Résumé : Les dons caritatifs sont en baisse au Canada, mais la solidarité reste forte. Découvrez les raisons de cette baisse et trouvez des moyens concrets et abordables d'apporter votre contribution.
Table des matières
- Quelle est la situation en matière de dons caritatifs au Canada ?
- Les pressions économiques qui influencent la générosité
- L’inflation et le budget des ménages
- Endettement et flux de trésorerie limités
- Pourquoi ce recul ne signifie pas pour autant une diminution de la compassion
- De nouvelles façons pour les Canadiens de s’engager au-delà de l’aspect financier
- Faire du bénévolat de manière plus réfléchie : temps, compétences et micro-bénévolat
- Faire un don de biens de manière efficace
- Micro-dons, dons jumelés et dons réguliers
- Comment les associations caritatives peuvent s’adapter au nouveau contexte des dons
- Conseils pratiques pour continuer à faire des dons sans grever votre budget
- Quand générosité et santé financière se rejoignent
- Des politiques et des données auxquelles les Canadiens peuvent se fier
- Conclusion
De nombreux Canadiens souhaitent aider les autres, mais les budgets serrés rendent les dons financiers plus difficiles. Des études récentes, notamment l’Indice de générosité 2024 de l’Institut Fraser, montrent que la proportion de Canadiens faisant des dons à des œuvres caritatives a diminué au cours de la dernière décennie, et que le montant moyen des dons, exprimé en pourcentage du revenu, a également baissé. Cela ne signifie pas pour autant que les Canadiens se soucient moins du sort d’autrui. Cela signifie simplement que les gens trouvent de nouvelles façons de s’engager lorsque leur budget est serré : par le bénévolat, le don de biens, les micro-dons et le soutien par le partage de leurs compétences.
Dans ce guide, nous allons analyser la situation actuelle des dons caritatifs au Canada, expliquer en quoi les réalités économiques jouent un rôle dans ce contexte et montrer comment les Canadiens peuvent continuer à avoir un impact significatif sans compromettre leur santé financière. Vous y trouverez également des conseils pratiques pour donner de manière plus avisée, ainsi que des références actualisées issues des ressources de Statistique Canada et du gouvernement du Canada.
Quelle est la situation en matière de dons caritatifs au Canada ?
Le secteur caritatif canadien s’appuie depuis longtemps sur les dons des particuliers. Or, au cours de la dernière décennie, deux tendances se sont clairement dessinées :
- Les Canadiens sont de moins en moins nombreux à faire des dons : la proportion de Canadiens faisant des dons est passée d’environ 22 % en 2012 à environ 17 % en 2022.
- Le montant moyen des dons a légèrement reculé : la part des revenus consacrée aux dons est passée d’environ 0,55 % à 0,50 % au cours de la même période.
Ces chiffres reflètent les contraintes qui pèsent sur le budget des ménages, et non un manque de compassion. Les associations caritatives font état d’une demande croissante de services (tels que les banques alimentaires, les aides au logement et les programmes de santé mentale), alors même que les dons financiers diminuent. Cet écart pousse les organisations à diversifier les moyens par lesquels les particuliers peuvent apporter leur contribution, en encourageant le bénévolat, les dons en nature et les petits dons réguliers.
Les pressions économiques qui influencent la générosité
La situation financière des ménages influe directement sur le montant que chacun peut donner. Au cours des dernières années, de nombreuses familles ont dû faire face à une hausse des prix des produits de première nécessité, à des coûts d’emprunt élevés et à une progression salariale limitée. Lorsque le coût de la vie augmente plus vite que les salaires, les dons diminuent naturellement.
L’inflation et le budget des ménages
L’inflation a fait grimper le coût de la vie au quotidien, qu’il s’agisse des courses, du loyer, des transports ou des services publics. Selon Statistique Canada, les prix à la consommation ont augmenté rapidement en 2022-2023 avant de ralentir de manière inégale selon les catégories. L’inflation alimentaire, en particulier, s’est avérée tenace, ce qui touche davantage les ménages à faibles et moyens revenus.
Pour découvrir des stratégies concrètes permettant de gérer le stress lié au budget alimentaire tout en restant généreux, consultez notre guide consacré aux solutions d’experts face à l’inflation alimentaire et à la gestion de l’endettement. Il présente des mesures réalistes pour stabiliser vos dépenses, afin que vous puissiez continuer à prévoir dans votre budget de petits dons réguliers.
Endettement et flux de trésorerie limités
Les coûts liés au service de la dette pèsent également sur les dons. Les Canadiens paient davantage d’intérêts sur leurs dettes à taux variable, et nombreux sont ceux qui ont des soldes impayés sur des cartes de crédit à taux d’intérêt élevé. Lorsqu’une part plus importante des revenus est consacrée au remboursement des dettes, il reste moins d’argent à consacrer aux dons.
