Comprendre dans quels cas une proposition de consommateur peut être rejetée (et comment l’éviter)

Résumé : Découvrez dans quels cas une proposition de consommateur peut être rejetée, pourquoi les créanciers refusent de l'accepter et comment augmenter vos chances d'obtenir leur accord. Vous y trouverez des exemples, des conseils d'experts et des ressources canadiennes fiables.

Chaque année, les propositions de consommateur aident des milliers de Canadiens à se libérer d’un endettement écrasant. Elles peuvent réduire considérablement le montant de votre dette, mettre fin aux appels de recouvrement et vous donner un peu de répit. Mais ces propositions ne sont pas automatiques : pour que votre plan fonctionne, vos créanciers doivent donner leur accord. Comprendre quand et pourquoi une proposition de consommateur peut être rejetée est essentiel pour élaborer une offre qui soit acceptée dès la première fois.

Aperçu : dans quels cas les propositions de consommateur peuvent-elles être rejetées ?

Dans le cadre d’une proposition de consommateur, les créanciers votent pour décider s’ils acceptent ou non votre offre de rembourser une partie de vos dettes non garanties au fil du temps. Le rejet intervient généralement lorsque les créanciers estiment qu’ils pourraient récupérer davantage d’argent par le biais d’une autre solution — le plus souvent la faillite — ou lorsqu’ils ne sont pas convaincus par les informations fournies ou par la faisabilité de votre plan.

Voici la bonne nouvelle : la plupart des propositions sont acceptées lorsque l’offre est réaliste et bien étayée. Connaître les motifs courants de rejet vous aide à prendre des décisions plus éclairées avant de déposer votre demande.

Comment fonctionne une proposition de consommateur au Canada

Une proposition de consommateur est un accord juridiquement contraignant régi par la loi sur la faillite et l’insolvabilité. Elle est gérée par un syndic agréé en matière d’insolvabilité (LIT). Lorsque vous déposez une telle proposition, les poursuites des créanciers sont suspendues (mises en attente) et vous proposez des versements fixes — souvent sur une période de 3 à 5 ans — afin de rembourser une partie de vos dettes.

  • Seuil de vote : les créanciers votent en fonction de la valeur en dollars de leurs créances. Si la majorité (plus de 50 % en valeur) vote en faveur de la proposition, celle-ci s’impose à l’ensemble des créanciers chirographaires.
  • Suspension des procédures : le dépôt d’une demande entraîne la suspension légale des poursuites judiciaires, des saisies sur salaire et des appels de recouvrement. Découvrez comment la suspension des procédures vous protège.
  • Rôle de LIT : Votre administrateur prépare votre offre, communique avec les créanciers, recueille les votes et veille à ce que vos informations soient complètes et exactes.

Pour une comparaison plus approfondie des différences entre les propositions et la faillite (notamment en ce qui concerne les coûts, les délais et l’impact sur le patrimoine), veuillez consulter le Guide complet canadien : Faillite ou proposition de consommateur (2025).

Principales raisons pour lesquelles les créanciers rejettent les propositions de consommateur

Les refus se résument généralement à une question de risque et de recouvrement. Les créanciers veulent avoir l’assurance que votre plan est réalisable, honnête et compétitif par rapport aux autres solutions possibles.

1) L’offre est trop faible par rapport au produit probable de la liquidation en cas de faillite

Les créanciers comparent votre proposition à ce qu’ils pourraient percevoir si vous déposiez le bilan (y compris les éventuels versements provenant d’un excédent de revenus et tous les actifs réalisables non exemptés). Si votre offre prévoit un montant inférieur — ou s’étale sur une période trop longue —, ils pourraient voter contre.

  • Exemple : si le montant total de vos versements prévus dans le cadre d’une procédure de faillite sur 21 mois s’élevait à 12 000 dollars, une proposition prévoyant le versement de 8 000 dollars sur cinq ans pourrait être jugée insuffisante.

2) Déclaration financière inexacte ou incomplète

Les créanciers se basent sur votre budget, vos revenus, votre patrimoine et la liste de vos dettes pour prendre leurs décisions. Des comptes omis, des revenus sous-déclarés ou des dépenses ambiguës peuvent donner lieu à des objections et à des votes défavorables.

  • Conseil : joignez vos bulletins de salaire, relevés bancaires, déclarations d’impôts, contrats de location ou d’emprunt immobilier, ainsi que des justificatifs de vos dépenses importantes afin d’étayer vos chiffres.

3) Des revenus instables ou un budget irréaliste

Si votre plan de remboursement repose sur des heures supplémentaires, des commissions ou un petit boulot occasionnel, les créanciers pourraient s’inquiéter du risque de défaut de paiement. Un budget serré, ne laissant que peu de marge de manœuvre en cas d’imprévus, peut également être le signe de difficultés à venir.

