Si vous habitez à Ottawa et que le solde de vos cartes de crédit ne diminue plus, quel que soit le montant que vous remboursez chaque mois, le terme « conseil en crédit » est sans doute l’une des premières expressions que vous avez saisies dans un moteur de recherche. Cela semble officiel et fiable — et c’est souvent le cas. Mais le titre de « conseiller en crédit » n’est pas protégé en Ontario, et il peut être difficile de faire la distinction, à partir d’un simple site web, entre un organisme à but non lucratif véritablement utile et une entreprise commerciale utilisant les mêmes termes.
Ce guide explique en quoi consiste réellement le conseil en matière de crédit à Ottawa, combien cela coûte, comment vérifier la légitimité d’un organisme avant de lui remettre le moindre document et — ce qui est tout aussi important — dans quels cas ce n’est pas la solution adaptée à votre situation. Pas de tactiques alarmistes, pas de pression. Simplement ce qu’une personne sensée souhaiterait savoir avant de décrocher son téléphone.
En quoi consiste réellement le conseil en crédit ?
Le conseil en matière de crédit est un service dans le cadre duquel un conseiller qualifié examine votre situation financière dans son ensemble — revenus, dépenses, dettes, taux d’intérêt — et vous aide à élaborer un plan pour y faire face. Le premier rendez-vous est généralement gratuit et consiste simplement en un échange informel. Vous apportez vos relevés, le conseiller fait le calcul avec vous, et vous repartez en sachant exactement où vous en êtes.
Pour certaines personnes, cet entretien constitue l’intégralité du service. Vous vous rendez compte que votre budget offre plus de marge que vous ne le pensiez, vous procédez vous-même au regroupement de vos dettes, et tout va bien. Pour d’autres, le conseiller recommande un plan de gestion de la dette (PGD). Dans le cadre d’un PGD, l’organisme contacte chacun de vos créanciers non garantis et leur demande de geler ou de réduire considérablement les intérêts. Vous effectuez ensuite un versement mensuel unique à l’organisme, qui se charge de le répartir entre vos créanciers jusqu’au remboursement intégral de la dette — généralement sur une période de 48 à 60 mois. Vous pouvez consulter notre guide complet sur le fonctionnement des plans de gestion de la dette au Canada si vous souhaitez en connaître les mécanismes en détail.
Ce qu’il faut surtout comprendre, c’est qu’un plan de gestion de la dette (DMP) permet de rembourser l’intégralité de ce que vous devez. Aucune dette n’est effacée. Ce qui change, ce sont les intérêts, et cela seul peut faire la différence entre un solde qui diminue et un solde qui stagne. C’est là la principale différence entre le conseil en crédit et les procédures d’insolvabilité, dans lesquelles une partie de la dette est légalement annulée.
Il est également utile de savoir ce que le conseil en crédit n’est pas. Il ne s’agit pas d’un règlement de dettes. Les sociétés de règlement de dettes facturent des frais pour négocier des remboursements forfaitaires et affichent de mauvais résultats au Canada — l’Agence de la consommation en matière financière du Canada publie un avertissement rédigé en langage clair à leur sujet, qui mérite que vous y consacriez cinq minutes de votre temps. En Ontario, les services de recouvrement et de règlement de dettes sont régis par la Loi sur les services de recouvrement et de règlement de dettes, qui fixe des règles en matière d’honoraires et de conduite professionnelle.
Dans quels cas le conseil en matière de crédit s’avère-t-il véritablement utile ?
La plupart des créanciers canadiens gèlent ou réduisent considérablement les intérêts dans le cadre d’un programme de gestion de la dette (PGD). Pour un solde de 25 000 $ à 20 %, cela représente environ 400 $ par mois qui sont désormais affectés au remboursement du capital plutôt qu’aux intérêts.
Au lieu de devoir jongler entre six dates d’échéance et six montants minimaux à payer, vous versez chaque mois un seul montant à l’agence. Pour beaucoup de gens, le soulagement psychologique compte autant que les calculs.
Une fois que les créanciers ont accepté le plan et que les paiements commencent à arriver, les appels téléphoniques diminuent généralement. Les comptes inscrits ne font plus l’objet de relances.
Une agence sérieuse effectuera gratuitement l’évaluation initiale et vous dira en toute honnêteté si un programme de gestion de la dette (DMP) ne constitue pas la meilleure option pour vous — et vous orientera même vers la procédure de faillite si tel est le cas.
