Faut-il conserver ses cartes de crédit inutilisées ? Canada 2026

Vous avez une carte de crédit qui traîne dans un tiroir. Vous ne l’avez pas utilisée depuis deux ans, et chaque fois que vous y pensez, vous ressentez une petite envie d’appeler la banque pour la résilier. Moins de comptes, moins de relevés, moins de tentations. Cela semble être la décision la plus responsable. Pour de nombreux Canadiens, ce n’est pas le cas — et la raison n’a rien à voir avec la volonté, mais tout à voir avec la manière dont les cotes de crédit sont calculées dans ce pays.

La décision de conserver ou non des cartes de crédit inutilisées dépend de trois facteurs : le coût de la carte, la part de votre crédit total disponible que vous utilisez réellement, et depuis combien de temps ce compte figure dans votre dossier. Si vous tenez compte de ces trois éléments, la décision s’impose généralement d’elle-même. Ce guide vous présente les véritables compromis à faire, les situations dans lesquelles la fermeture est réellement la bonne décision, ainsi que les alternatives à envisager lorsque la carte vous facture des frais annuels que vous jugez excessifs.

Réponse rapide: Dans la plupart des cas, conserver une carte de crédit inutilisée ouverte est bénéfique pour votre score de crédit : cela préserve votre ligne de crédit disponible (ce qui réduit votre taux d’utilisation) et protège l’ancienneté moyenne de vos comptes. La fermeture n’est généralement justifiée que lorsque la carte entraîne des frais annuels dont vous ne pouvez pas obtenir l’exonération, ou lorsque le fait de la conserver vous incite réellement à vous endetter. Si vous avez des soldes impayés sur d’autres cartes, la fermeture d’une carte inutilisée peut faire baisser sensiblement votre cote de crédit.

Que se passe-t-il réellement lorsque vous résiliez une carte de crédit ?

Deux éléments changent dès la clôture d’une carte, et tous deux ont une incidence directe sur votre score de crédit.

Le premier est votre taux d’utilisation du crédit, c’est-à-dire le pourcentage de votre crédit disponible que vous utilisez actuellement. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada considère qu’il s’agit de l’un des principaux facteurs pris en compte par les prêteurs et les agences d’évaluation du crédit, et recommande de maintenir vos soldes bien en dessous de vos limites. La clôture d’une carte retire sa limite du calcul tout en laissant vos soldes inchangés. Votre endettement n’a pas changé ; c’est votre crédit disponible qui a diminué. Mathématiquement, votre taux d’utilisation augmente.

Le deuxième critère est la durée de votre historique de crédit. Les comptes les plus anciens jouent en votre faveur. Equifax Canada et TransUnion tiennent tous deux compte de la durée depuis laquelle vous disposez d’un crédit, et un compte que vous avez ouvert à vingt-deux ans contribue discrètement à améliorer votre dossier chaque mois, simplement par son existence. Au Canada, un compte clôturé et en règle reste généralement inscrit sur votre dossier de crédit pendant plusieurs années après sa clôture ; l’impact négatif n’est donc pas immédiat, mais il est limité dans le temps, et lorsque ce compte finira par disparaître, l’âge moyen de vos comptes baissera en conséquence.

Aucun de ces deux effets n’est catastrophique en soi. Combinés, et surtout si vous avez des soldes impayés ailleurs, ils peuvent faire varier votre score de manière significative au pire moment possible — par exemple trois mois avant une demande de prêt immobilier. Si vous souhaitez avoir une vue d’ensemble de ce que les agences évaluent réellement, le guide de l’ACFC intitulé « Les bases du rapport de crédit et de la cote de crédit » constitue l’explication gratuite la plus claire qui soit.

Pourquoi conserver une carte non utilisée ?