  • Renforcez votre résilience : montrez que vous êtes en mesure d’honorer vos paiements sans dépendre de sources de revenus incertaines et prévoyez une petite marge de manœuvre mensuelle dans votre budget.

4) Transactions récentes suspectes

Les paiements préférentiels versés à des membres de la famille, les cessions d’actifs à un prix inférieur à leur valeur de marché ou la souscription de nouveaux emprunts à taux d’intérêt élevé juste avant le dépôt de la demande peuvent susciter des soupçons.

  • Faites preuve de transparence : signalez tout virement important, tout remboursement ou toute nouvelle dette contractée au cours de l’année écoulée et expliquez les circonstances.

5) Problèmes spécifiques à certains créanciers (CRA, services publics ou prêteurs appliquant des politiques particulières)

Certains créanciers — comme l’Agence du revenu du Canada (ARC) — peuvent avoir des exigences plus strictes en matière de conditions de remboursement ou d’obligation d’information. Si votre proposition ne tient pas compte de leurs priorités (par exemple, les déclarations d’impôts récemment déposées et les soldes confirmés), votre offre risque d’être soumise à un examen plus approfondi.

6) Non-respect d’une proposition antérieure

Si l’un de vos plans de règlement a déjà été annulé ou n’a pas été respecté par le passé, les créanciers pourraient se montrer prudents. Vous devrez leur démontrer en quoi la situation a changé : un emploi stable, une réduction de vos dépenses ou un budget mieux maîtrisé.

7) Actifs ou fonds propres non exemptés d’un montant élevé

Lorsque les capitaux propres ou les actifs non exemptés représentent un montant important, les créanciers peuvent estimer que le recouvrement potentiel serait plus élevé dans le cadre d’une procédure de faillite que dans le cadre de votre proposition, ce qui pourrait entraîner un rejet de celle-ci, à moins que votre offre ne tienne compte de cette valeur.

8) Des conditions peu pratiques (trop longues, trop complexes ou peu claires)

Les propositions qui s’étendent sur plus de cinq ans, qui prévoient des versements trop variables ou qui comportent des conditions difficiles à contrôler peuvent inciter les créanciers à voter contre.

Pour un aperçu ciblé des risques de rejet, consultez l’article « Principales raisons pour lesquelles les propositions sont rejetées et comment garantir leur acceptation ».

Comment améliorer votre proposition et augmenter vos chances d’être retenu

Les créanciers rejettent rarement une proposition qui repose sur des analyses approfondies, qui est transparente et dont le financement est réaliste. Voici comment renforcer votre dossier.

Comparez ces chiffres à un indice de référence en matière de faillite

  • Estimez ce que les créanciers recevraient en cas de faillite (y compris les excédents de recettes et les actifs réalisables).
  • Proposez au moins autant — voire davantage, dans l’idéal — afin que votre proposition soit clairement supérieure.

Collaborez étroitement avec votre syndic agréé en matière d’insolvabilité

  • Demandez à votre LIT de tester plusieurs scénarios d’offre (différents montants et durées de paiement).
  • Fournissez les pièces justificatives dès que possible. Plus votre dossier est solide, plus votre offre paraîtra crédible.
  • Veillez à ce que le budget tienne compte des coûts réels de la vie — charges, courses, transports, garde d’enfants — afin que les versements soient viables.

Prendre en compte les préférences des créanciers connues

  • Si l’ARC est l’un de vos créanciers, veillez à ce que vos dernières déclarations d’impôts aient été déposées et que les montants indiqués soient exacts. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada propose des conseils sur la gestion de vos dettes et les relations avec vos créanciers.
  • Si un service public ou un prêteur applique des règles spécifiques, discutez-en avec votre administrateur afin que votre offre réponde à ses attentes.

Présentez un projet solide et réaliste

  • Justifiez de revenus réguliers (lettre d’emploi ou contrat) et évitez de vous appuyer sur une rémunération variable.
  • Prévoyez une petite réserve dans votre budget afin de faire face aux dépenses imprévues sans manquer de paiements.

Vous vous demandez quel est le taux de réussite des propositions ? Découvrez les taux d’acceptation des propositions de consommateur au Canada afin de vous fixer des attentes réalistes.

Que se passe-t-il si votre proposition de consommateur est rejetée ?

Une proposition rejetée ne signifie pas pour autant que tout est perdu. Vous disposez généralement de plusieurs options :

  • Modifier et soumettre à nouveau : vous pouvez adapter votre offre (montant total plus élevé, durée plus courte, conditions plus claires) afin de répondre aux préoccupations exprimées.
  • Organisez une réunion des créanciers : votre syndic peut animer une discussion afin de prendre connaissance des objections et de négocier des modifications.
  • Envisagez d’autres solutions : le regroupement de dettes, un plan de gestion de dettes ou la faillite pourraient mieux vous convenir en fonction de vos revenus et de votre patrimoine.

