantages : les principaux bénéfices du dépôt de bilan
La faillite peut constituer un véritable soulagement dans certaines situations. Parmi ses principaux avantages, on peut citer :
Protection automatique immédiate
- Les recouvrements sont immédiatement suspendus. Le sursis à l’exécution des procédures met fin aux saisies sur salaire, aux saisies de comptes bancaires, aux poursuites judiciaires et aux appels de recouvrement agressifs. Découvrez les modalités dans ce guide explicatif.
- Une marge de manœuvre pour planifier. Une fois la pression retombée, vous pouvez travailler avec votre administrateur pour définir une stratégie réaliste pour l’avenir.
Remise des dettes non garanties éligibles
- Un nouveau départ. Une fois la procédure de faillite terminée et votre libération obtenue, les dettes non garanties éligibles sont légalement effacées. Cela peut concerner les cartes de crédit, les lignes de crédit, les prêts sur salaire et certains prêts personnels.
- Un calendrier prévisible. Dans le cas d’une première faillite, la libération intervient généralement en l’espace de quelques mois lorsqu’il n’y a pas de revenu excédentaire. Vous trouverez les délais habituels et les facteurs susceptibles de prolonger la procédure dans l’article « Comprendre la durée d’une procédure de faillite au Canada ».
Conseil financier obligatoire
- Deux séances d’accompagnement vous aident à identifier les causes de votre endettement et à adopter des habitudes pratiques en matière de gestion budgétaire et d’utilisation du crédit afin d’éviter de futurs problèmes.
Processus structuré et encadré
- C’est votre administrateur qui supervise le processus. Les syndics d’insolvabilité agréés sont des professionnels soumis à une réglementation qui veillent à ce que vos droits et obligations soient respectés. Vous trouverez des informations générales sur le programme et la surveillance auprès de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
Comprendre les inconvénients : les risques et les compromis à prendre en compte
La faillite n’est pas une solution miracle. Réfléchissez bien à ses inconvénients avant de prendre une décision :
Incidence sur le rapport de solvabilité et le score de crédit
- Période de référence longue. Une première faillite figure généralement sur votre dossier de crédit pendant au moins six ans après la libération, ce qui rend certains emprunts plus difficiles à obtenir ou plus coûteux pendant cette période. Découvrez les principes fondamentaux du dossier de crédit et de la cote de crédit auprès de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
Les biens et les exemptions varient selon les provinces
- Il se peut que certains actifs doivent être cédés. Si les exemptions protègent certains biens de première nécessité, les biens non exemptés peuvent être vendus afin de rembourser les créanciers. Pour connaître les dispositions spécifiques à l’Ontario, veuillez consulter les exemptions en matière de faillite ainsi que vos droits.
Versements au titre des excédents de recettes
- Une hausse du résultat net peut entraîner une augmentation des coûts et allonger les délais. Si le revenu de votre foyer dépasse les seuils fixés par l’État, vous pourriez être tenu de verser des excédents mensuels, et votre procédure de faillite pourrait se prolonger. Veuillez consulter les directives en vigueur concernant les limites de revenu excédentaire en matière de faillite pour l’année 2025.
Stigmatisation et considérations professionnelles
- Poids émotionnel. La faillite peut être source de stress et faire l’objet d’une stigmatisation, même s’il s’agit d’une démarche légale et responsable visant à se remettre sur pied.
- Certains rôles et certaines autorisations. Certaines professions et fonctions de direction peuvent être interdites aux personnes en situation de faillite non libérée. Veuillez vous renseigner auprès de votre syndic et de l’autorité de régulation pour connaître les éventuelles conséquences sur votre emploi ou l’obtention d’une licence.
Quand la faillite est une solution judicieuse (et quand elle ne l’est pas)
La faillite peut s’avérer appropriée dans les cas suivants :
- La majeure partie de votre dette n’est pas garantie, et vous ne pouvez pas, de manière réaliste, la rembourser en moins de cinq ans, même en réduisant vos dépenses.
- Les mesures prises par les créanciers s’intensifient (poursuites judiciaires, saisies sur salaire) et vous avez besoin d’une protection immédiate.
- Vos revenus ou votre patrimoine ne vous permettent pas d’envisager d’autres solutions (telles qu’une proposition à l’endettement ou un prêt de regroupement) sans courir un risque important.
Cette solution n’est peut-être pas idéale si vous avez les moyens de suivre un plan de remboursement structuré ou si vous disposez d’actifs importants non exemptés que vous souhaitez protéger. Dans ces cas-là, des alternatives telles qu’une proposition de consommateur permettent souvent de réduire votre endettement sans perte d’actifs.
Comment se déroule la procédure de faillite : étape par étape
Chaque cas est unique, mais la plupart suivent cette séquence :
- Consultez un syndic de faillite agréé (LIT). Le syndic examine votre situation financière et vous présente les différentes options, notamment la faillite et les propositions de consommateur. Commencez par consulter la présentation générale du gouvernement du Canada pour comprendre les rôles et les mécanismes de contrôle.
- Déposer une demande et demander la suspension de la procédure. Les recouvrements et la plupart des procédures judiciaires sont suspendus. Découvrez comment cette mesure de protection s’applique dans ce guide sur la suspension.
- Veuillez fournir des informations sur vos revenus et votre patrimoine. Votre syndic calcule les éventuels versements au titre des excédents de revenus et distingue les actifs exonérés de ceux qui ne le sont pas.
- Suivez deux séances de conseil financier. Ces éléments sont obligatoires et pratiques.
