Les inconvénients des propositions de consommateur au Canada : risques, coûts et meilleures façons de prendre une décision

Résumé : Vous envisagez de faire une proposition de consommateur ? Découvrez les véritables inconvénients — impact sur votre crédit, coûts, limites et risques — ainsi que des alternatives plus sûres et des conseils d'experts pour prendre une décision éclairée.

Les propositions de consommateur aident de nombreux Canadiens à mettre fin au calcul des intérêts, à regrouper leurs dettes non garanties et à reprendre le contrôle de leur situation. Mais comme toute solution juridique, elles comportent des compromis. Comprendre les inconvénients des propositions de consommateur — avant de signer — peut vous faire économiser de l’argent, vous épargner du stress et vous faire gagner du temps. Ce guide explique les principaux risques dans un langage simple, indique aux qui devraient y réfléchir à deux fois et présente des alternatives pratiques que vous pouvez comparer en toute confiance.

En quoi consiste une proposition de consommateur — et pourquoi ses inconvénients sont importants

Une proposition de consommateur est un règlement formel de dettes régi par la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI) du Canada. Vous collaborez avec un syndic autorisé en insolvabilité (SAI) afin de proposer à vos créanciers un remboursement partiel — généralement étalé sur une période pouvant aller jusqu’à 60 mois — en échange d’une remise sur le montant total de la dette. Une fois la proposition déposée, la plupart des mesures de recouvrement sont suspendues en vertu d’un sursis aux poursuites. Les intérêts sur les dettes non garanties visées par la proposition cessent généralement de courir, et vous conservez vos biens, sauf si votre proposition les inclut expressément.

Il s’agit là d’avantages significatifs. Cependant, ces propositions constituent des documents publics juridiquement contraignants, qui entraînent des coûts et des conséquences réels si votre situation venait à évoluer en cours de route. Les recommandations officielles du gouvernement du Canada et de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) insistent sur la nécessité d’examiner toutes les options et d’évaluer l’impact à long terme sur votre crédit et votre budget avant de vous engager.

Les principaux inconvénients des propositions de consommateur

1) Atteinte à votre solvabilité et à votre capacité d’emprunt

Le dépôt d’une proposition entraîne une mention négative sur votre dossier de crédit (généralement indiquée par la note R7 pour le crédit renouvelable). Les principales agences de crédit conservent généralement une proposition de consommateur menée à bien dans leurs fichiers pendant une durée pouvant aller jusqu’à trois ans après la fin de vos remboursements (ou jusqu’à six ans à compter du dépôt de la proposition, selon la première de ces deux échéances, en fonction de la politique de l’agence). Pendant cette période, les prêteurs peuvent appliquer des taux d’intérêt plus élevés, exiger des dépôts de garantie ou refuser vos demandes de prêt, de carte de crédit, de forfait de téléphonie mobile ou de bail d’appartement.

Pour en savoir plus, consultez notre guide expliquant comment les propositions de consommateur influent sur votre cote de crédit et vos perspectives d’avenir. Pour obtenir des informations générales sur les rapports de crédit et vos droits, consultez les conseils de l’ACFC.

2) Les engagements à long terme et le risque de défaut de paiement

Les versements prévus dans le cadre d’un plan de règlement s’étendent généralement sur une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. C’est une longue période pour prévoir vos revenus, vos dépenses liées au logement et vos dépenses familiales. Si vous accumulez un retard important — généralement défini comme trois versements en retard —, le plan de règlement peut être considéré comme annulé. Dans ce cas, la protection juridique prend fin et les créanciers peuvent reprendre le calcul des intérêts, les procédures de recouvrement et les poursuites judiciaires. Les frais que vous avez versés ne sont pas remboursés, et vous risquez de vous retrouver dans une situation plus difficile qu’avant le dépôt de la demande.

Conseil : demandez à votre conseiller LIT si votre proposition peut être structurée de manière à prévoir une marge de sécurité réaliste en cas d’urgence, des versements trimestriels ou une offre forfaitaire si vous prévoyez un remboursement d’impôt, une prime ou une aide familiale. Faire preuve de souplesse dès le départ permet de réduire le risque de défaut de paiement par la suite.