Pour les personnes qui tiennent absolument à rembourser ce qu’elles ont emprunté, un plan de gestion de la dette (DMP) leur permet d’y parvenir sans que cela n’entraîne l’inscription au casier judiciaire qu’implique une déclaration d’insolvabilité.
Les bons conseillers consacrent du temps aux habitudes et au budget familial, et pas uniquement à l’endettement. En effet, ce dernier a tendance à perdurer au-delà du plan lui-même.
Les compromis dont personne ne parle d’emblée
Les créances faisant l’objet d’un plan de gestion de la dette (DMP) sont généralement classées sous la mention « R7 », qui figure dans votre dossier pendant environ deux ans après la fin du plan. Cette mention est moins grave qu’une faillite, mais elle n’est pas anodin.
La participation à un plan de gestion de la dette (DMP) est facultative de leur part. La plupart y participent, mais il suffit qu’un seul créancier refuse d’y adhérer pour qu’il puisse rester en dehors du plan et continuer à percevoir des intérêts ou à poursuivre ses démarches de recouvrement.
Les comptes à crédit sont fermés. Vous devrez fonctionner au comptant et par carte de débit pendant plusieurs années, ce qui demandera une certaine adaptation si vous aviez l’habitude de recourir au crédit pour combler vos déficits.
Même les organismes à but non lucratif facturent des frais de dossier ainsi qu’une commission administrative mensuelle. Cette pratique est réglementée en Ontario, mais « à but non lucratif » ne signifie pas « gratuit » : nous détaillons les coûts réels dans notre guide consacré à la question de savoir si les plans de gestion de la dette sont gratuits.
Les prêts immobiliers, les crédits automobiles et les soldes dus à l’ARC ne sont absolument pas pris en compte dans un programme de gestion de la dette. Si ce sont là vos difficultés, vous vous adressez à la mauvaise instance.
Les taux de réussite sont variables. Si le paiement mensuel ne fonctionne que lorsque tout se passe parfaitement bien, une simple réparation automobile peut faire capoter tout le projet.
À qui s’adresse le conseil en matière de crédit à Ottawa ?
- Vous disposez d’un revenu régulier — un emploi dans la fonction publique fédérale ou provinciale, un poste stable dans le secteur privé, une activité indépendante qui vous assure des revenus fiables — et le problème réside dans les intérêts, et non dans vos revenus.
- Votre dette non garantie correspond à environ un an de revenus, voire moins, et vous voyez comment vous en débarrasser en moins de cinq ans.
- La majeure partie de vos dettes concerne des cartes de crédit, des lignes de crédit ou des prêts personnels non garantis.
- Vous êtes à jour dans vos paiements ou n’avez qu’un léger retard — aucune saisie sur salaire n’a encore été effectuée, aucun jugement n’a été rendu.
- Vous souhaitez rembourser l’intégralité de votre dette et préférez éviter qu’une procédure d’insolvabilité figure dans votre dossier.
- Vous pourriez vous acquitter de la mensualité tout en conservant une petite marge de manœuvre, sans avoir à vous restreindre au strict minimum.
À qui ce site ne s’adresse pas
- Le montant de votre dette non garantie dépasse environ deux ans de salaire net. Les chiffres d’un plan de remboursement intégral ne tiennent tout simplement pas la route.
- Vos revenus ont baissé et ne se sont pas rétablis. Un plan de gestion de la dette (DMP) part du principe que vous serez en mesure d’honorer vos versements pendant des années.
- Un créancier a déjà procédé à une saisie-arrêt sur votre salaire ou s’apprête à le faire. Dans ce cas, renseignez-vous sur les règles relatives à la saisie-arrêt sur salaire en Ontario et consultez un syndic : seule une demande de mise en faillite permet de mettre fin immédiatement à une saisie-arrêt.
- La majeure partie de votre endettement est constituée de dettes fiscales auprès de l’ARC, de prêts étudiants entrant dans le délai de sept ans ou de prêts garantis. Un programme de gestion de la dette (PGD) ne permet pas de régler ces problèmes.
- Vous envisagez de faire appel à une société de règlement qui exige le paiement de ses honoraires à l’avance. Évitez-la.
- Vous avez déjà essayé un DMP et cela n’a pas fonctionné. Une deuxième tentative avec la même structure aboutit rarement à un résultat différent.
