Résumé : Découvrez ce que signifie l'exonération à vie des plus-values pour les Canadiens en 2025, qui y a droit, comment fonctionne le plafond de 1,25 million de dollars, ainsi que des stratégies concrètes pour en tirer le meilleur parti.
Table des matières
- Qu’est-ce que l’exonération à vie des plus-values ?
- Fonctionnement du LCGE en 2025
- Qui peut prétendre au LCGE ?
- Qu’est-ce qui est considéré comme un bien éligible ?
- Tests et liste de contrôle QSBC
- Critères applicables aux propriétés agricoles et de pêche
- Stratégies de planification pour optimiser votre LCGE
- 1) Calendrier et planification de la succession
- 2) Actions « de purification » et trésorerie de la société holding
- 3) Multipliez l’abattement par le nombre de membres de la famille
- 4) Tenez compte de l’AMT et des autres impôts
- Exemples d’application du LCGE
- Comment le LCGE s’articule avec les règles relatives aux plus-values de 2025
- Étapes relatives au reporting et à la conformité
- Pièges courants à éviter
- Quels pourraient être les prochains changements ?
- En résumé
L’impôt sur les plus-values peut réduire considérablement le produit que vous conservez lors de la vente d’une entreprise, d’une exploitation agricole ou d’une propriété de pêche. C’est pourquoi il est si important de bien comprendre ce que l’exonération à vie des plus-values signifie pour vous en 2025. L’exonération à vie des plus-values (LCGE) permet aux résidents canadiens éligibles de mettre à l’abri de l’impôt une part importante des plus-values réalisées sur des actifs admissibles — le plus souvent des actions d’une petite entreprise admissible —, ce qui peut leur faire économiser des sommes à six chiffres, voire plus, au moment où cela compte le plus.
Nous vous expliquons ci-dessous le fonctionnement du LCGE en 2025, les personnes éligibles, les actifs pouvant en bénéficier, ainsi que les démarches concrètes à suivre pour tirer pleinement parti de cette exonération tout en respectant les règles de l’Agence du revenu du Canada (ARC).
Qu’est-ce que l’exonération à vie des plus-values ?
L’exonération fiscale à vie (LCGE) est un avantage fiscal dont peuvent bénéficier les particuliers qui cèdent certains actifs éligibles. Lorsque vous vendez un bien éligible et réalisez une plus-value, la LCGE vous permet de bénéficier d’une déduction sur les plus-values susceptible d’exonérer tout ou partie de cette plus-value de l’impôt fédéral et provincial, dans la limite de votre plafond à vie restant.
Comme l’a annoncé le gouvernement du Canada en 2024, le plafond du LCGE applicable aux actions d’une petite entreprise admissible (PEA) et aux biens agricoles ou de pêche admissibles (BAPA) a été porté à 1,25 million de dollars, avec effet à partir de la mi-2024. Pour l’année d’imposition 2025, cette limite majorée reste particulièrement pertinente pour les propriétaires qui envisagent de se retirer ou d’assurer leur succession. Pour obtenir des informations officielles actualisées, veuillez vous référer à l’Agence du revenu du Canada (ARC).
Pour mieux comprendre le contexte général des plus-values et des exonérations au Canada, veuillez consulter notre guide explicatif sur l’exonération des plus-values au Canada.
Fonctionnement du LCGE en 2025
Voici une vue d’ensemble de la situation pour 2025 :
- Plafond à vie : jusqu’à 1,25 million de dollars de plus-values réalisées sur des actions QSBC ou des biens agricoles ou de pêche éligibles peuvent être exonérés au titre du LCGE (sous réserve de votre utilisation cumulative et de votre éligibilité).
- Demande par des particuliers : Le LCGE est accessible aux contribuables particuliers qui sont résidents du Canada au moment de la vente (des règles particulières peuvent s’appliquer en cas de résidence partielle au cours de l’année).
- Utilisations multiples autorisées : le LCGE correspond à un plafond valable à vie, et non à une demande ponctuelle. Vous pouvez l’utiliser pour plusieurs ventes éligibles jusqu’à ce que votre plafond soit entièrement épuisé.