3) Toutes les dettes ne sont pas couvertes ni effacées

Les propositions de règlement à l’amiable concernent les dettes non garanties (cartes de crédit, lignes de crédit, prêts personnels, certaines dettes fiscales). Elles ne permettent pas d’effacer :

  • Les dettes garanties (par exemple, les prêts immobiliers, les crédits automobiles), sauf si vous remettez le bien concerné
  • Pension alimentaire pour conjoint ou enfant et amendes prononcées par le tribunal
  • Les prêts étudiants publics les plus récents (en général, si moins de sept ans se sont écoulés depuis la fin de vos études)

Si une grande partie de ce que vous devez est exclue (ou sera maintenue dans le cadre de la proposition), l’allègement pourrait s’avérer trop limité pour justifier l’impact à long terme sur votre solvabilité. Veillez toujours à vérifier le traitement de chaque dette auprès de votre conseiller en insolvabilité (LIT) et à consulter les informations officielles du gouvernement du Canada concernant les règles en matière d’insolvabilité.

4) Honoraires professionnels inclus et coût total

Les frais LIT sont fixés par des directives fédérales et sont prélevés sur les fonds que vous versez dans le cadre de votre proposition. Bien que vous n’ayez généralement pas à régler de factures distinctes, cela signifie que chaque dollar que vous versez ne sert pas exclusivement à réduire le capital. Ce compromis peut tout de même en valoir la peine, mais comparez le montant total que vous devrez payer dans le cadre de cette proposition à celui d’un prêt de regroupement ou d’un programme de gestion de la dette à but non lucratif.

Exemple : si vous avez une dette de 35 000 $ et que vous la réglez en 60 mensualités de 18 000 $, votre mensualité s’élève à 300 $. C’est peut-être bien mieux que de payer un taux d’intérêt compris entre 19 % et 29 % sur un crédit renouvelable, mais si vos revenus sont variables, un plan rigide sur cinq ans peut s’avérer risqué.

5) Antécédents judiciaires et problèmes potentiels liés à l’emploi ou à l’obtention d’une licence

Au Canada, les propositions de consommateur constituent des informations publiques figurant dans la base de données sur l’insolvabilité (consultable auprès du Bureau du surintendant des faillites). Si la plupart des emplois ne sont pas concernés, les postes nécessitant une caution, une responsabilité fiduciaire, certaines habilitations de sécurité ou un agrément professionnel peuvent donner lieu à des questions concernant les antécédents d’insolvabilité. Cela ne constitue généralement pas un motif d’exclusion, mais cela peut compliquer les démarches de candidature et allonger les délais de promotion.

6) Les dettes cosignées ou conjointes engendrent des problèmes communs

Une proposition de consommateur vous engage, vous, et non votre cosignataire. Si votre conjoint, un de vos parents ou un ami a cosigné un prêt, votre proposition ne le dégage pas de sa responsabilité. Les créanciers peuvent continuer à les poursuivre en justice pour obtenir le remboursement intégral. Si les dettes cosignées représentent une part importante de votre endettement, demandez à votre conseiller en insolvabilité s’il est approprié de présenter une proposition conjointe — et assurez-vous que tout le monde en comprenne bien les conséquences au préalable.

7) Conséquences sur le logement, les véhicules et les assurances

L’un des avantages des propositions de consommateur est que vous conservez généralement vos biens. Cela dit, les prêteurs et les assureurs peuvent réévaluer le risque lors des renouvellements. Vous pourriez être confronté à :

  • Hausse des taux des prêts immobiliers ou automobiles lors du renouvellement
  • Réduction des limites de crédit ou fermeture des lignes de crédit
  • Demandes de cautions plus élevées pour les abonnements aux services publics ou les forfaits de téléphonie mobile

Pour mieux comprendre comment les biens sont traités, découvrez ce qu’il advient de vos biens dans le cadre d’une proposition de consommateur.

8) Les variations imprévues des taux d’intérêt et de l’inflation peuvent mettre votre budget à rude épreuve

Sur une période de cinq ans, les taux d’intérêt et le coût de la vie peuvent évoluer considérablement. La Banque du Canada surveille l’inflation et la politique des taux d’intérêt, et ces variations peuvent avoir une incidence sur les loyers, le coût des denrées alimentaires et les frais de transport, rendant ainsi plus difficile le paiement d’une mensualité qui était auparavant abordable. Établissez un budget prudent et constituez, si possible, un petit fonds d’urgence.