Un taux d’utilisation du crédit plus faible: la limite de la carte est prise en compte dans votre crédit total disponible, ce qui permet de maintenir votre taux d’utilisation à un niveau bas, même si vous ne dépensez jamais un seul dollar avec cette carte. C’est la principale raison pour laquelle il vaut mieux ne pas y toucher.
Un historique de crédit plus long: un compte ancien contribue discrètement à allonger l’ancienneté moyenne de vos comptes chaque année où il reste ouvert. Vous ne pouvez pas rattraper ce retard par la suite : vous ne pouvez que repartir de zéro.
Solution d’urgence: une carte sans solde constitue un véritable filet de sécurité en cas de réparation automobile ou de frais vétérinaires, et elle revient moins cher qu’un prêt sur salaire ou qu’une avance de fonds sur une carte ayant atteint sa limite.
Cela permet de maintenir un bon profil de crédit. Disposer de plusieurs comptes de crédit renouvelables en règle est plus favorable aux yeux d’un prêteur qu’une seule carte dont le solde avoisine la limite.

Raisons de le fermer quand même

Frais annuels: payer 120 dollars par an pour une carte que vous n’utilisez pas représente un coût réel pour un avantage minime en termes de score. Si l’émetteur refuse de vous en exonérer ou de réduire le montant de ces frais, le rapport coût-bénéfice peut s’inverser.
Une véritable tentation: si une ligne de crédit ouverte se transforme systématiquement en solde que vous ne parvenez pas à rembourser, la protection de votre score de crédit est le moindre de vos soucis. Votre budget passe avant tout.
Risque de fraude: une carte que vous ne vérifiez jamais est une carte sur laquelle une transaction frauduleuse peut passer inaperçue pendant des mois. Les comptes inactifs font l’objet de moins d’attention, et non l’inverse.
Cartes de crédit conjointes ou liées à un ex-partenaire: un compte partagé lié à une personne avec laquelle vous n’avez plus de lien financier constitue un risque, quel que soit son impact sur votre taux d’utilisation.

Qui devrait conserver cette carte active ?

Il semble judicieux de le laisser ouvert si :

  • Cette carte ne comporte pas de frais annuels — c’est le cas le plus simple, et cela concerne la plupart des gens.
  • Vous avez des soldes impayés sur d’autres cartes ou lignes de crédit ; le taux d’utilisation est donc particulièrement important en ce moment.
  • Il s’agit de l’un de vos comptes les plus anciens, ou de l’un des deux ou trois seuls comptes figurant dans votre dossier.
  • Vous envisagez de souscrire un crédit immobilier, un crédit automobile ou de refinancer votre prêt au cours des 12 à 24 prochains mois.
  • Vous êtes en train de rétablir activement votre solvabilité et avez besoin de chaque point d’historique positif que vous pouvez conserver.

Qui devrait le fermer ?

Il est probablement préférable de clore la transaction si :

  • Les frais annuels sont bien réels, l’émetteur ne les supprimera pas et il n’existe pas de formule sans frais vers laquelle vous pourriez passer.
  • Le fait de disposer de cette carte vous a conduit à plusieurs reprises à contracter des dettes que vous avez eu du mal à rembourser.
  • Il s’agit d’une carte commune avec un ex-conjoint ou un ex-partenaire, ou d’un statut d’utilisateur autorisé dont vous souhaitez vous désengager.
  • Vous disposez de nombreuses cartes et d’un historique de crédit solide et de longue date : la perte d’une limite n’aura pas d’incidence notable sur votre taux d’utilisation.
  • Cette carte provient d’un commerçant ou d’un émetteur en qui vous n’avez plus confiance, ou ses conditions ne vous permettent pas de suivre facilement son utilisation.
Si vous avez déjà des dettes de carte de crédit qui vous posent problème, la question de savoir s’il faut garder ou fermer votre compte n’est qu’un détail. C’est le taux d’intérêt qui pose problème. Un calculateur d’intérêts de carte de crédit vous permettra de déterminer ce que ce solde vous coûte réellement chaque mois, et ce montant est généralement plus élevé que ce que l’on imagine.

Comment cela se traduit-il en chiffres ?

Imaginons que vous ayez trois cartes bancaires. Vous avez un solde total de 6 000 dollars réparti sur deux d’entre elles, tandis que la troisième — une ancienne carte sans frais dotée d’une limite de 5 000 dollars — reste inutilisée.