- Découvrez pourquoi le rapport épargne/endettement est important pour les ménages canadiens et comment l’amélioration de cet équilibre peut leur permettre de consacrer davantage de moyens à des dons caritatifs.
- Pour mieux comprendre l’impact du coût de la vie sur les décisions des ménages, notamment en matière de dons, découvrez comment la hausse du coût de la vie pousse les Canadiens à rechercher des aides.
Même si l’inflation marque le pas dans certaines régions, les associations caritatives continuent de faire face à une forte demande, notamment pour les produits de première nécessité. Découvrez-en davantage sur la réalité des lacunes en matière de services dans notre analyse consacrée à l’augmentation du recours aux banques alimentaires au Canada.
Pourquoi ce recul ne signifie pas pour autant une baisse de la compassion
La baisse des dons financiers ne signifie pas pour autant une baisse de l’empathie. Les Canadiens continuent de se mobiliser, mais d’une manière différente. Dans les communautés de tout le pays, les gens :
- Bénévolat au sein de banques alimentaires, de centres d’hébergement, de programmes destinés aux jeunes et d’initiatives d’accompagnement des nouveaux arrivants
- Faire don d’objets en bon état lorsque l’on a peu d’argent
- Faire régulièrement de petits dons via des programmes de « arrondi » et des micro-dons
- Mettre des compétences professionnelles à la disposition des associations à but non lucratif qui n’ont pas les moyens de faire appel à des consultants rémunérés
- Participer à des groupes d’entraide locaux et aux réfrigérateurs communautaires
Ces dons permettent d’assurer le fonctionnement de services essentiels et d’alléger la pression sur la trésorerie des associations caritatives.
De nouvelles façons pour les Canadiens de s’engager au-delà de l’aspect financier
Si les dons traditionnels ne sont pas envisageables pour le moment, voici des alternatives concrètes qui permettent tout de même d’avoir un impact significatif.
Faire du bénévolat de manière plus réfléchie : temps, compétences et micro-bénévolat
Toutes les activités bénévoles ne nécessitent pas forcément de longues heures. Pensez-y :
- Micro-bénévolat: permanences d’une à deux heures pour le tri des denrées alimentaires, la mise en place d’événements ou la prospection téléphonique
- Accompagnement axé sur les compétences: aide en matière de comptabilité, de rédaction de demandes de subventions, d’informatique, de marketing ou de gouvernance
- Collectes saisonnières: participez aux périodes de forte affluence (collecte de vêtements d’hiver, fournitures scolaires)
Pour en savoir plus sur les programmes nationaux, les initiatives de service communautaire et les avantages du bénévolat en matière de développement des compétences et d’employabilité, rendez-vous sur le site d’Emploi et Développement social Canada.
Faire un don de biens de manière efficace
Les dons en nature peuvent avoir autant de valeur que les dons en espèces lorsqu’ils permettent de répondre à des besoins immédiats. À noter :
- Articles dont le besoin se fait le plus sentir: denrées non périssables, couches, articles d’hygiène, vêtements chauds et literie
- État et pertinence: des articles propres et en bon état de fonctionnement qui correspondent aux besoins actuels de l’association caritative
- Logistique: trier, étiqueter et emballer les articles afin de faire gagner du temps au personnel
Exemple : une collecte de fin d’année organisée dans un quartier, qui permet de récolter des manteaux et des bottes en bon état, triés par taille, fait gagner des heures aux associations caritatives et vient en aide aux familles juste à temps pour les vagues de froid.
Micro-dons, dons jumelés et dons réguliers
Les petits montants finissent par s’accumuler, surtout lorsqu’ils sont automatisés :
- Arrondissements à la caisse: quelques centimes par achat peuvent se transformer en un don mensuel significatif
- Les micro-dons réguliers: entre 5 et 10 dollars par mois constituent une source de revenus prévisible sur laquelle les associations caritatives peuvent s’appuyer pour établir leur budget
- Contribution de l’employeur: de nombreuses entreprises versent une contribution équivalente aux petits dons ou aux heures de bénévolat — renseignez-vous auprès des ressources humaines
Si vous préférez les dons via des solutions technologiques, recherchez des plateformes qui permettent de faire don de points de fidélité ou de mettre en place des micro-contributions automatiques ; celles-ci vous permettront de faire preuve d’une générosité constante sans peser sur votre trésorerie.