Si vous vous retrouvez dans cette situation, la prochaine étape ne consiste pas à consulter un autre conseiller, mais à vous adresser à un syndic de faillite agréé, seul professionnel au Canada habilité par le gouvernement fédéral à déposer des propositions de consommateur et des déclarations de faillite. Le Bureau du surintendant des faillites explique le programme obligatoire de conseil en matière d’insolvabilité qui est intégré à ces procédures. Notre comparatif entre une proposition de consommateur et un plan de gestion de la dette présente les différences entre ces deux options en termes de coût, d’impact sur le crédit et de protection juridique.
À quoi ressemblent réellement ces chiffres ?
Prenons l’exemple d’un ménage d’Ottawa ayant une dette de 27 000 dollars répartie sur trois cartes de crédit, à un taux d’intérêt d’environ 20 %. Voici comment cette même dette évolue selon trois approches différentes.
C’est cette différence qui fait toute la différence. Un plan de gestion de la dette (DMP) coûte plus cher en dollars, mais laisse une trace moins importante dans votre dossier de crédit et n’entraîne aucune procédure judiciaire. Une proposition de consommateur coûte bien moins cher et lie juridiquement tous les créanciers une fois acceptée, mais il s’agit d’un cas d’insolvabilité qui figure sur votre dossier pendant trois ans après sa clôture. Aucune de ces deux solutions n’est automatiquement la bonne : le choix dépend de votre capacité à supporter financièrement un versement de 500 dollars par mois pendant quatre ans et demi.
Une précision importante concernant le chiffre indiqué ci-dessus : ce qu’un administrateur peut négocier dépend de vos revenus, de la taille de votre foyer et de votre patrimoine. Il s’agit d’une illustration, et non d’un devis.
Comment trouver et évaluer une agence à Ottawa
- Commencez par mettre vos chiffres sur papier. Dressez la liste de toutes vos dettes en précisant leur solde, leur taux d’intérêt et le montant du remboursement minimum. Récupérez gratuitement votre rapport de solvabilité auprès d’Equifax et de TransUnion afin d’éviter toute mauvaise surprise en cours de rendez-vous. En vous présentant bien préparé, vous améliorerez la qualité des conseils que vous recevrez.
- Vérifiez les références avant de réserver. Vérifiez si l’organisme est membre de Credit Counselling Canada, s’il est enregistré en tant qu’organisme à but non lucratif et, pour tout ce qui concerne le règlement de dettes, s’il est dûment enregistré en Ontario en vertu de la Loi sur les services de recouvrement et de règlement de dettes. Si une agence refuse de vous indiquer clairement si c’est le cas, vous avez votre réponse.
- Identifiez les signaux d’alerte. Méfiez-vous de toute entreprise qui vous garantit une réduction précise de votre dette, qui vous demande de l’argent avant d’avoir effectué le moindre travail, qui vous appelle sans que vous l’ayez sollicitée ou qui vous pousse à prendre une décision dès le premier appel. Les conseillers sérieux acceptent volontiers que vous preniez le temps de réfléchir.
- Prenez rendez-vous pour un premier entretien gratuit. La plupart des organismes d’Ottawa proposent des séances en présentiel, par téléphone et en ligne. Demandez d’emblée si la première séance est payante : la réponse devrait être « non ».
- Faites preuve d’une honnêteté totale lors de l’examen du budget. Sous-estimer vos dépenses alimentaires ou omettre de mentionner un prêt sur salaire conduit à un budget qui s’effondre dès le quatrième mois. Le conseiller n’est pas là pour juger de vos chiffres.
- Demandez-en une copie écrite et consultez le barème des frais. Vous souhaitez connaître le montant des mensualités, la durée du contrat, les frais de dossier, les frais de gestion mensuels, les créanciers concernés et les conséquences en cas de défaut de paiement. Si l’un de ces points n’est pas clair, n’hésitez pas à poser à nouveau la question.
- Ne prenez pas de décision dans cette pièce. Emportez les documents chez vous. Si cette solution vous convient vraiment, elle vous conviendra toujours dans trois jours. Profitez de ce délai pour demander un deuxième avis — notamment en sollicitant une consultation gratuite auprès d’un syndic de faillite agréé — afin de comparer les différentes options qui s’offrent à vous plutôt que d’accepter la première proposition qui vous est faite.
- Si vous vous inscrivez, configurez-le pour qu’il fonctionne automatiquement. Automatisez votre versement mensuel unique, rangez les cartes dont vous n’avez plus besoin et constituez-vous une petite réserve d’urgence. Ce sont les plans que vous menez à bien qui vous permettront de faire face à une dépense imprévue de 600 dollars au cours de la deuxième année.