- Déclaration : Vous devez déclarer cette vente et demander votre déduction pour plus-value dans votre déclaration T1. Les formulaires et annexes de l’ARC s’appliquent ; conservez les évaluations et les pièces justificatives attestant de votre éligibilité.
Pour une analyse détaillée des modalités de la réforme de 2025 et de ses interactions avec d’autres modifications fiscales, consultez notre guide consacré à l’analyse des règles relatives à l’exonération des plus-values de 2025.
Qui peut prétendre au LCGE ?
Pour être éligible, vous devez remplir plusieurs conditions. En résumé :
- Résidence : Vous devez être un particulier résidant au Canada au moment où vous cédez le bien et où vous demandez la déduction.
- Biens éligibles : les plus-values doivent provenir de la cession d’actions QSBC ou de biens agricoles ou de pêche éligibles (voir détails ci-dessous).
- Propriété et durée de détention : les actions ou les biens doivent généralement satisfaire à des critères spécifiques pendant une durée minimale de détention avant leur cession.
- Pertes nettes d’investissement et autres limites : votre LCGE peut être réduit en raison de pertes nettes d’investissement cumulées ou d’autres facteurs, qui sont pris en compte lors du calcul de la déduction des plus-values.
L’ARC publie les règles et les formulaires permettant de demander le LCGE. Pour obtenir des conseils faisant autorité, commencez par consulter l’Agence du revenu du Canada.
Qu’est-ce qui est considéré comme un bien éligible ?
Deux grandes catégories sont éligibles au LCGE, chacune comportant ses propres exigences techniques et épreuves.
Tests et liste de contrôle QSBC
Les actions d’une « Qualified Small Business Corporation » peuvent être éligibles si diverses conditions sont remplies. En termes simplifiés, et sous réserve des définitions détaillées :
- Activité d’exploitation au Canada : au moment de la cession, la quasi-totalité (ce qui est généralement interprété comme signifiant 90 % ou plus) des actifs de la société est principalement affectée à une activité d’exploitation exercée principalement au Canada.
- Durée de détention : en règle générale, les actions doivent avoir été détenues par vous-même ou par une personne qui vous est liée pendant au moins 24 mois avant la cession.
- Critère d’utilisation des actifs historiques : au cours de ces 24 mois, plus de 50 % de la juste valeur marchande des actifs de la société doivent avoir été utilisés principalement dans le cadre d’une activité commerciale exercée pour l’essentiel au Canada.
Ces contrôles sont de nature technique. De nombreux propriétaires procèdent à des mesures de « mise en conformité » avant la vente afin de réduire les actifs passifs et de renforcer le statut d’entreprise en activité (nous y reviendrons plus loin).
Critères applicables aux propriétés agricoles et de pêche
Les biens agricoles ou de pêche éligibles (QFFP) peuvent également être pris en compte. Les critères habituels portent sur la durée de détention et l’utilisation du bien dans le cadre d’une activité agricole ou de pêche effective. Les transmissions familiales et la dynamique intergénérationnelle des entreprises nécessitent souvent une planification juridique et fiscale minutieuse afin de satisfaire à ces critères.
Pour une présentation détaillée des principes fondamentaux de la LCGE, veuillez consulter notre guide d’introduction à l’exonération à vie des plus-values.
Stratégies de planification pour optimiser votre LCGE
Une planification minutieuse peut améliorer vos chances d’être éligible et vous aider à utiliser efficacement votre « marge de manœuvre » à vie.
1) Calendrier et planification de la succession
- Préparez-vous à l’avance : compte tenu des critères relatifs à la détention d’actions et à l’utilisation des actifs sur une période de 24 mois, les solutions de dernière minute risquent de ne pas fonctionner. Commencez à vous préparer deux à trois ans avant une vente éventuelle.
- Tenir compte des règles générales relatives aux plus-values : examinez l’incidence du moment de la cession sur les taux d’imposition et le revenu des particuliers au cours de l’année de la cession.
2) Actions « de purification » et trésorerie de la société holding
- Réduire les actifs passifs : les excédents de trésorerie, les placements de portefeuille ou les biens immobiliers non liés à l’activité peuvent compromettre le statut de QSBC. Parmi les stratégies courantes, on peut citer le remboursement des dettes de l’entreprise, le versement de primes ou de dividendes raisonnables, ou encore le retrait des actifs non actifs — ces opérations devant être menées avec prudence et en suivant les conseils d’un fiscaliste.