- Veuillez signer votre acte de sortie. Sous réserve que vous remplissiez toutes les conditions requises, les dettes non garanties éligibles sont légalement effacées. Veuillez vous reporter aux considérations relatives au calendrier figurant dans les recommandations sur la durée.
Patrimoine, exonérations et exemples concrets
Les exemptions varient selon les provinces, mais protègent généralement les biens de première nécessité (par exemple, les articles ménagers de base, les outils de travail, une partie de la valeur nette d’un véhicule). Prenons l’exemple suivant :
- Exemple : Alex, un résident de l’Ontario, perçoit un revenu régulier mais a 45 000 $ de dettes liées à des cartes de crédit et à des prêts sur salaire. Une faillite mettrait immédiatement fin à la saisie sur salaire. La voiture modeste d’Alex pourrait être exemptée (en fonction de sa valeur nette et de la réglementation provinciale), tandis que les remboursements d’impôts ou les biens non exemptés pourraient être utilisés pour rembourser les créanciers. Si les revenus d’Alex dépassent les limites fixées pour l’excédent, des versements mensuels pourraient être exigés, ce qui prolongerait la procédure. Pour connaître les détails des exemptions en vigueur en Ontario, veuillez consulter ce guide sur la protection des biens.
Demandez toujours à votre fiduciaire de vous confirmer quels sont les biens protégés dans votre lieu de résidence.
Les alternatives à la faillite que vous devriez envisager en premier lieu
Avant de déposer votre demande, comparez les options suivantes :
- Proposition de règlement de dettes. Une offre juridiquement contraignante visant à rembourser une partie de votre dette non garantie au moyen d’une mensualité fixe. Elle met fin aux intérêts et aux mesures de recouvrement tout en vous permettant de conserver vos biens. Découvrez comment se comparent ces deux options dans l’article « Faillite ou proposition de consommateur (guide 2025) » et pourquoi de nombreux Canadiens préfèrent la proposition de consommateur dans l’article « Une proposition de consommateur est-elle préférable à la faillite en 2025 ? »
- Regroupement de dettes. Permet de regrouper plusieurs dettes en un seul versement, idéalement à un taux d’intérêt plus bas. Cette solution n’est envisageable que si vous remplissez les conditions requises et que votre budget vous permet d’assumer ces versements. Découvrez les étapes concrètes à suivre dans « Le regroupement de dettes au Canada : un guide clair et pratique ».
- Conseils en matière de crédit et plans de gestion de la dette. Les services de conseil à but non lucratif peuvent vous aider à négocier une baisse du taux d’intérêt et à réaménager votre plan de remboursement, mais ils ne permettent pas de réduire le capital, contrairement à ce que permet une proposition de rééchelonnement.
En comparant les coûts, les délais et la protection de votre patrimoine pour chacune des options, vous serez en mesure de choisir la solution la plus sûre, celle qui vous garantira les meilleurs résultats à long terme.
Rétablir sa solvabilité et sa stabilité financière après une faillite
La guérison est tout à fait possible. Concentrez-vous sur :
- Vérifier l’exactitude de vos rapports de solvabilité et corriger les erreurs.
- La gestion du budget et la constitution d’un fonds d’urgence. Même une épargne modeste vous évite de devoir recourir au crédit en cas d’imprévus.
- Un nouveau crédit responsable. Envisagez d’opter pour une carte de crédit garantie et veillez à maintenir un faible taux d’utilisation. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada propose des conseils sur les bonnes habitudes en matière de crédit.
- Des objectifs étape par étape. Fixez-vous des objectifs intermédiaires (par exemple : des paiements effectués dans les délais pendant 12 mois, un taux d’utilisation inférieur à 30 %, des économies ciblées).
Le nombre de dépôts de bilan a fluctué en fonction de la conjoncture économique ; pour avoir une vue d’ensemble, consultez les sites de Statistique Canada afin de découvrir les tendances et les données nationales.
Mythes courants : les faits
- « En cas de faillite, vous perdez tout. » Faux. Les exemptions provinciales protègent les biens de première nécessité. Certains biens non exemptés peuvent être cédés, mais de nombreuses personnes conservent les biens indispensables à la vie quotidienne.
- « Vous n’obtiendrez plus jamais de crédit. » Faux. Même si l’accès au crédit est limité au départ, il est tout à fait possible de rétablir sa solvabilité avec le temps, de bonnes habitudes et des produits de crédit garantis.
- « Les dettes fiscales sont toujours effacées. » Pas toujours. Les conséquences varient selon le type d’impôt et les circonstances. Pour en savoir plus, consultez l’article « La faillite efface-t-elle les dettes envers l’ARC ? »
- « Mon conjoint est automatiquement tenu responsable. » Pas nécessairement. La responsabilité du conjoint dépend de l’existence de dettes communes ou d’une caution solidaire. Votre syndic pourra vous expliquer le fonctionnement des obligations communes.
Points clés à retenir
La faillite peut offrir une protection immédiate et une remise légale des dettes non garanties admissibles, permettant ainsi un véritable nouveau départ. Mais les inconvénients — répercussions sur la solvabilité, perte éventuelle d’actifs, versements sur le revenu excédentaire et stress émotionnel — sont bien réels. Pour de nombreux Canadiens, une proposition de consommateur ou un regroupement de dettes peut s’avérer plus sûr et plus économique. Comparez les délais, les coûts et les protections offertes par chaque option, et consultez un syndic autorisé en insolvabilité afin de choisir la solution la mieux adaptée à votre situation et à vos objectifs.