Pour connaître les conséquences étape par étape et les délais, consultez la rubrique « Que se passe-t-il si une proposition de consommateur est rejetée ? »

Exemple pratique : élaborer une offre favorable aux créanciers

Imaginons qu’Alex, un salarié de l’Ontario, ait 48 000 $ de dettes non garanties (cartes de crédit, lignes de crédit) et un salaire net de 4 500 $ par mois. Le budget d’Alex lui laisse 350 $ par mois après le paiement de ses dépenses essentielles.

  • Référence en matière de faillite : d’après les directives relatives au revenu excédentaire, les versements estimés d’Alex au titre de la faillite pourraient s’élever à un montant total compris entre 9 000 et 12 000 dollars sur la période requise.
  • Proposition initiale : Alex propose 350 $ par mois pendant 60 mois, soit 21 000 $ (environ 44 % de la dette). Cette proposition semble intéressante par rapport au seuil de référence en matière de faillite, mais les créanciers demandent des bulletins de salaire récents et des précisions concernant la vente d’un bien d’une valeur de 5 000 $ effectuée l’année dernière.
  • Proposition affinée : Alex fournit des pièces justificatives, réduit les dépenses discrétionnaires mineures afin de constituer une réserve d’urgence mensuelle de 25 dollars, et ramène la durée du plan à 54 mois (toujours 350 dollars par mois, soit 18 900 dollars). Les créanciers acceptent cette proposition en raison de la réalité du budget présenté, de la transparence totale et des perspectives de redressement solides par rapport à une faillite.

Points à retenir :

  • Documentez minutieusement vos revenus et vos principales transactions.
  • Proposez un plan de redressement qui dépasse les estimations en matière de faillite.
  • Prévoyez une petite marge de manœuvre dans votre budget afin de réduire le risque de défaut de paiement.

Autres solutions si la proposition de consommateur ne vous convient pas

Une proposition de règlement n’est pas la solution idéale dans toutes les situations. Si vos revenus sont trop irréguliers ou si votre patrimoine rend la faillite plus susceptible de satisfaire vos créanciers, envisagez les alternatives suivantes :

  • Regroupement de dettes : le fait de remplacer plusieurs dettes à taux d’intérêt élevé par un seul prêt à taux d’intérêt plus bas peut réduire le montant de vos mensualités et simplifier la gestion de vos finances. Découvrez les véritables avantages du regroupement de dettes au Canada.
  • Plan de gestion de la dette : un plan de remboursement structuré mis en place par l’intermédiaire d’un organisme de conseil en crédit peut permettre de réduire les intérêts et d’établir des mensualités abordables.
  • Faillite : si les créanciers ont clairement plus à gagner en optant pour la faillite, ou si votre budget ne vous permet pas d’honorer les versements prévus dans le cadre d’une proposition, la faillite peut s’avérer plus judicieuse. Consultez le guide 2025 comparant la faillite et les propositions de consommateur pour une analyse détaillée.

Contexte économique : pourquoi les refus sont-ils plus fréquents aujourd’hui ?

Les facteurs macroéconomiques influencent le comportement des créanciers. Lorsque les taux d’intérêt sont plus élevés, que le budget des ménages est plus serré et que l’inflation fait grimper le coût de la vie, les créanciers peuvent examiner les demandes avec davantage de rigueur. Les demandes doivent refléter des dépenses réalistes — courses, factures d’électricité, transports — pour satisfaire au critère de faisabilité du prêteur.

Des ressources gouvernementales telles que l’Agence de la consommation en matière financière du Canada et le site Canada.ca proposent des conseils fiables sur l’établissement d’un budget, la gestion de l’endettement et le choix d’une aide fiable.

Conclusion

Les propositions de consommateur sont souvent acceptées lorsqu’elles sont honnêtes, bien étayées et qu’elles offrent des conditions compétitives par rapport à ce que les créanciers pourraient récupérer ailleurs. La plupart des refus sont dus à des offres peu convaincantes, à des informations incomplètes et à des budgets irréalistes. Collaborez étroitement avec un syndic de faillite agréé, évaluez votre offre à l’aune des critères de référence en matière de faillite et présentez un plan solide accompagné de pièces justificatives crédibles. Avec une bonne préparation, vous pouvez transformer un « non » potentiel en un « oui » éclairé et aller de l’avant en toute confiance.

Découvrez les avantages d'un allègement de la dette professionnel

Retour en haut