- Assurez un suivi tout au long des 24 mois : n’oubliez pas le critère historique (plus de 50 % d’actifs) et le critère de la date de vente (la quasi-totalité des actifs). Il est essentiel de rester en conformité pendant toute cette période.
3) Multipliez l’abattement par le nombre de membres de la famille
- Détention d’actions au sein de la famille : si les conjoints ou les enfants majeurs détiennent légitimement des actions répondant aux critères requis, chacun peut faire valoir son propre abattement sur les plus-values (LCGE), ce qui peut permettre de mettre à l’abri davantage de plus-values. Une structuration adéquate et le respect des obligations fiscales sont essentiels.
- Fiducies : Le fait de détenir des actions dans une fiducie familiale peut faciliter la répartition des plus-values entre les bénéficiaires éligibles, sous réserve des conditions de la fiducie et des règles fiscales.
4) Tenez compte de l’AMT et des autres impôts
- Impôt minimum de remplacement (AMT) : les années où vos revenus sont élevés peuvent entraîner l’application de l’AMT. Si le LCGE permet de réduire l’impôt ordinaire, les règles relatives à l’AMT sont différentes. Simulez ces deux scénarios avec votre conseiller.
- Nuances provinciales : les impôts et les crédits d’impôt varient d’une province à l’autre. Tenez compte à la fois des aspects fédéraux et provinciaux avant de conclure une vente.
Pour en savoir plus sur les récentes modifications fédérales concernant les plus-values, veuillez consulter notre guide sur les changements apportés à l’imposition des plus-values au Canada. En matière de planification financière et de conseils aux consommateurs, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada propose des ressources sur la prise de décisions financières.
Exemples d’application du LCGE
- Cession d’une entreprise technologique par son fondateur : un fondateur cède des actions de QSBC, réalisant ainsi une plus-value de 1,4 million de dollars. Si les actions remplissent toutes les conditions requises et que le fondateur dispose de l’intégralité de son LCGE, une partie de cette plus-value, à hauteur de 1,25 million de dollars, peut être exonérée d’impôt. Les 150 000 dollars restants seraient imposés en tant que plus-value aux taux applicables.
- Transmission d’une exploitation agricole familiale à la génération suivante : un parent cède un bien agricole éligible à un enfant majeur. Si le bien remplit les conditions requises et que le parent dispose d’une marge disponible au titre de la LCGE, celui-ci peut exonérer jusqu’à 1,25 million de dollars de plus-values, réduisant ainsi le coût fiscal de la succession intergénérationnelle.
- Multiplication des avantages entre conjoints : les conjoints détiennent chacun des actions éligibles et les vendent simultanément. Si chacun dispose d’une marge de LCGE intégrale et que les actions sont éligibles, ils pourraient ensemble mettre à l’abri jusqu’à 2,5 millions de dollars de plus-values combinées.
Remarque : l’éligibilité dépend des circonstances propres à chaque cas. Conservez les registres, les évaluations et les documents juridiques établis à l’époque afin d’étayer votre demande. Statistique Canada publie des données sur les entreprises et les ménages canadiens qui peuvent vous aider à évaluer les conditions du marché et le moment opportun pour agir.
Comment le LCGE s’articule avec les règles relatives aux plus-values de 2025
Dans ses derniers budgets, le gouvernement fédéral a modifié les modalités d’imposition des plus-values pour les particuliers, les sociétés et les fiducies. Ces changements peuvent avoir une incidence sur votre planification, notamment si vos plus-values dépassent certains seuils ou si une partie de votre plus-value n’est pas éligible à l’abattement pour plus-values à long terme (LCGE). En 2025, pensez à :
- Plus-values non éligibles au LCGE : si une partie de votre cession n’est pas éligible au LCGE, les règles actuelles relatives au taux d’imposition des plus-values s’appliqueront à cette partie. Simulez vos résultats après impôt selon différents scénarios.