ScénarioUtilisation
Limites totales avec les trois cartes actives (15 000 $)40 %
Limites totales après la clôture de la carte non utilisée (10 000 $)60 %
Solde dû — inchangé, dans un sens comme dans l’autre6 000 $

Vous n’avez pas emprunté un centime de plus. Vous n’avez manqué aucun paiement. Mais sur le papier, votre taux d’utilisation de crédit est passé de 40 % à 60 %, et c’est le genre de hausse qui peut faire chuter votre score de plusieurs dizaines de points. La plupart des recommandations au Canada suggèrent de rester en dessous de 30 % d’utilisation dans la mesure du possible, ce qui signifie que cette limite inutilisée de 5 000 $ vous était plus profitable qu’il n’y paraissait depuis le tiroir où elle se trouvait.

Maintenant, inversons la situation. Si vous n’avez aucune dette sur aucune de vos cartes, la fermeture de celle que vous n’utilisez pas fait passer votre taux d’utilisation de 0 % à 0 %. L’impact sur votre score se limite à l’effet lié à l’ancienneté du compte, qui est moins important et plus lent à se manifester. Le contexte est ici déterminant.

Comment gérer une carte inutilisée, étape par étape

  1. Commencez par consulter votre dossier de crédit. Equifax Canada et TransUnion Canada proposent toutes deux des rapports gratuits. Vérifiez le plafond de la carte, la date d’ouverture du compte et assurez-vous qu’il n’y a pas de frais ou de charges dont vous n’aviez pas connaissance.
  2. Vérifiez s’il y a des frais annuels. C’est ce qui fait pencher la balance pour la plupart des gens. S’il n’y a pas de frais, il n’y a pas de raison valable de mettre fin au contrat. La présence de frais change la donne.
  3. S’il y a des frais, veuillez contacter l’émetteur avant de finaliser toute opération. Demandez à en être dispensé ou à passer à une version sans frais de cette carte. Ce changement de formule permet généralement de conserver le compte d’origine et son historique intacts — ce qui est justement le but recherché.
  4. Calculez votre taux d’utilisation selon les deux méthodes. Additionnez vos soldes, divisez-les par le montant total de vos limites de crédit avec la carte, puis refaites le calcul sans tenir compte de celle-ci. Si le deuxième chiffre dépasse 30 %, c’est un argument de poids en faveur du maintien de ce compte ouvert.
  5. Configurez un petit prélèvement récurrent. A streaming subscription or a phone bill on autopay, paid off in full automatically each month, keeps the account active so the issuer doesn’t close it for inactivity.
  6. Activez les alertes et bloquez la carte dans votre application bancaire. La plupart des émetteurs canadiens vous permettent de bloquer une carte en ligne. Vous conservez la limite de crédit et l’historique de la carte ; vous éliminez ainsi le risque de fraude et la tentation.
  7. Vérifiez-le une fois par an. Check the statement, confirm the fee status, and make sure the account is still reporting correctly to both bureaus.

Si c’est votre score qui vous préoccupe avant tout, le guide de l’ACFC sur l’amélioration de votre score de crédit présente les habitudes qui ont bien plus d’impact que n’importe quelle décision ponctuelle d’ouvrir ou de fermer un compte. Et si des erreurs nuisent à votre dossier, il s’agit là d’un problème distinct : notre guide sur les services de rétablissement de crédit au Canada explique ce que vous pouvez faire vous-même gratuitement avant de faire appel à un professionnel.

En résumé

Conclusion : pour la plupart des Canadiens, il vaut mieux conserver une carte de crédit sans frais que vous n’utilisez jamais : cela vous permet de préserver votre taux d’utilisation et votre historique de crédit sans aucun coût. Fermez-la lorsque les frais annuels sont réels et inévitables, lorsque le compte est partagé avec une personne dont vous vous êtes séparé, ou lorsque le fait de la conserver vous conduit réellement à vous endetter. Évitez simplement de fermer un compte dans les mois précédant une demande de prêt immobilier ou de crédit.