Comment les associations caritatives peuvent s’adapter au nouveau contexte des dons
Alors que les donateurs délaissent les dons ponctuels d’un montant élevé au profit de contributions plus modestes ou non financières, les associations caritatives peuvent renforcer leur résilience en :
- Proposition d’options de don flexibles: micro-dons récurrents, arrondis de montant et bornes permettant de faire un don d’un simple geste
- Intégration des missions de bénévolat: mettre en place des parcours clairs pour les bénévoles intervenant sur la base de leurs compétences et pour les micro-missions
- Faciliter les dons en nature: communiquez les besoins actuels, les horaires de dépôt et les consignes d’emballage
- Rendre compte de l’impact en toute transparence: présenter les résultats par dollar ou par heure de bénévolat afin de préserver la confiance
- Développement de partenariats avec les entreprises: programmes de mise en relation, journées de bénévolat des salariés et dons de marchandises excédentaires
- Utilisation d’outils numériques simples: rationalisez les lettres d’information, les portails destinés aux donateurs et les reçus afin de réduire les coûts administratifs
En résumé : allez à la rencontre des donateurs là où ils se trouvent. Privilégiez la simplicité, la précision et la transparence, et davantage de Canadiens resteront engagés.
Conseils pratiques pour continuer à faire des dons sans grever votre budget
Si vous souhaitez apporter votre contribution mais que votre budget est serré, suivez ces étapes :
- Prévoyez une « ligne « générosité » » dans votre budget: même 5 à 20 dollars par mois suffisent pour entretenir cette habitude
- Profitez des crédits d’impôt: les dons versés à des organismes de bienfaisance agréés donnent droit à des crédits d’impôt fédéraux et provinciaux. Découvrez le crédit d’impôt pour dons de bienfaisance et le fonctionnement des reçus grâce aux ressources du gouvernement du Canada.
- Faites des dons en nature selon un calendrier précis : fixez une journée mensuelle consacrée au désencombrement des vêtements, des livres et des articles ménagers
- Mettez vos compétences au service de l’association: proposez quelques heures d’aide spécialisée (comptabilité, web, rédaction) chaque trimestre
- Tirez parti des programmes proposés par votre entreprise: renseignez-vous sur les contributions de contrepartie de l’employeur et les journées de bénévolat rémunérées
- Donnez la priorité aux besoins locaux: les banques alimentaires et les centres d’hébergement ont souvent l’impact le plus immédiat
- Restez informé: suivez les associations caritatives sur les réseaux sociaux pour prendre connaissance de leurs besoins urgents et suivre l’évolution de la situation
N’oubliez pas non plus que les petits dons réguliers aident les associations caritatives à planifier leurs effectifs et leurs stocks. Si un don mensuel de 10 dollars correspond à votre budget, il est souvent plus utile qu’un don ponctuel de 60 dollars que vous ne pourrez pas renouveler.
Quand générosité et santé financière se rejoignent
Vos dons ne doivent en aucun cas compromettre vos besoins essentiels : logement, alimentation, factures, médicaments et remboursements minimaux de vos dettes. Si ces dépenses deviennent ingérables, commencez par stabiliser votre situation financière afin que votre générosité puisse s’inscrire dans la durée.
- Consultez les solutions de gestion de la dette adaptées aux coûts de la vie élevés pour découvrir comment réduire vos intérêts et rééquilibrer votre budget.
- Si vous ressentez particulièrement les effets de la crise au supermarché, ces stratégies pour faire face à l’inflation alimentaire peuvent vous permettre de dégager de petites sommes afin de faire régulièrement des micro-dons.
- Vous souhaitez en savoir plus sur la situation économique et l’endettement des ménages ? Découvrez pourquoi le rapport épargne/dette est déterminant pour la résilience financière à long terme.
À mesure que les taux évoluent et que les marchés s’ajustent, la situation financière des ménages peut s’améliorer. Pour obtenir une vision plus globale des perspectives à l’horizon 2025 en matière d’accessibilité financière, de gestion de la dette et de budgets, consultez les tendances du marché canadien à mi-année.
Des politiques et des données auxquelles les Canadiens peuvent se fier
Si vous souhaitez fonder vos décisions en matière de dons et de gestion budgétaire sur des informations fiables, commencez par consulter les sources suivantes :
- Statistique Canada: données actualisées sur l’inflation, les salaires, les dépenses des ménages et les tendances régionales
- Gouvernement du Canada: informations sur les organismes de bienfaisance agréés, les crédits d’impôt pour dons, les dates limites de déclaration d’impôt et les prestations
- Emploi et Développement social Canada: recherches et programmes liés au bénévolat, au développement des compétences et aux aides communautaires
Le recours à ces ressources vous permet de vous assurer que votre générosité a un réel impact tout en restant financièrement responsable.
Conclusion
Les dons caritatifs au Canada évoluent en raison des contraintes budgétaires des ménages, mais la volonté des Canadiens d’aider n’a pas faibli. Lorsque les dons en espèces diminuent, le bénévolat, les dons en nature, les micro-dons et l’aide sous forme de compétences comblent ce manque. Les organismes caritatifs qui adoptent des approches souples et transparentes continueront de prospérer. Pour les ménages, la clé réside dans l’équilibre : protégez vos dépenses essentielles, stabilisez votre endettement et donnez de manière cohérente et durable. La compassion perdure — et grâce à des stratégies bien pensées, la générosité peut rester une valeur fondamentale du Canada.