Si vous souhaitez avoir une vue d’ensemble avant de commencer à passer des appels, notre guide général sur le conseil en matière de crédit au Canada présente la situation à l’échelle nationale et aborde les questions qui se posent partout dans le pays.
En résumé
Prêt à savoir si vous remplissez les conditions requises ?
Foire aux questions
Les services de conseil en matière de crédit sont-ils gratuits à Ottawa ?
La première consultation est généralement gratuite dans les agences réputées, et vous ne devriez jamais avoir à payer pour une évaluation initiale. Le plan de gestion de la dette qui peut s’ensuivre n’est pas gratuit. Les agences facturent généralement des frais de mise en place uniques, ainsi que des frais administratifs mensuels calculés en pourcentage de votre versement, dans les limites autorisées par la réglementation ontarienne. Le statut d’organisme à but non lucratif limite le montant que l’agence peut facturer et la destination des excédents, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a aucun coût. Demandez toujours le montant total des frais sur toute la durée du plan, en dollars, avant de signer quoi que ce soit.
Le recours à un service de conseil en crédit risque-t-il de nuire à ma cote de crédit ?
Oui, mais dans une moindre mesure qu’une faillite. Les comptes faisant l’objet d’un plan de gestion de la dette sont généralement signalés avec la mention « R7 », ce qui signifie que vous effectuez vos remboursements dans le cadre d’un accord spécial plutôt que selon les conditions initiales. Cette mention figure généralement sur votre dossier de crédit pendant environ deux ans après la fin du plan. Une proposition de consommateur reste inscrite pendant trois ans après son achèvement, et une première faillite pendant six ans. Si votre solvabilité est déjà compromise par des impayés, l’impact supplémentaire d’un plan de gestion de la dette est souvent moins important que ce que l’on craint.
Le conseil en matière de crédit peut-il empêcher une saisie sur salaire en Ontario ?
Non. Un plan de gestion de la dette est un accord volontaire ; il n’a donc aucune force juridique permettant de mettre fin à une saisie-arrêt qu’un créancier a déjà obtenue par voie judiciaire. Seuls le dépôt d’une proposition de consommateur ou une déclaration de faillite entraînent un sursis aux poursuites, ce qui met immédiatement fin aux saisies-arrêts et à la plupart des mesures de recouvrement. Si un créancier a obtenu un jugement à votre encontre ou si votre employeur a reçu une ordonnance de saisie-arrêt, adressez-vous à un syndic autorisé en insolvabilité plutôt qu’à un conseiller en crédit : le délai est crucial et un conseiller ne peut pas vous aider à résoudre ce problème spécifique.
Combien de temps dure un plan de gestion de dettes ?
La plupart des plans s’étendent sur 48 à 60 mois, et les créanciers acceptent rarement des durées supérieures à cinq ans. La durée exacte correspond au montant total de votre dette incluse dans le plan, divisé par le montant que votre budget peut supporter chaque mois. Il est préférable d’opter pour une durée plus courte lorsque vous en avez les moyens, car les frais administratifs de l’agence s’accumulent chaque mois. Vous pouvez également rembourser un plan par anticipation sans pénalité si votre situation s’améliore. Soyez honnête dès le départ quant au montant des versements : un plan fondé sur un budget trop optimiste échoue généralement au cours de la deuxième année, et il vaut mieux repartir sur des bases réalistes dès le départ plutôt que de devoir tout recommencer.
Quelle est la différence entre un conseiller en crédit et un syndic de faillite agréé ?
Un syndic agréé en matière d’insolvabilité est titulaire d’une licence fédérale délivrée par le Bureau du surintendant des faillites et est le seul professionnel au Canada habilité à déposer une proposition de consommateur ou une demande de mise en faillite en votre nom. Un conseiller en crédit ne détient pas ce type d’agrément fédéral et ne peut légalement imposer quoi que ce soit à vos créanciers. Les conseillers négocient des accords volontaires ; les syndics administrent des accords juridiquement contraignants. Les uns comme les autres proposent généralement un premier entretien gratuit, et rien ne vous empêche de consulter les deux. Étant donné que leurs recommandations peuvent diverger, il est généralement plus judicieux de les consulter tous les deux avant de vous engager dans un plan s’étalant sur plusieurs années.