Et si la raison pour laquelle vous envisagez de résilier certaines cartes est que les soldes des autres vous échappent, il s’agit là d’un problème différent, qui appelle d’autres solutions. Regrouper les soldes à taux d’intérêt élevé en un seul paiement à taux réduit peut réduire considérablement le montant de vos intérêts — notre guide sur le regroupement de dettes au Canada explique comment cela fonctionne et à qui cela convient. Si l’endettement dépasse ce que le regroupement peut résoudre, le conseil en crédit dispensé par des organismes à but non lucratif constitue un point de départ sûr et réglementé.

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Foire aux questions

La résiliation d’une carte de crédit a-t-elle un impact négatif sur votre cote de crédit au Canada ?

Cela peut avoir deux conséquences. La fermeture de la carte entraîne la suppression de sa limite de crédit de votre crédit total disponible, ce qui augmente votre taux d’utilisation du crédit si vous avez des soldes impayés sur d’autres comptes — et ce taux d’utilisation est l’un des facteurs les plus déterminants pour votre score. Cela réduit également, à terme, la durée moyenne de votre historique de crédit, une fois que le compte fermé aura disparu de votre dossier. Si vous n’avez aucun solde impayé sur aucune carte et que vous disposez de nombreux autres comptes ouverts de longue date, l’impact est généralement faible. Si vous avez des soldes impayés, il peut être significatif.

Combien de temps une carte de crédit résiliée reste-t-elle inscrite dans mon dossier de crédit canadien ?

Un compte clôturé et en règle figure généralement sur votre dossier de crédit pendant plusieurs années après sa clôture — on parle souvent d’environ six ans chez Equifax et TransUnion, bien que les modalités exactes puissent varier selon l’agence et la province. Pendant cette période, il continue de contribuer à la durée de votre historique de crédit. Une fois qu’il disparaît, l’ancienneté moyenne de vos comptes diminue, ce qui explique pourquoi l’impact sur votre score de la clôture d’une ancienne carte est souvent différé plutôt qu’immédiat.

Ma banque va-t-elle résilier d’elle-même une carte de crédit inutilisée ?

Oui, les émetteurs peuvent clôturer des comptes en cas d’inactivité prolongée, et ils le font effectivement, sans être tenus de vous consulter au préalable. Certains vous enverront un avis, d’autres non. Le moyen le plus simple d’éviter cela est d’effectuer un petit prélèvement récurrent sur la carte — un abonnement ou une facture de services publics — avec un paiement automatique intégral chaque mois. Cette seule transaction permet de maintenir le compte en activité sans générer de dette.

Vaut-il mieux résilier une carte ou demander une limite inférieure ?

Aucune de ces deux solutions n’est idéale si votre objectif est de préserver votre score de crédit, car elles réduisent toutes deux votre crédit disponible et augmentent votre taux d’utilisation. Cela dit, une réduction de la limite est généralement l’option la plus douce : le compte reste ouvert, ce qui vous permet de conserver votre historique de crédit. Ne demandez une réduction de limite que si vous le faites pour contrôler vos dépenses, et sachez que la plupart des émetteurs ne la rétabliront pas facilement. Le gel de la carte dans votre application bancaire vous permet d’exercer la même maîtrise de soi sans toucher à votre limite.

Dois-je résilier mes cartes de crédit avant de faire une demande de prêt immobilier ?

En règle générale, non — et surtout pas au cours des trois à six mois précédant votre demande. La clôture d’une carte de crédit augmente votre taux d’utilisation au moment même où un prêteur examine votre dossier avec le plus d’attention, et les prêteurs canadiens évaluent à la fois votre score et votre situation de crédit globale au cours du processus d’approbation. Si vous souhaitez renforcer votre position avant de déposer une demande de prêt immobilier, remboursez vos soldes plutôt que de clôturer des comptes. Consultez votre courtier en prêts immobiliers ou votre prêteur avant d’apporter la moindre modification à vos comptes de crédit.

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