- Le LCGE, d’un montant de 1,25 million de dollars, reste essentiel : pour de nombreux propriétaires de petites entreprises et familles d’agriculteurs ou de pêcheurs, le LCGE peut encore apporter un soulagement considérable, même si la réglementation générale en matière de plus-values évolue.
- Gestion des revenus l’année de la vente : tenez compte de votre marge de manœuvre en matière de REER, de vos dons caritatifs et du calendrier des autres revenus et déductions afin de gérer votre tranche d’imposition globale l’année de la vente. Vérifiez toujours les règles et les limites auprès de l’ARC.
Pour un aperçu rapide de ces interactions et de ces seuils en 2025, consultez notre article consacré aux règles d’exonération des plus-values en 2025.
Étapes relatives au reporting et à la conformité
Lorsque vous vendez un bien immobilier éligible et que vous demandez à bénéficier de l’abattement fiscal sur les plus-values immobilières (LCGE), la documentation est primordiale. Préparez-vous à :
- Obtenir une évaluation justifiable : une évaluation réalisée par un professionnel permet d’étayer la juste valeur de marché au moment de la vente.
- Remplissez votre déclaration T1 avec précision : déclarez la cession dans l’annexe 3 et demandez la déduction pour gains en capital, le cas échéant (les formulaires et calculs de l’ARC requis s’appliquent).
- Conserver les documents de la société : les procès-verbaux, les registres des actions, les états financiers et les listes d’actifs doivent démontrer que l’entreprise a satisfait aux critères de la QSBC au cours de la période concernée.
- Conservez les justificatifs attestant de l’activité de votre entreprise : les contrats, les factures, les fiches de paie et autres documents opérationnels permettent de prouver que votre entreprise est en activité au Canada.
Vous trouverez les directives fiscales officielles et les formulaires sur le site de l’Agence du revenu du Canada.
Pièges courants à éviter
- Les actifs passifs font pencher la balance : un excédent de trésorerie ou d’investissements peut entraîner la perte du statut QSBC à la date de vente (et au cours des 24 mois précédents). Surveillez régulièrement la situation et procédez à un assainissement en amont.
- En supposant que les biens immobiliers destinés à la location remplissent les conditions requises : les biens immobiliers à usage locatif passifs ne sont généralement pas éligibles (à moins qu’ils ne fassent partie d’une entreprise active de plus grande envergure, employant du personnel et exerçant une activité réelle).
- Ne pas tenir compte des plafonds cumulés : suivez le montant de la LCGE dont vous avez déjà bénéficié au cours des années précédentes ; le dépassement de votre marge restante peut entraîner une imposition imprévue.
- Ne pas négliger l’AMT : même avec le LCGE, l’AMT peut s’appliquer lors des années où les revenus sont élevés. Effectuez des simulations.
- Documents insuffisants : l’administration fiscale (CRA) peut vous demander des justificatifs. Des pièces justificatives insuffisantes peuvent compromettre votre demande.
Quels pourraient être les prochains changements ?
La politique fiscale évolue. Le plafond de la LCGE et les règles qui s’y rapportent peuvent être modifiés par de futurs budgets, et les interprétations techniques peuvent évoluer au fil du temps. En vous tenant informé des publications de l’ARC et des principales annonces fédérales sur Canada.ca, vous pourrez planifier en toute confiance.
Pour en savoir plus sur la manière dont les tendances macroéconomiques influencent les finances des ménages et leurs décisions en matière de calendrier, veuillez consulter notre analyse des tendances du marché canadien à mi-année pour 2025.
En résumé
Le LCGE reste l’un des outils de planification fiscale les plus efficaces au Canada pour les propriétaires de petites entreprises et les familles d’agriculteurs ou de pêcheurs. En 2025, bien comprendre la limite à vie de 1,25 million de dollars, satisfaire aux critères du QSBC ou du QFFP et planifier bien à l’avance peuvent réduire considérablement l’impôt dû lors d’une cession. Adaptez votre stratégie aux règles actuelles en matière de plus-values, évaluez les possibilités de multiplication des avantages pour votre conjoint ou votre famille, et conservez des documents rigoureux à l’appui de votre demande. Une préparation minutieuse peut transformer un événement unique dans une vie en une sécurité financière à long terme.