Qui devrait y réfléchir à deux fois avant de déposer une demande ?

Bien que ces propositions aident de nombreux ménages, elles ne constituent pas forcément la solution la plus adaptée si :

  • Le montant total de vos dettes non garanties est relativement modeste (par exemple, inférieur à 10 000–15 000 dollars) et vous pouvez prétendre à un prêt de regroupement à taux avantageux
  • La plupart des dettes sont garanties (prêts immobiliers/prêts automobiles), ou une grande partie d’entre elles ne sont pas éligibles (prêts étudiants récents, obligations alimentaires, amendes)
  • Vos revenus sont très variables (saisonniers, à la commission), ce qui rend les paiements fixes risqués
  • Vous espérez une amélioration à court terme (par exemple, une promotion garantie, un retour au travail) qui pourrait vous permettre de rembourser votre prêt plus rapidement et à moindre coût
  • Les dettes principales sont co-signées, et cette proposition ferait peser la charge sur la famille ou les amis
  • Votre carrière nécessite la souscription d’une caution ou la communication d’informations financières, ce qui pourrait se compliquer en cas de dépôt de bilan

Comment évaluer une proposition de consommateur par rapport aux autres solutions possibles

Option n° 1 : Prêt de regroupement de dettes

Pour les emprunteurs dont la solvabilité est correcte à bonne et qui disposent d’un revenu stable, un prêt unique à taux réduit peut simplifier les remboursements et réduire les intérêts sans laisser de trace dans le fichier de crédit. Comparez les coûts réels et les chances d’obtention d’un prêt dans notre guide sur le regroupement de dettes au Canada. Un prêt de regroupement peut également être refinancé ultérieurement si les taux baissent.

Option n° 2 : Programme de gestion de la dette (conseil en matière de crédit)

Les organismes de conseil en crédit à but non lucratif peuvent souvent négocier une réduction, voire une suppression, des intérêts auprès des principaux créanciers et regrouper les paiements en un seul montant mensuel. Un plan de gestion de la dette (PGD) ne constitue pas une procédure d’insolvabilité au sens juridique du terme et ne fait pas l’objet d’un enregistrement public. Bien qu’il ait tout de même un impact sur votre solvabilité, cet effet diffère de celui d’une proposition de règlement et peut être de plus courte durée. Il n’inclut généralement pas les dettes fiscales envers l’État, mais peut s’avérer particulièrement adapté lorsque la majeure partie de vos dettes concerne des cartes de crédit et des lignes de crédit.

Option n° 3 : Faillite ou proposition de consommateur

Dans certains cas — notamment si vous disposez de faibles revenus ou si votre endettement est élevé —, la faillite peut s’avérer moins coûteuse et plus rapide qu’une proposition de réorganisation sur cinq ans. En revanche, la faillite peut s’accompagner d’obligations de déclaration plus strictes et avoir des répercussions sur certains actifs. Pour comparer côte à côte les coûts, les délais et les implications sur vos actifs, consultez l’article « Faillite ou proposition de consommateur au Canada (2025) : différences claires, coûts et comment faire son choix ».

Option n° 4 : Budgétisation ciblée et aide temporaire en cas de difficultés financières

Avant de déposer une demande, examinez les solutions proposées en cas de difficultés financières à court terme (report de paiement, réduction des montants minimaux) et affinez votre budget. L’ACFC propose des outils impartiaux et des informations sur la gestion des factures ainsi que sur vos droits face aux prêteurs et aux agents de recouvrement. Si vous n’avez besoin que d’un allègement temporaire, ces mesures pourraient suffire à vous éviter un enregistrement officiel d’insolvabilité.

Comment vous protéger si vous déposez effectivement une proposition

  • Testez la résistance de votre budget. Prévoyez une marge de manœuvre pour faire face à l’inflation, aux réparations automobiles et aux baisses de revenus. Si vous n’arrivez à honorer vos mensualités que lorsque tout se passe parfaitement bien, c’est que votre budget est trop serré.
  • Renseignez-vous sur les conditions applicables en cas de retard de paiement. Veuillez préciser à quel moment exactement une proposition est considérée comme en défaut de paiement ou annulée, et si le LIT peut demander une modification en cas de changement de vos revenus.
  • Si possible, envisagez un versement forfaitaire. Un remboursement d’impôt ou un don familial peut raccourcir vos délais et réduire le risque de défaut de paiement.
  • Protégez les cosignataires. Si vous avez des dettes communes, demandez-vous s’il ne serait pas plus judicieux de présenter une proposition commune — et consignez tout par écrit entre les membres de la famille.
  • Préparez-vous à rétablir votre solvabilité. Une fois la procédure engagée, utilisez des outils spécifiques et peu risqués — tels qu’une carte de crédit sécurisée et un petit versement échelonné abordable, réglé dans les délais — pour vous reconstruire de manière responsable. Consultez notre analyse détaillée des implications en matière de crédit et des étapes de rétablissement.

Un exemple concret : quand une proposition peut se retourner contre son auteur

Jasmin a une dette de 35 000 $ répartie sur trois cartes de crédit, avec des taux d’intérêt compris entre 19 % et 26 %. Elle dépose une proposition de consommateur de 18 000 $ sur 60 mois (300 $ par mois). La première année, tout se passe bien. Puis son loyer augmente de 250 $ et sa voiture a besoin de réparations. Elle prend du retard dans ses paiements ; la proposition est finalement considérée comme annulée. Le recouvrement et les intérêts reprennent sur les soldes restants. À ce jour, elle a versé 3 600 $ au titre de la proposition, mais doit toujours faire face à la majeure partie de sa dette initiale, à laquelle s’ajoutent les intérêts recommencés et la pression des agents de recouvrement. Un programme de gestion de la dette aurait pu lui permettre de réaliser des économies mensuelles similaires tout en lui offrant davantage de flexibilité, ou bien une proposition de remboursement forfaitaire sur une période plus courte aurait pu réduire la période à risque.

La leçon à retenir : les échéances longues augmentent les risques liés à la vie. Si une proposition constitue votre meilleure option, essayez de raccourcir la durée du contrat en optant pour un versement unique ou choisissez des mensualités que vous êtes réellement en mesure d’assumer.

Points essentiels à vérifier avant de signer

  • Conditions d’éligibilité et types de dettes : quelles sont les dettes qui seront prises en compte, et lesquelles ne le seront pas ?
  • Montant total en dollars que vous devrez payer : il ne s’agit pas seulement du montant mensuel, mais quel est le coût total sur la durée ?
  • Règles en cas de défaut de paiement : à partir de quand êtes-vous considéré comme en défaut de paiement et comment le LIT peut-il vous aider si votre situation évolue ?
  • Conséquences pour les cosignataires : qu’advient-il des comptes joints et des co-emprunteurs ?
  • Considérations relatives à l’emploi et aux autorisations : Travaillez-vous dans un secteur où une situation d’insolvabilité pourrait avoir des répercussions sur les cautions ou les autorisations ?
  • Comparaison avec les autres solutions : quel est le choix le plus adapté à votre situation entre un prêt de regroupement de dettes, un programme de gestion de dettes à but non lucratif ou la faillite ?

Si vous avez besoin d’une comparaison claire et détaillée pour vous aider à prendre votre décision, examinez les différences entre la faillite et la proposition de consommateur et demandez-vous si une alternative moins coûteuse, telle que le regroupement de dettes, pourrait constituer une solution valable.

En résumé

Les propositions de consommateur peuvent constituer des outils efficaces, en particulier lorsque les intérêts ont grimpé en flèche et que les relances ne cessent pas. Cependant, elles ne sont ni gratuites, ni confidentielles, ni sans risque — et elles peuvent ne pas convenir lorsque les dettes sont modestes, que les revenus sont incertains ou que certaines obligations essentielles sont exclues. Examinez attentivement l’impact sur votre solvabilité, les coûts, les règles en cas de défaut de paiement et les conséquences pour les cosignataires. Comparez votre proposition à un prêt de consolidation, à un programme de gestion de la dette et (dans certains cas) à la faillite. Appuyez-vous sur les recommandations officielles du gouvernement du Canada et de la Banque du Canada concernant la conjoncture économique pour élaborer votre plan quinquennal. Un choix mûrement réfléchi et prudent aujourd’hui préservera vos options futures et votre tranquillité d’esprit.

Découvrez les avantages d'un allègement de la dette professionnel

Retour en haut